CHAPITRE PREMIER
La Conférence de Washington
(12 novembre 1921 —— 6 février 1922)
Recherchons tout d’abord les raisons qui ont motivé cette conférence avec laquelle commence réellement le règlement de la question de la « limitation des armements navals » entre alliés.
Un ardent désir d'économie et de dégrèvement fiscal diminue, aux Etats-Unis, l'enthousiasme populaire pour la suprématie navale, d’autre part les Américains désiraient fortement aboutir à une entente, au sujet des problèmes du Pacifique et de l’Extrême-Orient, enfin dénouer j’alliance anglo-japonaise résultant d’un traité signé le 13 juillet 1911, qui, en cas de conflit pouvait constituer une sérieuse
menace (1).
(1) Voir Archimbaud. L. : La Conférence de VW 1shington (Paris, 1923, Payot). « Le Gouvernement Américain considérait la disparition de cette alliance non seulement comme la question la plus importante qui se posait devant la Conférence, mais comme le moyen de mettre à l’épreuve des assurances d’amitié de la part de la Grande-Bretagne pour les Etats-Unis (p. 49 et suiv.) ».
Une réduction des forces navales américaines eût été inconcevable si cette alliance survivait,
nes
L'Angleterre vit dans cette conférence le moyen de connaître les intentions exactes des Etats-Unis relativement à la suprématie navale et peut-être ainsi, d'arriver à concilier leurs deux politiques qui, un jour ou l'autre étaient appelées à se heurter.
Quant au Japon, il ne pouvait, sans risquer un isolement préjudiciable à ses intérêts, refuser de se rendre à Washington.
Enfin le ministre des Affaires Etrangères français, M. Briand, se rendit à l'invitation du président Harding avec le sentiment qu'il lui serait possible de jouer un rôle d’arbitre entre les deux puissances anglo-saxonnes (2).
En ce qui concerne les armements purement navals la Conférence se proposait de rechercher et d’établir les principes qui serviraient de base à la limitation, de fixer l’étendue même de cette limitation, enfin d’en préciser, autant que possible, les modalités d’application.