L'ACCUEIL FAIT AU TRAITE PAR LES DIFFERENTES PUISSANCES
Le traité de Londres ne fait qu’achever en partie l’œuvre commencée à Washington. Les résultats obtenus nous prouvent qu'il est plus aisé de réaliser des accords techni-
ANR ee
ques quand les difficultés politiques ont été réglées auparavant.
Quoique la Grande-Bretagne ait, à Londres, admis définitivement la parité avec les Etats-Unis et renoncé par là à la suprématie navale qui jusqu'ici assurait sa puissance dans le monde, en Angleterre, malgré tout l’opinion publique accueillit favorablement les réductions imposées à la flotte britannique par suite des importantes économies que l’accord naval allait permettre de réaliser (9). D'autre part le traité mettait fin à la course anglo-américaine aux armements navals dont l’issue eut pu pour elle être néfaste, et lui jaissait la faculté d’appliquer toujours en Europe son principe du « two power standard ».
Le parti conservateur repracha au gouvernement travailliste, tout d’abord d’avoir limité les armements navals anglais tandis que la France et l’Italie conservaient une entière liberté, puis d’avoir diminué le nombre des croiseurs britanniques, cependant il félicita M. Mac Donald d’avoir évité à la Grande-Bretagne l’obligation de se lancer de nouveau dans une course aux armements, Les libéraux, au contraire, approuvèrent entièrement l'initiative du gouvernement travailliste.
Ainsi donc, en Angleterre, les résultats obtenus par la Conférence navale de Londres furent considérés en général comme un succès, malgré les lourds sacrifices qu’elle était amenée à consentir et qui marquaient pour elle l’abandon définitif de son hégémonie sur mer.
Assurément aux Etats-Unis le traité de Londres reçut un meilleur accueil, et cela se comprend aisément, étant donné qu'ils obtiennent sans trop de frais la parité avec la
(9) Voir Le Temps du 18 avril 1930 : extraits du Livre Blanc.
flotte britannique et que, d’autre part, l’entente avec le Japon ayant pu être réalisée, ils sont désormais à l’abri de toute menace qui eut pu résulter du développement des armements navals japonais. Enfin, ce n’est pas sans plaisir qu'ils constatent les économies qui découleront pour eux de l’accord conclu.
Le traité de Londres fut également bien accueilli au Japon, car il accordait à ce dernier pays 70 % du tonnag américain en croiseurs et la parité pour les sous-marins, proportions qui, on le voit, sont supérieures à celles qu’il avait obtenues à Washington pour les bâtiments de ligne et les porte-avions. De plus de grosses économies vont pouvoir être réalisées sur le budget naval, et cela ne le laisse point indifférent.
Les Etats-Unis, l’Angleterre et le Japon ratifièrent le traité naval.
La presse italienne essaya, bien entendu, de rejeter sur notre pays, la responsabilité de l’échec final, en attribuant celui-ci à notre refus systématique de faire droit à leur juste revendication de parité, mais, en réalité, il est facile de s’apercevoir qu’elle éprouva surtout un véritable soulagement en constatant que la Conférence de Londres ne s’était point terminée par un aacord à quatre, dont l'Italie s'était exclue elle-même par sa prétention à l'égalité, ce qui l’eut isolée au milieu des grandes puissances navales.
Il faut reconnaître à la France qu’elle a fait tous les efforts possibles en vue de favoriser la solution soit politique, soit technique du problème, et lui savoir gré de n'avoir pas consenti à signer, à défaut d’un accord général, un accord à quatre, qui eut consacré l’isolement de l'Italie.
Notre marine, dans l’ensemble, sort peu diminuée de la Conférence de Londres et y a pris une juste revanche des
sacrifices consentis à Washington, car personne, en 1930, n’a songé à nous proposer de nous attribuer pour les bâtiments auxiliaires de surface et les sous-marins le coefficient que notre Gouvernement, en 1922, avait eu la faiblesse d'accepter. De plus, nous y avons réussi à sauvegarder le sous-marin, à faire disparaître les « résolutions Root », enfin à faire prévaloir notre conception au sujei de l'arme sous-marine. En effet, l’article 22 du Traité de Londres, qui remplace les « résolutions Root » réintègre le submersible dans le droit commun (10).
Toutefois, nous ne saurions affirmer que notre pays n’a rien cédé à Londres puisque nous avons dû y admettre certaines mesures de limitation qui nous sont assurément préjudiciables, telles que la réduction du tounage maximum des sous-marins, alors que les lignes de communication avec nos colonies ne peuvent être bien protégées que par des sous-marins de fort tonnage à grand rayon d’action. Mais c’est surtout la solution adoptée quant à l'armement du submersible qui nous semble la plus désavantageuse (11), car elle consacre J’infériorité de l'artillerie sous-marine par rapport à celle de la plupart des bâtiments de surface, et ce qui est encore plus grave par rapport à celle des navires de commerce que l’Angletrre peut transformer en croiseurs auxiliaires et armer de piàces de 155 m/m (6 pouces), et qu’elle possède en nombre considérable.
Ainsi, l’arme sous-marine que nous avons toujours
(10) La France avait refusé d’adhérer aux Résolutions Root rédigées d’une manière équivoque et contestables (voir page 19). Au contraire, elle a donné son adhésion à l’art. 22 du Traité de Londres dont la rédaction était claire et précise.
(11) Voir Revue des Vivants ; décembre 1930, p. 678,
défendue est désormais limitée dans son développement, diminuée dans sa puissance et assujettie à des règles qui lui compliquent sa tâche.
En résumé, le traité de Londres n’est ni un succès, ni un échec; il y a seulement progrès moral et technique.
" les ALT 4 :
i SA PT d . u ï PRE are Se : L 4 P û nn -< L L : = au Pa } Sa D : ; À À ne : f PORT mi h n4t) »
+ | Û l 1 ati, . ; N LA 4 A FR M4 ; FU ca. CURE : - ;. VA .
: L fl EN = Î “à : PEAR 1 L À dan # y LT k (] 2 LL
. hi PAS Cr
‘0 PAU TR NME CRT" COTE ERLR HA - | PMR TOR 2"
(Us .