I. Chaldéen et syriaque
On donne le nom de langue araméenne à deux dialectes de" ce groupe fort rapprochés l'un de l'autre : le cltaldéen, dialecte oriental ; le syriaque, dialecte occidental.
Le premier de ces dialectes s'étendait sur la plus grande part, sinon sur la totalité de la Babylonie et de l'Assyrie ; le second sur la Mésopotamie et la Syrie.
L'araméen se distingue spécialement par ce fait qu'il a fort mal conservé les anciennes voyelles sémitiques. On peut dire qu'il doit cette infériorité relative, par rapport aux autres idiomes sémitiques, a son développement plus précoce.
Les deux dialectes araméeas ainsi que nous l'avons dit, sont fort peu différents l'un de l'autre. Leur mode d'accentuation est toutefois assez divergent : tandis qu'en principe, l'accent, en chaldéen, tombe sur la dernière syllabe et n'effecte l'avant-dernière qu'en certains cas déterminés, en syriaque, par contre, il tombe régulièrement sur l'avant-dernière s\llabe et le cas où il doit
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tomber sur la dernière ne forment que l'exception. Quant ;mx diversités purement grammaticales elles sont minimes ; le syriaque, par exemple, met souvent la voyelle o là où le chaldéen dit a ; ce dernier évite davantage les diphtongues. En somme cela est de peu d'importance.
L'araméen fut surtout un idiome populaire et les Juifs transportés à Babylone se familiarisèrent promptement avec lui. Ils le 1 apportèrent en Palestine.
L'ancien araméen ne nous a point laissé, comme l'a l'ait l'assyrien, dont nous parlerons tout à l'heure, de documents indigènes. C'est dans les livres saints des Juifs que nous trouverons les plus anciens textes araméens auxquels on donne le nom de « chaldéen biblique » et qui peuvent remonter au cinquième ou au sixième siècle avant notre ère. D'autres passages de la Bible, rédigés également en araméen, datent d'un âge moins reculé. Vers l'époque chrétienne apparaissent les Targums, traductions et paraphrases des livres juifs. La langue des Talmuds, plus vieille de quatre ou cinq siècles, est beaucoup plus chargée d'éléments étrangers à l'araméen et empruntés aux idiomes voisins.
Dans son histoire des langues sémitiques, E. Renan traite successivement de l'aramaïsme païen et de l'ararnaïsme chrétien.
C'est dans le nabaéten et le mendmte que se montre le premier. Le nom de langue nabatéenne équivaut à celui de chaldéen. Il ne nous reste de l'importante littérature de cet idiome que le traité de l'agriculture nabatéenne traduit en arabe au dixième siècle de notre ère, mais on ignore l'époque de sa rédaction originale. Le sabien, ou pour parler plus correctement, la langue des Mendaïtes, est loin d'avoir produit une littérature aussi considérable que paraît l'avoir été la littérature nabatéenne. Ce que nous en possédons semble postérieur à l'islamisme.
On connaît spécialement le « Livre d'Adam », amas d'imaginations ridicules. E. Renan signale comme particularité du mendaïte la contusion et l'élision fréquente des gutturales, le changement des douces en fortes et des fortes en douces, des contractions nombreuses.
L aramaïsme chrétien a pour langue le syriaque. Cette langue ne nous offre point de traces d'une littérature plus ancienne que les premiers siècles de notre ère. Il paraît cependant hors de doute que le syriaque a possédé une littérature vraiment nationale. Les inscriptions palmyréennes datent des trois premiers siècles ; quant aux auteurs syriens les plus anciens, ils datent de la seconde partie du deuxième. On attribue à ce siècle la version (( pechito » de la Bible, qui est le plus ancien ouvrage syriaque. Du quatrième au neuvième siècle fleurit une fort importante littérature de l'araméen chrétien, qui toutefois est singulièrement empreinte d'hellénisme. Elle servit en quelque sorte d'intermédiaire entre la science arabe et opéra la transition de l'une à l'autre. Presque toutes les traductions d'auteurs grecs en arabe auraient é\A faites, dit l'auteur que nous suivons, par des Syriens et sur des versions syriaques (1).
Au dixième siècle arrive la décadence, l'islamisme fait décidément prévaloir sa culture et le syriaque passe à la simple condition d'idiome liturgique. Il n'est plus guère parlé aujourd'hui que dans un très petit nombre de localités aux environs du lac d'Ourmia (un peu à l'ouest de Tabris, dans l'Aderbaïdjan), et l'on peut prévoir que dans un temps peu éloigné le néo-syriaque aura disparu (voir Spiégel, Erân, p. 43 ; Socin, Sur les dialectes syriaques modernes, Congrès des Orientalistes, 1876, tome II, p. 2(30; Zeitschrift der âeutschen morgenl. Gesellschafl, tome XXI, p. 183).
il, Renan, ",,. cit., liv. m, chap. m, S 2.
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L'écriture syriaque arrondit considérablement les formes du vieux système d'écriture sémitique. Originairement elle ne figurait que les consonnes et laissait de côté toutes les voyelles ; ce n'est qu'à partir du septième et du huitième siècle que ces dernières y furent représentées définitivement.