OBSERVATION XVIII
Lithiase du cholédoque remontant à 21 ans. Absence d’ictère. Angiocholite infectieuse ascendante. Mort.
(Prof. VILLARD et Prof. MOURIQUAND, 1916, inédite.)
Monsieur D..s 60 ans, spécificité à 25 ans. À 33 ans, crises très douloureuses à siège épigastrique. La persistance de ces crises, très irrégulières dans leur apparition, fait porter par Charcot le diagnostic de tabes. Le malade a vécu depuis cette époque dans la conviction qu'il étaït atteint d'ataxie locomotrice. Depuis 27 ans, la persistance de ces accès douloureux l'a confirmé dans cette opinion. En 1916, surviennent des accidents fébriles caractérisés par de violents accès à grandes oscillations thermiques. La température s'élève brusquement de la normale à 40° et au-delà, en s'accompagnant de frissons violents qui secouent le malade dans son lit. L'accès se termine par un stade de chaleur avec transpiration abondante. Ces accès se succèdent, presque quotidiennement, pendant deux mois, avec une altération profonde et progressive de l'éfa£ général.
Le professeur Mouriquand, appelé en consultation par le docteur Perret, de Grenoble, élimine le tabes en raison de ia conservation des réflexes rotuliens, de l'absence d’Argyll- Robertson et d'incoordination, conclut à une infection des voies biliaires, après avoir écarté le paludisme à cause de
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la non-augmentation de la rate. Peu de signes cependant existent du côté du foie. Gelui-ci dépasse seulement de deux travers de doigt le rebord des fausses côtes. La paipation n'est que peu douloureuse. La région vésiculaire n’est pas sensible, et l’on ne perçoit pas la vésicule. Les matières ne sont pas décolorées, et l’on ne constate pas d’ictère ni de pigments biliaires dans les urines. Malgré ces signes négatifs, l'absence de symptômes pouvant faire penser à une suppuration rénale, pulmonaire ou autre, ne permet d'envisager qu'une origine biliaire des accidents.
Le professeur Villard, appelé à poser les indications d’un traitement chirurgical, conclut à la présence d'un calcul cholédocien, en raison du type des accès fébriles, du fait que ceux-ci sont précédés de douleurs, et attribue à des coliques hépatiques anciennes les crises gastralgiques considérées antérieurement comme tabétiques. Malgré l’état général très grave du malade, l'augmentation de la fréquence du pouls, une intervention est décidée.
23 juillet 1916. — Intervention. — Incision de Mayo. Le foie est dur, congestionné ; la vésicule petite et rétractée. Adhérences sous-hépatiques étendues, La palpation permet de sentir un calcul mobile situé dans la portion sus-panecréatique du cholédoque. Cholédocotomie. Il s'écoule une bile purulente très épaisse. Evacuation à l'aspirateur. Extraction d'un calcul arrondi, du volume d’une grosse noisette. Un drain de Kehr est placé dans l’hépatique. La vésicule est laissée en place, en raison de sa rétraction cicatricielle et de la nécessité de ne pas prolonger l'intervention. Tamponnement sous-hépatique à la gaze. Fermeture de la plus grande partie de l’incision.
Dans Iles jours suivants, l’état reste grave et les accès fébriles, qui s'étaient arrêtés pendant 48 heures, Mode à nouveau. Apparition d'ictère.
29 juillet. — Ablation des mèches. L'état est toujours grave.
4 août. — Le malade meurt en ayant présenté, jusqu'à la fin, des symptômes d'angiocholite infectieuse, certainement en rapport avec des abcès miliaires du parenchyme hépatique.