PAST
était-il dit, dans les statuts des tréfiliers d’archal (1). Les baudroiers quittaient à heures fixes leurs outils « pour eus reposer, quar les jours sont loncs et le mestier trop pénible » (2). M. Levasseur cite un fait d’où il appert de façon évidente que l’on avait encore, au xive siècle, le désir de ménager les forces de l’ouvrier. Les foulons s'étant plaints au roi que « les mestres les tenoient trop tard de leurs vesprées, laquelle chose leur estoit périlleuse et grief pour leur corps », le prévôt des marchands rendit en 1377 un arrêt déclarant qu’à l’avenir tout travail à la lumière serait interdit dans cette corporation et que les foulons feraient dorénavant « leur journée jusqu'aux vespres » selon un usage consacré du temps de la reine Blanche par une lettre du prévôt du roi (3).
La sécurité des ouvriers fut aussi quelquefois prise en considération dans la réglementation industrielle. Des compagnons ayant exprimé la crainte d'être assassinés en traversant à des heures tardives, pour rentrer chez eux, des quartiers mal fréquentés, on fit droit à leur demande en interdisant à leurs maïtres de laisser l'atelier ouvert après le coucher du soleil (4).
2° Intérêt de l’industrie. — Le plus souvent le travail à la lumière était prohibé, non dans un but d'hygiène et de philanthropie, mais pour éviter les malfaçons et les risques d'incendie.
Les chandelles graisseuses ou les torches résineuses
(x) L. des Mét., tit. XXIV, p. 63.
(2) L. des. Mét., p. 56.
(3) Levasseur. Hist. des classes ouvrières en France, avant 1789, LED: 320.
(4) Fagniez, op. cit., p. 82.