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LES LANGUES NUBIENNES

qui, en définitive, es! faible, l'affirmation d'une prétendue parenté fort problématique. Faidherbe est très réservé sur cette prétendue alliance du poul, du wolof, du sérère; ce n'est pas sans de justes motifs. En théorie, elle n'est rien moins que prouvée. Nous savons que les Pouls n'ont atteint le Sénégal qu'après avoir traversé le centre de l'Afrique ; selon toute vraisemblance, c'est dans l'Afrique orientale qu'il faut chercher leurs anciens parents, c'est là que l'on peut trouver, s'il en existe encore, des idiomes alliés à leur propre langue.

§ 6. Les langues nubiennes.

Les ethnologistes rattachent les uns aux autres les Nubiens et les Pouls et en font une seule et même race, dont les premiers formeraient la division orientale, les seconds la division occidentale. En tout état de cause, les langues de ces deux populations paraissent différentes.

Le nubien proprement dit, l'idiome des Barabras, est parlé sur le cours du Nil, du 21e au 24e degré de latitude, par environ quarante mille individus.

Le dongolavi, parlé un peu plus au sud, en diffère assez peu.

Dans le sud du Kordofan (au nord du chilouk, langue d'un peuple nègre) est parlé le toumalé.

Le koldadji est un peu plus à l'ouest.

On rattache également au groupe nubien, mais cependant avec une certaine réserve, le kondjara, parlé dans une partie du Darfour et du Kordofan.

D'autres idiomes, enfin, pourraient être, eux aussi, apparentés à ce même groupe, mais les renseignements que l'on possède à leur sujet sont encore trop incomplets pour que l'on se prononce d'une façon définitive;

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§ 7. Langues des Négritos.

On ne sait que bien peu de chose des idiomes parlés par les différents groupes de Négritos. Nous n'avons guère, pour l'instant, qu'à signaler l'existence de ces idiomes.

Le domaine de ces petits nègres, à tête plus ou moins arrondie, n'a aucune continuité. On en rencontre dans la presqu'île de Malacca (Sémangs), aux îles Andaman et Nicobar, aux Philippines (Hilloonas), dans les îles situées entre Mindanao et Luçon (Aétas). On en trouve encore en Papouasie, en Mélanésie (Hpvelacque et G. Hervé, Précis d'anthropologie, p. 377). D'après quelques auteurs] ils auraient également iormé le fond le plus ancien de la population de l'Inde et de celle de l'Indo-Chine. Quoi qu'il en soit, ce que l'on sait de leurs idiomes est fort peu de chose.

§ 8. Langues des Papous.

Le domaine ethnique des Papous est continu. Leur région principale est la Nouvelle-Guinée. C'est de là qu'ils se sont étendus sur Waïgiou, Misol, Céram, Bourou, une partie de Timor, Flores, Bathurst, etc. Vers l'est, ils occupent les îles Salomon, les Nouvelles-Hébrides, les Loyalty, la Nouvelle-Calédonie, les îles Viti. Mais dans toutes ces îles ne règne pas le même système de langues. Une partie des Papous, des Mélanésiens, parlent un idiome de la famille linguistique maléo-polynésienne. Gabelenz avait rattaché à cette famille le néo-calédonien, l'idiome des Loyalty ; on a reconnu qu'ils appartenaient

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au groupe papou. (Voir au paragraphe des langues maléo-polynésiennes.)

On rencontre ici la dérivation par suffixe et celle par préfixe. Ainsi de snûn « l'homme », de bien « la femme », on forme snânsi « les hommes », biensi « les femmes ». Les particules répondant à ce qu'on appelle les cas dans les langues à «flexion, se placent ici devant le mot : rosnûn « de l'homme », besvftn « à l'homme », rosnûnsi « des hommes », besnûnsi « aux hommes ».

? 0. Langues australiennes.

Les différentes langues de l'Australie (et elles sont nombreuses) paraissent toutes apparentées les unes aux autres, mais elles ne se rattachent à aucune autre famille linguistique.

Leur système phonétique est des plus simples ; il ne s'y rencontrerait ni sifflantes ni aspiration. Dans presque toutes ces langues, la notion même du nombre est peu développée ; quant à celle du genre, elle est totalement inconnue. Par contre, on trouve une certaine richesse dans le matériel des suffixes chargés de déterminer les relations du nom, ce qu'on appelle improprement les cas dans les langues agglutinantes.

On divise les langues australiennes en trois groupes. Celui de l'est, rapproché du grand Océan, est parlé dans une partie du Queensland et dans la Nouvelle-Galles du Sud. Il comprend le kamilaroi, ou kamilroi, près de la rivière Barwan ; le koinberri ; le wiratouroi ; le wailwoun, dans la région de la rivière Barwan, vers le fort Bourke ; le kokai, plus au nord, sur les rivières Maranoa et Kogoun ; le wolaroi ; le pikoumboul ; le paiamba ; le kinki ; le dippil, au nord de la baie de Moreton ; le

tourrouboul, près de la rivière de Brisbane. Le groupe central comprend les dialectes parlés au nord d'Adélaïde. Le groupe de l'ouest, enfin, comprend les dialectes parlés dans l'Australie occidentale du sud, à l'est et au sud de Perth.

Toutes ces idiomes appartiennent, comme on le voit, à l'Australie méridionale. On ne sait jusqu'ici que fort peu de chose (et parfois même l'on ne sait rien encore) des idiomes du centre et du nord de ce vaste territoire.

La phonétique des langues australiennes est fort peu compliquée. Elles ne connaissent qu'un petit nombre de voyelles et de consonnes ; il semble qu'elles ne possèdent point les explosives faibles (b, d, g). Elles ne forment les mots qu'au moyen de suffixes, jamais au moyen de préfixes, c'est-à-dire qu'elles placent l'élément dérivatif après le radical (comme le sanskrit, le latin, le grec) et non pas avant (comme les langues du système bantou). Les particules adjointes au nom pour rendre l'idée des différents cas sont fixées après lui : tippin « oiseau », tippinko « à l'oiseau » ; punnul « soleil » ; punnulko « au soleil ».

Le système de numération des Australiens est des plus restreints ; il compte jusqu'au nombre de quatre inclusivement, mais à partir de cinq il emploie une expression générale ayant le sens de grande quantité.

§ 10. Les langues maléo-polynésiennes.

On leur donne parfois le nom de langues océaniennes, bien qu'elles comprennent des langues parlées en Afrique (le malgache) et en Asie (la langue de l'île de Formose).

Disons d'abord que l'on divise en trois groupes principaux les langues maléo-polynésiennes : un groupe mêla-

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nésien (immédiatement à l'est des Papous et des Australiens) ; un groupe polynésien, à l'est du précédent ; un groupe malai, au sud-est de l'Asie.

Dans le groupe mélanésien (Codrington, The Melanesian Languages), on distingue les langues des îles Viti ; des Nouvelles-Hébrides (Annatom, Tana, Erromango, Mallikolo, etc) ; des îles êalomon ; les idiomes de la Micronésie : îles Carolines, Marshall, Gilbert. Le groupe linguistique, dit mélanésien, correspond donc, ethniquement, à une partie des Papous (Vitiens, etc.), qui ont abandonné leur ancien idiome, et à des proches parents des Polynésiens, à savoir les Micronésiens (Hovelacque et G. Hervé, Précis d'anthropologie, p. 781). Nous avons dit ci-dessus que le néo-calédonien et l'idiome des îles Loyalty appartenaient au domaine papou. En somme, il y a ici, comme souvent ailleurs, un départ important à faire entre la race et la langue.

Le groupe polynésien est bien plus étendu ; de la Nouvelle-Zélande (dans l'océan Austral) aux îles Sandwich (dans l'océan Boréal), il y a 60 degrés latitudinaux de différence et il y plus de distance encore entre la limite orientale et la limite occidentale du groupe qui nous occupe. Tout à l'est, nous trouvons la langue de l'île de Pâques ou Vaihou ; et en revenant vers l'ouest les langues des îles Gambier, de l'archipel Pomotou, des îles Marquises, des îles de la Société (Tahiti et autres), de l'archipel de Cook, des îles australes (Toubouaï et autres), des îles Tonga, des îles Samoa, des îles de l'Union, un peu plus au nord ; de Toucopia, limite occidentale du groupe polynésien ; puis, tout au nord, la langue des îles Sandwich (Havaï), et tout au sud, celle des Maoris, habitants de la Nouvelle-Zélande.

Le groupe malai comprend deux subdivisions : la branche du tagala et celle du maléo-javanais (Fr. Mûllor, Allgemeine ethnographie, p. 24). Dans le premier sous-

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groupe, il faut compter : premièrement, les différents dialectes malais des îles Philippines, savoir : le tagala, à Luçon et dans les Philippines du nord ; le bisaya, dans les îles situées un peu plus au sud et dans le nord de Mindanao ; le pampanga, Viloko, le pangasinar, tous parlés à Luçon (Cust, A Sketch, etc., p. 169) ; le bicol, la langue dfe l'île de Zébu ; — secondement, la langue des îles Mariannes ; — troisièmement, la langue de la partie orientale de l'île de Formose (au nord des Philippines et non loin de la Chine). La région occidentale appartient au chinois ; le domaine malai est le territoire montagneux de l'intérieur et de l'est. Ici, la population est peu et parfois point du tout cultivée ; on la rencontre çà et là à l'état sauvage. La preuve de l'antiquité de la migration malaie à Formose se trouve dans ce fait que le dialecte en question ne renferme point de mots hindous. Cette occupation a donc eu lieu avant les rapports des Hindous et des Malais; — quatrièmement, le malgache, à Madagascar, dépourvu également de tout élément emprunté aux Hindous, et dès lors importé depuis fort longtemps dans la région qu'il occupe.

Le second sous-groupe maléo-javanais est plus important. Tout d'abord, le malai proprement dit, parlé dans tout le centre de Sumatra, d'où il a rayonné, dans les îles voisines de Banea et de Billiton, sur toute la côte de Bornéo, dans la partie méridionale de la presqu'île de Malacca ; enfin, comme langue commerciale, dans presque toute la Malaisie et particulièrement aux îles Moluques. Le malai est, en effet, une sorte de langue internationale (les Malais sont essentiellement navigateurs et commerçants), qui est également comprise dans les relations commerciales sur les côtes de l'Inde, de Chine, de Siam et de Cochinohine. Les Hindous ont eu jadis une certaine influence sur la Malaisie ; ils ont donné au malai un certain nombre de mots tirés du vocabulaire aryen.

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