‹ La Lithase Du Cholédoque: Sans IctèreChapitre 26 sur 54 · RAS · texte numérisé non relu

RAS

volumineux, ayant la forme, et presque le volume, d'un petit fruit d'eucalyptus, dans le cholédoque. Le doigt introduit dans ce canal le sent nettement, et une pince le retire, Il est unique.

Un gros drain est introduit dans le canal hépatique, suivant ia technique de Kehr. On ferme, au-dessus, la plaie du cholédoque.

Suites opératoires simples, et guérison, permettant le départ de la malade, au bout d'un mois, dans les meilleures conditions de convalescence.

OBSERVATION XVI (Résumée) Lithiase biliaire. Obstruction chronique latente du cholédoqu?. Albuminurie biliaire massive. Infection gazeuse du foie. (F. DÉVÉ, Normandie Médicale, 1909, :p. 359.)

Une dame P.., âgée de 74 ans, entre le 44 mai 1909, à l'Hospice Général, pour des douleurs extrêmément vives de la région hépatique et une teinte ictérique manifeste. Depuis 10 ans, cette fenxne souffre de coliques hépatiques avec plusieurs fois jaunisse. Depuis une huitaine de jours, elle avait éprouvé quelques frissons, et présentait, depuis quelque temps de l’anorexie, du dégoût pour la viande, avait fréquemment des éructations et, parfois, des vomissemenis-älimentaires. La veille de son entrée, elle avait vomi « trois mesures » de bile.

AÀ l'examen, le ventre .n’est pas ballonné. Le foie mou est légèrement débordant. Il semble qu'on perçoive le fond de la vésicule biliaire dilatée. La rate n'est pas grosse. Les matières sont panachées, brunes, mélangées de blanc mastic. Langue sèche ; hoquet ; vomissements bilieux. La fièvre est élevée à 40°, le pouls à 120. Rien au cœur, ni aux poumons. Les urines peu abondantes, foncées, contiennent des flots d’albumine, sont riches en pigments biliaires.

Sous l'influence du traitement médical (pilules d'extrait de belladone et d'extrait thébaïque ; macération de digitale ; compresses humides sur la région hépatique ; lavements froids), les douleurs se dissipent rapidement, la fièvre tombe le soir même, sans qu'on ait usé d'aucun antipyrétique, l'ictère disparaît, les urines redeviennent claires, l’albumine diminue, les matières se recolorent. La recherche des calculs dans les

Sri

matières tamisées, pratiquée pendant trois jours, reste négative.

Les jours suivants, hypolhermie, apparition d’une escarre sacrée ; incontinence des matières et des urines ; obnubilation intellectuelle ; délire ; pouls rapide ; coma et mort le 3 juin après une courte phase d'élévation thermique à 38°5.

En présence de ces symptômes, disparition des douleurs et de l'ictère, on pensait que le cholédoque désobstrué était devenu libre. Or, l'autopsie a permis les constatations suivantes : |

Le foie, vert-olive, est volumineux ; son parenchyme est le siège d'une transformation gazeuse, non imputable à la putréfaction, car les autres viscères sont sains. Les voies biliaires extra et intra-hépatiques sont distendues par la bile et renferment des gaz. La vésicule incisée laisse écouler une grande quantité de bile, normalement colorée, nullement purulente. Elle ne renferme pas un seul calcul. Par contre, les voies biliaires intra-hépatiques, les branches du canal hépatique, et le cholédoque dans toute sa hauteur, sont bourrés de calculs dont le volume va du sable biliaire, du grain de pavot et de chènevis au berlingot, en passant par le pépin de pomme. La muqueusé duodénale est colorée en vert par la bile.

La rate est grosse, non diffluente avec péri-splénite ancienne. Le pancréas, normal. Les reins, légèrement atrophiés, sont grenus, piquetés de rouge avec des petits kystes à leur surface ; leur substance corticale est diminuée ; la capsule adhérente. Au cœur, pas de lésions d’endocardite infectieuse. On trouve seulement une symphyse celluleuse molle du péricarde, un petit noyau athéromateux sur la grande valve mitrale. L'aorte est un peu athéromateuse. Les poumons présentent un peu d'hypostase cadavérique. Pas de lésions cérébrales.

Page 1