TROISIÈME FORME LINGUISTIQUE : LA FLEXION
Nous arrivons maintenant à la troisième forme du Langage : la flexion.
Ni mis avons vu que dans la période du monosyllabfsme
La racine et Le mol étaient tout un, que la phrase n'était qu'une succession de racines monosyllabiques, isolées les unes des autres. Dans la seconde période nous avons vu que certaines racines, passant de la condition de mots indépendants à l'état de simples suffixes (par exemple dans les langues ouralo-altaïques) ou de simples préfixes (dans les idiomes du système bantou), ne servent plus qu'à exprimer les relations, actives ou passives, des racines qui ont conservé leur pleine et entière signification.
l)ans la première période la formule du mot, ainsi que nous l'avons dit, est simplement R et la formule de la phrase est R + R + R, etc. ; par R nous entendons la racine.
Si nous représentons par u les racines dont le sens primitif s'est oblitéré et qui ne servent plus de préfixes ou de suffixes, nous avons comme formules de mots, dans la seconde période, Rr, Rrr, rR, rRr et nombre de combinaisons analogues.
Deux systèmes de langues, celui des langues sémitokhamitiques et celui des langues indo-européennes, après avoir connu la période du monosyllabisme, puis celle de l'agglutination, arrivèrent indépendamment L'une de l'autre à la troisième phase, celle de la flexion.
§ 1. Quest-ce que la flexion ?
Ici la racine peut exprimer, par une modification de sa propre forme, les rapports qu'elle a avec telle ou telle autre racine. La flexion, c'est la possibilité pour une racine d'exprimer, en se modifiant ainsi, une certaine modification du sens.
Dans tous les mots d'une langue à flexion, la racine n'est pas nécessairement modifiée, elle demeure parfois telle quelle, comme dans la période d'agglutination, mais elle peut être modifiée.
Les langues dans lesquelles les relations que les mots affectent entre eux peuvent être ainsi exprimés, non seulement par l'annexion de suffixes et de préfixes, mais encore par une variation de la forme même de la racine, sont des langues à flexion. Certains auteurs leur donnent le nom de langues inflectives.
Si nous représentons par un exposant x cette puissance de la racine, la formule Rr de l'agglutination peut devenir Rxr dans la période de la flexion, la formule rR peut devenir rRx, la formule rRr peut devenir rRxr, et ainsi de suite.
Il y a plus. Non seulement la racine que les Chinois auraient appelée « pleine » peut recevoir cet exposant, comme nous le voyons dans la formule précédente, mais la racine qui forme l'élément de relation, le suffixe, peut également être modifiée.
Dans une langue à flexion, la formule d'un mot peut donc être Rrx, Rxrx, Rrrx et ainsi de suite, c'est-à-dire qu'un élément dérivatif peut être modifié dans sa forme, en vue d'un changement de sens, tout comme peut l'être la racine principale elle-même.
« Si nous acceptons, dit Fr. Mûller (Grundriss, t. I, p. 136), que les langues ont eu pour origine de simples