VI. Persan
De toutes les langues éraniennes modernes le persan, ou « néo-perse », est la plus répandue et la mieux connue. Le persan est un dialecte éranien qui, depuis l'an 1000 environ, devint une langue littéraire. Nous n'avons pas à faire ici l'histoire de sa littérature ; disons seulement qu'elle fut d'une importance considérable. Elle aborda simultanément la poésie, l'histoire, les sciences. Le (( Livre des Rois » de Firdousi (fin du dixième siècle et commencement du onzième) est une époque nationale qui peut rivaliser avec les œuvres capitales de bien d'autres langues littéraires (1).
Le persan a adopté les caractères arabes augmentés de quatre lettres « p, tch, j, g (dur) ».
La déclinaison n'existe plus en persan : on joint simplement au nom certaines prépositions lorsqu'il s'agit d'exprimer l'idée du datif et celle de l'accusatif. S'agit-il de rendre l'idée du génitif, on intercale, comme en huzvârèche et en parsi, l'élément i, reste d'un ancien pronom relatif : dast i pusar « la main de l'enfant », pusar i man « mon enfant », ce qui revient à dire : la main qui ( est celle de) l'enfant ; l'enfant qui (est) le mien. C'est un procédé syntaxique.
La conjugaison est également simplifiée. Les suffixes personnels sont assez bien conservés — m à la première personne du singulier et du pluriel, d, pour un « t » plus ancien, à la troisième personne, — mais les temps sont
H) Moiil. Firdousi. Le livre des Hais publié en persan nier une traduction française en renard. Paris, 1838. =.= .
LANGUES ÉRANIENNES. 293
traités, comme l'ont été les cas, au moyen de procédés modernes ; le persan, en un mot, est devenu une langue analytique.
Quant au lexique persan, il contient un grand nombre de mots empruntés à l'arabe. Au surplus, à côté de la langue persane littéraire il existe un certain nombre de dialectes populaires (par exemple le mazadaran), qui ont chacun quelques particularités, aussi bien sous le rapport du vocabulaire que sous le rapport de la phonétique et, parfois, sous celui des formes elles-mêmes.