‹ La Limitation des Heures de TravailChapitre 23 sur 73 · NAS · texte numérisé non relu

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çaient de plus près le siège du gouvernement » ; la réglementation « trahissait la violence subie par ses auteurs ».

Le décret du 2 mars 1848 fut « reconnu et adopté avec une joie extrême, déclarait plus tard Alcan à l’Assemblée constituante (1), il fut accueilli avec délire dans les centres manufacturiers ». Les organes du parti ouvrier exaltèrent la nouvelle disposition réglementaire dont apparition souleva une émotion générale. « C'était une véritable délivrance parce qu’on avait horriblement abusé du laissez faire, du laissez aller » (2).

Dans ce concert de louanges ne tardèrent pas à se faire entendre des notes discordantes. On fit valoir que de l'inégalité établie entre Paris et la province résultait pour celle-ci un avantage de 10 0/0 quant à la production. Les partisans de la liberté combattirent violemment le décret, lui reprochant d’être une entrave à l’industrie et l’accusant d’avoir suscité le malaise dont elle souffrait. La Chambre de commerce de Rouen, se faisant l’écho de la plupart des industriels, adressa au gouvernement un mémoire où elle regrettait que le décret fût méconnu dans certains endroits, alors qu’il était scrupuleusement observé dans d’autres ; il en résultait, disait-elle « une concurrence déloyale et désastreuse ». Blanqui tenait le même langage : « Il aurait fallu que la réduction fut générale et sérieusement obligatoire pour être efficace, mais elle éclata sur l’industrie comme une menace plutôt que comme un soulagement » (3). Des ateliers furent fermés ; des grèves désolèrent les cités ouvrières; la crise du travail éclata terrible déchaînée par l’inexpérience du

(x) Discours Alcan. Séance du 4 septembre 1848. (2) Discours Alcan, id.

(3) Blanqui, op. cit., p. 226.

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