V. Le groupe mongol
Il comprend trois dialectes. Le mongol oriental, parlé dans la Mongolie proprement dite, c'est-à-dire dans la partie centrale du nord de la Chine, à l'ouest du territoire mandchou. Le kalmouk, ou mongol occidental, qui a pénétré en Russie jusque sur la rive gauche de la mer Caspienne, vers l'embouchure du Volga, onde le kirghiz et le nogaïque, appartenant tous deux, ainsi que nous lavons dit, au groupe turc ou tatar. Le bouriate est parlé par deux cent mille individus environ, aux alentours du lac Baïkal, dans la Sibérie du sud. On trouve encore d'autres idiomes mongols aux environs de Kaboul.
LES LANGUES OURALO-ALTAIQUES. 151
Bien que ces idiomes offrent tout autant d'intérêt que ceux du groupe précédent, nous n'en dirons que quelques mots rapides. L'ensemble de leurs caractères est très analogue, en effet, à tout ce que nous avons vu dans le cours de ce chapitre ; c'est dans le vocabulaire ou dans le degté de développement grammatical que se trouvent les principales différences existant entre le tongouse et le mongol.
Le mongol possède un alphabet assez analogue à celui du mandchou, et dérivant comme lui (ainsi que l'alphabet kalmouk) de l'écriture syrienne. Il comprend sept voyelles, a, c, i, o, u (« ou » français), eu français, û (notre « u »), et dix-sept consonnes, parmi lesquelles on compte les sons ts et dz ; la forme des caractères varie selon qu'ils se trouvent placés au milieu, au commencement ou à la fin des mots. Chaque consonne, ainsi que cela se passe dans l'alphabet hindou, est accompagnée d'une voyelle, sauf dans le cas où cette consonne est terminale.
L'harmonie vocalique, qui caractérise les idiomes ouralo-altaïques, se retrouve dans les langues du groupe mongol, mais avec quelques particularités. Parmi les faits phonétiques propres à cette famille, on peut relever, en bouriate, l'élision des voyelles finales et certaines modifications qu'éprouvent les consonnes lorsqu'elles sont en contact.
D'autre part, remarquons qu'en mongol les pronoms régimes ne sont pas incorporés, à la différence de ce qui se passe dans presque toutes les autres langues ouraloaltaïques. Tandis, par exemple, que le turc rend en un seul mot ces expressions « je le vois, je le mange », le mongol les rend par deux mots.
Le bouriate, l'obscur bouriate, joue dans la classe mongole un rôle très important ; selon L. Adam, le développement grammatical du bouriate est d'autant plus
instructif que l'on peut y reconnaître les formes intermédiaires par lesquelles ont passé les pronoms pour devenir des suffixes. Ce phénomène de la supériorié d'un idiome pour ainsi dire sauvage sur des langues littéraires et cultivées connue le sont le mongol et le mandchou, est loin d'être rare.