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sissait la Chambre des pairs, le 10 février 1847, d'un projet modificatif fixant à dix ans l’âge d'admission dans les manufactures et imposant à tous les enfants le maximum de douze heures de travail. Sur l’avis du rapporteur Dupin, la commission modifiale projetet y introduisit une innovation importante en comprenant au nombre des personnes protégées les filles et les femmes de tout âge. Elle reportait l’âge d'admission à huitans, rétablissait les deux catégories d'enfants et, assimilant les femmes aux jeunes ouvriers de douze à seize ans, neleur permettait de rester à l'atelier que douze heures sans jamais pouvoirtravailler la nuit. La commission étendait l’application de la loi à toute fabrique occupant plus de dix personnes de tout âgeet des deux sexes, ou cinq personnes : enfants, adolescents ou femmes. L'inspection était réorganisée par la création d'inspecteurs généraux et d'inspecteurs divisionnaires.
Le gouvernement se rallia au texte proposé par la commission et la Chambre des pairs le vota le 21 février 4848. Mais pendant la discussion l’émeute grandissait, les événements politiques empêchèrent le projet d’aboutir et de recevoir la consécration légale. Il ne vint jamais devantla Chambre des Députés, emporté avec le gouvernement de Louis-Philippe dans la tourmente révolutionnaire d’où devait sortir quelques jours plus tard le décret du 2 mars, prélude de la loi générale du 9 septembre 1848 encore en vigueur aujourd'hui, bien que modifiée en 1900.
La loi du 2 mars 1841 ne protégeait que les enfants et ne fut guère appliquée ; elle n'en a pas moins une importance très grande dans l’histoire de la réglementation de la durée du travail. Elle a ouvert la voie aux
textes législatifs régissant actuellement la journée ouvrière. Elle fut le ruisseau obscur qui donna naissance au grand fleuve difficile à endiguer de la « protection légale des travailleurs ».