ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Pour la clarté de l'exposition, il y a lieu de diviser ce chapitre en trois paragraphes distincts dans lesquels nous étudierons successivement les calculs (leur nombre, forme, volume, consistance, siège, mobilité), l’état ds voies biliaires et l’état du foie.
1° Les calculs. — Le plus souvent, on n'a trouvé dans nos observations, au cours des interventions ou autopsies, qu'un nombre restreint de calculs, 1, 2 ou 3; beaucoup plus rarement, 5 fois seulement, on a pu en découvrir un grand nombre, 15 ou 30; dans 3 cas, le cholédoque et les voies biliaires étaient «bourrés de calculs ».
Naturellement, leur volume est en raison inverse de leur nombre. Comparés parfois à un pois, une lentille, un haricot, une noisette, ils-ont pu atteindre, dans plusieurs cas, les dimensions d'une noix ou d’un œuf de pigeon. À côté d'eux, on a pu remarquer quelquefois une véritable boue biliaire ou du sable biliaire.
Leur forme est également variable : mûriforme, dans le cas de caleul isolé, ou polyédrique à facettes lisses quand ils sont nombreux et accolés, ou coniques, surtt ceux de l’ampoule de Vater, et alors, le sommet du cône répond à l’orifice duodénal de l’ampoule.
Leur structure et leur consistance ne sont pas toujours. décrites. Deux fois, ils ont apparu mous, friables, ou s'ef-
fritant facilement. Inutile de dire que de tels calculs risquent de passer inaperçus si on n’essaie de les déceler per une exploration attentive du canal qui les renferme. Au point de vue de leur structure, nos observations sont muettes. 11 eût été cependant intéressant de la connaître pour éclairer l'origine vésiculaire ou cholédocienne des calculs; car, ainsi que le fait remarquer le professeur Villard, si certains d’entre eux ressemblent par leur aspect et leur constitution anatomique à ceux de la vésicule; si d'autres, formés de couches superpostes sur un noyau polyédrique semblent être des caleuls émigrés de la vésicule ef accrus ensuite sur place dans le eholédoque ou l'hépatique, il en est qui, paraissant tout différents, doivent être considérés comme nés dans le cholidoque. Il existe done une lithiase cholédocienne primitive. Les faits de calculs cholédociens, sans calculs concomilants de la vésicule, relevés dans 8 de nos observations (Obs. IV, IX, X, XII, XVI, XVII, XX, XXI) blent le prouver. Toutefois, il est juste de dire qus a
, sem-
lithiase du cholédoque est le plus souvent associée à d’autres variétés de la lithiase biliaire, en particulier, la lithiase vésiculaire, si bien que la vésicule reste encore le véritable « laboratoire central » où naissent et s’édifient les calculs dans.leur étape initiale. Dans 4 cas, on a trouvé, en même temps que des calculs cholédociens et vésiculaires, des caleuls de l’hépatique (Obs. I, XIIT, XIX. XXII). Enfin, dans un seul cas (Obs. XVI), les voies biliaires intrahépatiques, le canal hépatique et ses branches, le cholédoque dans toute sa hauteur, ont été trouvés bourrés de calculs alors que la vésicule n’en contenait
auculi.