‹ La LinguistiqueChapitre 23 sur 94 · LANGUES DE L'AFRIQUE MÊRÏPIOWLE · texte numérisé non relu

LANGUES DE L'AFRIQUE MÊRÏPIOWLE

Après avoir énnméré les principaux groupes de langues agglutinantes nous dirons quelques mots du « touranisme », des prétendues « langues touraniennes » et des conceptions imaginaires auxquelles cette théorie a donné naissance.

L'ordre dans lequel nous allons parler des langues agglutinantes est un peu arbitraire, au moins en ce qui concerne quelques-unes d'entre elles.

Nous commencerons par les langues agglomérantes de l'Afrique : langues des Hottentots, des Bochimans, des Nègres africains, des Cafres, des Pouls, des Nubiens. Poussant vers l'est, nous arriverons aux Négritos, aux Papous, aux Australiens. Remontant au nord-ouest, nous rencontrerons le système maléo-polynésien ; plus au nord, à l'extrême orient, le japonais et le coréen. Revenant vers l'ouest nous trouverons les langues dravidiennes dans le sud de l'Inde, le groupe ouralo-altaïquo en Asie et en Europe, le basque au pied des Pyrénées occidentales, et, en traversant l'Atlantique, les langues américaines. Nous terminerons par les idiomes du Caucase et certaines autres langues peu connues ou dont la place n'est point déterminée.

La première partie de cette énumération est purement, géographique ; mais nous avons suivi une certaine raison grammaticale en rangeant à la suite les uns des autres les idiomes dravidiens, ouraîo-altaïques, basque et américains. Il nous serait difficile d'expliquer dès maintenant la cause qui nous a fait suivre cet ordre ; nous la ferons connaître en temps et lieu, notamment lorsque nous en arriverons à traiter des langues américaines.

§ 2. Langues de l'Afrique méridionale.

Nous faisons abstraction ici des idiomes appartenant au système « bantou », dont nous parlerons un peu plus

loin sous le nom de « langues des Cafres ». Par ce terme de langues de l'Afrique méridionale nous entendons les idiomes des Hottentots et ceux des Bochimans.

Langue des Hottentots.

La question de l'origine des Hottentots est tout à fait obscure. L'origine de leur langue n'est pas mieux connue. On a cherché à la rattacher aux langues khamitiques, à l'ancien égyptien, au copte ; cette tentative n'a pas eu de succès. Telle quelle, la langue des Hottentots nous semble isolée, indépendante de tout autre idiome.

Elle est d'ailleurs franchement agglutinante.

Les dialectes hottentots sont au nombre de trois : le nama, le kora, le hottentot du Cap.

Le premier de ces dialectes, le nama, est le plus important, des trois ; il serait parlé par vingt mille individus environ. Confinant vers le nord au domaine du héréro (langue du système bantou dont nous parlerons tout à l'heure), borné au sud par le fleuve Orange, le territoire du nama a pour limite occidentale l'Atlantique et pour limite orientale le désert de Kalahari (1).

Le kora est parlé beaucoup plus à l'est, dans l'intérieur des terres, dans la région des rivières Vaal, Modder et Caledon, aux environs du 29' degré de latitude. Ce dialecte, assez rapproché du précédent, est en voie d'extinction rapide.

Le hottentot du Cap est à peu près éteint. Il s'étendait sur le territoire de la colonie, confinant vers le nord-est à des idiomes du système bantou, vers le nord au kora, vers le nord-ouest au nama. Il n'y a plus aujourd'hui

(1) Tir. Hahn, Die Sprache der Nama. Leipzig, 1870. — Tv\n\LT., A Grammar and Vocabulan/ of ihc Namaqua-Hottentol Lanauaae. — Bleek. A Comparative Grammar o{ the South Africa Lannuages.

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