LA QUESTION DES SOUS-MARINS
A Londres, les Etats-Unis et l'Italie allaient modifier l’attitude prise par eux en 1921, au sujet des sous-marins.
A Washington, M. Hughes, au nom de l’Amérique, avait soutenu que l’arme sous-marine était une nécessité vitale pour la sécurité nationale. A Londres, se ralliant au point de vue soutenu par les Anglais, des Américains demandaient la suppression des submersibles. On peut facilement s'expliquer ce changement d’attitude par l’ascension maritime des Etats-Unis qui aujourd’hui s’affirment les égaux de la plus considérable des puissances navales.
Le revirement de l'Italie peut être attribué à deux mobiles : en premier lieu avoir ainsi à la Conférence un moyen à sa disposition pour marchander la parité avec notre pays et d’autre part s’assurer par là une situation prépondérante à l’égard de la Yougoslavie.
Mais le Gouvernement Français resta ferme et se refusa à accorder aucune concession au principe de la parité tel qu’il l’a toujours entendu. La manœuvre italienne demeura donc vaine.
Le ministre de la marine française, M. Leygues, déclara que la situation métropolitaine et coloniale de la France lui rendait nécessaire l'emploi du sous-marin et qu’en outre il estimait :
1° que le sous-marin est un bâtiment de guerre comme les autres, parfois plus efficace, parfois plus exposé.
2° que le sous-marin est une arme défensive indispensable à toutes lies puissances navales, et l’arme défensive des marines de second rang,
at Qi
J° que l'usage du sous-marin peut et doit être réglementé comme celui de tout autre bâtiment de guerre.
En conséquence il concluait :
1° que son pays ne pouvait admettre la suppression du sous-marin ;
2° que son pays était prêt à accepter une règlementation internationale et qu’à cet effet il soumettait à la Conférence la proposition suivante :
« 11 est décidé de nommer une commission chargée de préparer une convention ouverte à la signature de toutes les puissances navales et interdisant aux sous-marins d'agir à l'égard des navires de commerce sans se conformer striclement aux règles auxquelles sont ou pourront être soumis ultérieurement les bâtiments de guerre de surface. »
Le Japon se rangea à la thèse française, déclarant que le sous-marin était une arme d’une nécessité vitale pour sa sécurité nationale.
Ainsi donc, c’est par suite de l’énergique résistance de la France et du Japon que l’arme sous-marine ne fut pas sacrifiée.
En ce qui concerne la proposition de division des sousmarins en deux classes, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Italie s’y opposèrent : quant à dla limitation maxima de l’armement des submersibles toutes les délégations, sauf la nôtre qui réclama un calibre de 155 m/m (6 pouces), acceptèrent le calibre de 130 m/m (5 pouces).
Es De