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II. Groupe libyen

L'ancien libyen occupait le nord de l'Afrique, à l'ouest de l'égyptien, et c'est sur son domaine que vint s'implanter le punique, le phénicien d'Afrique. La grammaire de l'ancien libyen n'est pas encore rédigée, mais on commence à la connaître par se; inscriptions. Faidherbe en a publié une très importante collection, au nombre de deux cents environ, dont plusieurs sont bilingues, une accompagnée d'un texte phénicien, d'autres accompagnées d'un texte latin (1).

Le libyen actuel n'a pas un nom général dont l'emploi soit adopté communément. Le nom de berber ou berbère est peut-être appolé à devenir une dénomination commune ; quant à ceux de « kabyle », de « tamachck » et à bien d'autres encore, ce ne sont que des applications particulières à tel ou tel dialecte et que l'on ne peut étendre à leur ensemble.

Il est difficile de dresser exactement la carte de la langue berbère. Toute la partie méridionale de Tripoli, de la Tunisie, de l'Algérie, du Maroc semble lui appartenir, et, en certains endroits, elle longe encore la Méditerranée, par exemple, en Algérie, de Dellys à Bougie et au delà encore vers l'est (Kabylie), entre Tenès et Cherchell (2).

Comme dans les autres langues khamitique?, un t est le signe du féminin. Parfois ce t ne figure qu'au commencement du mot, par exemple, dans tes « vaches » et dans tamahcr « femme touarègue » féminin de amaher « toua-

(1) Collection complète de* inscriptions numidiques, Mémoires de In Société des sciences de Lille, 3* série, t. VIII, p. 3G1. Paris, Lille, 1870.

(2) Hanoteau, Essai de grammaire de la langue tamachck, in fine. Paris, 1860.

reg » ; mais, pour l'ordinaire, il est placé tout à la fois avant et après le mot, ainsi que le montrent les exemples suivants :

akli « nègre », taklit « négresse » ; ekahi « coq », tekahit « poule » ; aluki « veau », lalukit. « génisse » ; amckkclu « sorcier », iamekkelut « sorcière ».

Le préfixe initial n'est que l'ancien article féminin soudé au substantif.

Le pluriel est en an, en, au féminin in. Sa formation demanderait, d'ailleurs, quelques explications un peu étendues : amenukal « roi » fait, par exemple, imenukalen.

La déclinaison est remplacée ici aussi par l'emploi de prépositions : aies en tamef « l'homme de la femme, le mari de la femme », ifka i aies « il donna à l'homme ».

Quant au verbe, le berber ne possède qu'une seule forme, une espèce de forme aoristique, indéterminée, à laquelle on prête l'idée de présent ou de futur par des procédés tout à fait accessoires. L'élément personnel est placé après le thème verbal, sauf à la première personne du singulier et à la troisième personne du pluriel. Ainsi le verbe eikem « suivre » fait telkem « elle suit » et elkemenet « elles suivent » (t-elkem, elkem-en-et).

Nombre de mots arabes se sont glissés dans les différents dialectes berbers. Ceux-ci ont, d'ailleurs, perdu toute espèce d'écriture propre, sauf le dialecte tamachek.

Cette écriture formée de signes assez réguliers, est difficile à lire ; les voyelles n'y sont pas représentées et les mots ne sont point séparés les uns des autres. Pour la déchiffrer, il faut donc, avant tout, connaître la langue elle-même qu'elle représente.

Hanoteau compte en Algérie plus de 855.000 Berbers. Le département d'Oran n'en contient qu'un petit nombre. Ils occupent plus particulièrement les deux autres

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