GROUPE ÉGYPTIEN
plement alphabétiques, c'est-à-dire n'exprimer, par exemple, qu'une seule consonne, ou bien syllabiques, c'est-àdire rendre toute une syllabe. Naturellement leur transcription est aussi aisée dans les deux cas. Quant aux signes figuratifs, ce sont de vrais et purs dessins. Ils se trouvent placés à la fin clés mots écrits en caractères phonétiques et ont pour mission de déterminer avec plus de précision le sens même de ces mots. Parfois l'on ne rencontre dans un texte que des signes figuratifs. La difficulté alors est grande pour le lecteur, qui doit, en ce cas, se reporter aux variantes de ce texte.
L'égyptien connaissait un article défini et un article indéfini (le chien, un chien). Il possédait les deux genres masculin et féminin. L'élément caractéristique de ce dernier est t. Ainsi le mot nofer « jeune homme » a pour féminin nofert « jeune fille » ; son veut dire « frère ». sont veut dire « sœur ». Notons que ce t peut être aussi bien placé avant le mot qu'après.
La terminaison du duel est ui pour le masculin, ti pour le féminin : sonui « deux frères ».
Le signe du pluriel est u pour les deux genres : sonu « frères », tefu « pères », de son « frère », tef « père ».
Quant à la déclinaison proprement dite, il n'en existe plus de traces.
L'adjectif, en principe, suit immédiatement le nom auquel il sert d'épithète et il s'accorde avec lui en genre et en nombre. L'on dit, par exemple : sat urt « fille aînée, fille grande », âmu uni « grands maîtres ». Dans le premier de ces exemples t indique un singulier féminin, dans le second u indique le pluriel.
Le pronom possessif est suffixe au nom : première personne du singulier -a ; deuxième personne sing. masc. -/,-, féminin -/ ; troisième personne masc. /, féminin s, etc. Exemples : pera « ma maison », perle ou pert « ta maison », etc. ; au pluriel perua, peruk, perut, etc.
Le sujet dans la phrase égyptienne se place parfois avant le verbe, mais pour lordinaire le verbe occupe la première place, le sujet vient ensuite, puis le régime direct, puis le régime indirect, puis l'adverbe.
Dans les formes verbales l'élément personnel se place à la fin du radical, à la fin du thème :
uonk « tu es », masculin ; uonl « lu es », féminin ; uoni « il est » ; uons « elle est » ; uonten « vous êtes » ; uonu « ils sont ».
Comme on le voit, le procédé de formation est absolument comparable au procédé de formation du nom possessif.
Nous n'avons parlé, en commençant ce paragraphe, que de Yécriture hiéroglyphe. Il est aisé de concevoir que ce système dut se simplifier dans la suite des temps et se modifier en une large mesure pour répondre aux besoins des i-elations ordinaires de la vie. Il donna naissance à deux écritures cursives, l'une appelée hiératique, l'autre appelée démotique. Au livre second de ses Histoires, Hérodote parle de la double écriture égyptienne, l'une sacrée, l'autre populaire. L'écriture hiératique, écrit de droite à gauche, reproduit simplement sous une forme cursive et souvent très abrégée les anciens hiéroglyphes. On la trouve rarement sur les monuments de pierre ; le plus souvent on la rencontre sur des papyrus. C'était l'écriture savante et religieuse.
L'écriture démotique n'es!;, à son tour, qu'une forme de récriture hiératique et elle contient encore un certain nombre de véritables idéogrammes. C'était l'écriture populaire, qui servait à transcrire la langue courante, la langue vulgaire (1), cette langue qui peut expliquer bien
(1) Bhugsch, Grammaire démolique. Berlin, 1855.