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I. Le groupe samoyède

Il s'étend en Europe sur la partie orientale de la côte russe de l'océan Glacial (c'est-à-dire à l'est de la mer Blanche), et en Asie sur la partie occidentale de la côte sibérienne.

On ne porte pas au nombre de plus de vingt mille les dialectes principaux qui se subdvisent presque tous en squs-dialectes.

Le yourak est parlé dans la Russie européenne et dans le nord-ouest de la Sibérie, ju?que vers le fleuve Iénisséi.

Le samoyède iénisséin occupe la région du bas Iénisséi.

Le tavghi est parlé plus à l'est, jusqu'à l'embouchure du Chatanga.

Plus au sud-ouest, et sur le cours moyen de l'Ob, on trouve le samoyède ostiaque, vers les rivières Tym et Tchulym.

Enfin le kamassin est la langue d'un petit nombre d'habitants de la Sibérie méridionale.

Le Finnois Castrén, l'un des fondateurs de la linguistique ouralo-altaïque, a écrit un travail étendu et méthodique sur les dialectes samoyèdes où il les compare continuellement entre eux (1). Dans sa pensée le samoyède se rapproche du finnois bien plus que d'aucun autre groupe ouralo-altaïque, et cela sous le rapport de la formation des mots comme sous le rapport du matériel même de la langue.

Le système des voyelles est plus compliqué dans les idiomes samoyèdes ; celui des consonnes est au contraire assez développé : on en compte plus d'une trentaine, parmi lesquelles le t mouillé, le d mouillé, l mouillé, s et z également mouillés.

(1) Grammalik der somoiedischen sprachon. (Publ. par M. Ant. Schicfner). Pétersbourg, 1854.

Nous parlerons un peu plus loin des principes de l'harmonie vocalique, qui consiste dans l'assimilation de la voyelle des éléments secondaires du mot à la voyelle de la syllabe principale. Ce principe est loin d'être observé également dans tous les dialectes samoyèdes ; ce n'est que dans le dialecte kamassin qu'on le voit bien développé. Dans ce dialecte en effet les voyelles dites fortes (a, u, o) ne peuvent se rencontrer avec les voyelles dites faibles (à, ù, ô), tandis que les voyelles dites neutres (?', c) se prêtent parfaitement au voisinage des fortes et des faibles.

Comme dans les autres langues ouralo-altaïques la notion de la déclinaison est rendue en samoyède par l'agglutination à la racine principale des racines secondaires indiquant telle ou telle idée de rapport, de relation. Le suffixe n, par exemple, indiquant l'idée du génitif, on dit en samoyède ostiaque loga « le renard », kule « le corbeau » et logan « du renard » kulen « du corbeau ». Si au thème vient s'ajouter l'élément la indiquant le pluriel, on dit logola « les renards », kulela « les corbeaux » et logalan « des renards », kulelan « des corbeaux ». Toiit ce mécanisme est des plus simples.

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