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LES CONVERSATIONS ENTRE LA FRANCE, L'ITALIE ET LA GRANDE-BRETAGNE

Aussitôt après la Conférence de Londres on vit se produire une course aux armements navals franco-italienne. Notre programme de nouveau tonnage, qui était de 40.000 tonnes par an jusqu’en 1936, fut exécuté à 525 tonnes près (39.475 tonnes). Celui de l’Italie s’éleva à un chiffre encore plus considérable : 59.750 tonnes; c’était plus que la parité. En outre le cabinet de Rome annonçait de nouvelles constructions : 43.585 tonnes pour 1930-31 et nous avertissait qu’il nous fallait prendre au sérieux les projets navals énoncés.

L'Italie, d'autre part, semblait désireuse d’arriver à un rapprochement avec l’Allemagne qui envoyait deux de ses croiseurs assister au lancement des nouveaux navires italiens.

L'Angleterre s’émut alors, car le développement des flottes françaises et italiennes allait l'obliger à accroître elle aussi ses constructions navales si elle voulail maintenir en Europe son principe du « two power standard » et, par conséquent, à invoquer la clause de sauvegarde qu’elle avait fait insérer dans l’accord anglo-américano-japonais de Londres. Prise entre les deux alternatives suivantes, soit de remettre en question la convention tripartite signée, avec les Etats-Unis et le Japon en avril 1930, soit de voir sa sécurité nationale et ses intérêts en Méditerranée fortement menacés, si elle n’agissait pas, l'Angleterre songea alors à offrir ses bons offices pour tâcher de concilier les thèses française et italienne et réaliser si possible un accord entre les deux pays. C’est pourquoi, le 13 mai, des conversations furent engagées à Genève entre M. Grandi, M. Briand et M. Henderson.

Au cours de ces pourparlers il apparut absolument nécessaire pour assurer le succès des négociations d'aboutir avant tout à une entente politique. Mais pendant ce temps, M. Mussolini, dans une série de discours prononcés à Livourne, Florence et Milan, tout en affirmant qu'il souhaitait ardemment la paix, exaltait la beauté des armements et déclarait que son pays devait être en mesure de se défendre. De notre côté, en hâte nous mettions nos forts du Sud-Est en état de défense, nous organisions en Méditerranée de grandes manœuvres navales en présence du Chef de l'Etat et de plusieurs ministres. La situation devenait de plus en plus tendue entre les deux sœurs latines. Une fois encore une vague de guerre passait sur l'Europe et cela, alors que la Commission Préparatoire du Désarmement devait se réunir une dernière fois pour la mise au point définitive du projet de convention.

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Quelqués semaines s’écoulèrent avant que l'atmosphère redevint favorable à la reprise des entretiens. La diplomatie britannique allait travailler activement aussi bien à Rome qu’à Paris, en vue d'obtenir un accord,

Au mois de juin, dans un discours qu'il prononça au Sénat, le Ministre des Affaires Etrangères italien, M. Grandi, suggéra un arrêt des constructions navales françaises et italiennes pendant que des négociations se poursuivraient en vue d’arriver à une entente basée sur la parité. Le gouvernement français dédaigna cette suggestion, aussi, peu de temps après, devant la même assemblée, entendit-on le même ministre des Affaires Etrangères dénoncer l'attitude de notre Gouvernement qui faisait montre de mauvais vouloir en refusant d'envisager l’offre qui nous était faite de « vacances navales ». Ce dernier discours nous fut communiqué avec une note renouvelant la suggestion italienne de suspendre désormais l’exécution des programmes navals pendant une certaine période de temps, dans les deux pays. M. Briand répondit que son gouvernement consentait lui aussi à ne point mettre en chantier de nouveaux bâtiments de guerre jusqu’au mois de décembre. x rh

Le Cabinet de Rome fit bon accueil à la réponse française et, le 14 juillet 1930, un premier accord fut réalisé en vertu duquel de part et d’autre on prenait l'engagement de suspendre l'exécution des programmes de constructions navales jusqu’en 1931. On estimait que l’espace de temps restant à courir jusqu’à la fin de l’année était suffisant pour régler le différent franco-italien.

C’est dans de telles conjectures que M. Gibson, l’un des membres les plus influents de la Commission Préparatoire du désarmement ambassadeur des Etats-Unis en

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Belgique, se rendit à la fin octobre dans les deux capitales de la France et de l'Italie pour constater l’état actuel des pourparlers et entreprendre si possible un règlement du différend susceptible de faciliter la tâche de la Commission Préparatoire dont on prévoyait que la dernière session S’ouvrirait le 6 novembre.

C'est précisément au milieu de ce dernier mois que se produisit un événement qui causa une forte émotion dans le monde : je veux faire allusion au voyage des « Casques d’Acier » en Italie.

Le différend franco-italien ne devait pas être évoqué devant la Commission Préparatoire, qui s’abstint de tout débat politique et clôtura ses fravaux le 9 décembre.

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