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LANGUES DE L'AFRIQUE MÉRIDIONALE

qu'un bien petit nombre de Griqouas qui se servent entre eux du hottentot ; le hollandais, le cafir Tout presque entièrement étouffé.

Les différences d'ailleurs ne sont point considérables entre ces trois dialectes, et les Griqouas peuvent comprendre aisément le nama des bords de l'Atlantique.

Nous nous servons des mots de nama et de kora avec intention à l'exclusion de ceux de namaqoua et de korana. Ces deux derniers en effet ne sont que des mots dérivés.

Le Hottentot, dans sa propre langue, s'appelle Khoïkhoïb, au pluriel Khoïkhoïn ; ce nom a le sens de « homme des hommes » ou « ami des amis » (Hahn, op. cit., p. 8).

La phonétique du nama est fort variée ; la série de ses voyelles est très-nuancée et il peut les nasaliser toutes. Il possède également un assez grand nombre de diphthongues, une douzaine, dit-on.

Il n'est pas moins riche en consonnes. Outre les explosives ordinaires (p, t, k et b, cl, g), il possède plusieurs gutturales {kh et autres) ; les sifflantes s et z (de « sœur » et de « zèle ») ; une nasale particulière qui équivaut à peu près à la nasale de l'allemand « enge » ; v, r, h, et une palatale (qui ne se rencontre pas, d'ailleurs, dans le dialecte nama).

A ces consonnes diverses nous devons en ajouter quatre autres d'un ordre tout particulier, les « clics » ou claquements, les consonnes claquantes. Le claquement dental, figuré par un trait vertical : i (ou, selon quelques auteurs, par un c) ; le claquement palatal, figuré par deux traits horizontaux coupant un trait vertical (ou par la lettre v d'après quelques auteurs ; le claquement cérébral, rendu par un point d'exclamation : ! (ou par la lettre q) ; le claquement latéral figuré par deux traits verticaux : n (ou par un x). Ces consonnes particulières

sont bizarres pour une oreille européenne, mais on arrive pourtant à les imiter. On trouvera leur description dans les grammaires spéciales, du moins celles des trois premiers. Le quatrième est fort étrange et reçoit son nom de ce que les dents latérales jouent un rôle important dans son articulation.

Les claquements peuvent précéder les consonnes gutturales, n, h, et toutes les voyelles ; on les rencontre d'ailleurs à chaque instant, presque à chaque mot.

Arrivons à la formation des mots qui est des plus simples : la racine suivie d'un suffixe, c'est-à-dire d'un élément dérivatif.

Tout d'abord notons que ces éléments dérivatifs, que ces suffixes ont chacun une triple forme ; l'une est réservée pour le cas où le mot est sujet, l'autre pour le cas où le mot est régime (direct ou indirect, peu importe). La première forme reçoit le nom de subjective, la seconde celui d'objective. La troisième forme est celle du vocatif, c'est la forme dite interjective. ,

Notons ensuite que les suffixes ont une forme pour le singulier, une forme pour le duel, une forme pour le pluriel ; cela fait donc neuf formes pour un seul et même élément, puisqu'il peut être subjectif singulier, objectif duel, interjectif pluriel et ainsi de suite.

D'autre part, nous nous trouvons en présence d'une triple hypothèse : l'élément dérivatif de la racine peut être un élément de la première personne (moi, nous deux, nous), ou un élément de la seconde personne (toi, vous deux, vous), ou bien encore un élément commun, un élément de troisième personne. Ce fait détermine quel est le suffixe du mot.

Dans les deux premières hypothèses, on forme des mots ayant, par exemple, le sens de « moi roi, moi qui suis roi », « toi qui est reine » et ainsi de suite. Répétonsle, d'ailleurs, l'élément change neuf fois' pour un seul et

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