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Homme de 27 ans.
Quatrième crise de colique hépatique, le 5" jour.
môme lésion, un calcul enclavé et bloqué dans le col de la vésicule, à l'entrée du canal cystique.
Si l'on voulait donner une définition anatomique de la colique hépatique la plus exacte, je crois, serait de la considérer comme due à l'enclavement plus ou moins passager ou durable d'un cholélilhe dans le col cystique, et cela s'accorde bien avec le fait que nous avons signalé de la locali-
LES LESIONS VESICULAIRES. 99
sation douloureuse maximum au niveau du col et non du fond de la vésicule.
Je crois donc que les cholélithes doivent conserver leur rôle, leur grand rôle dans la pathogénie mécanique des coliques hépatiques, et l'hypertrophie si habituelle de la musculeuse des vésicules lithiasiques nous donne la preuve rétrospective des efforts expulsifs répétés de la vésicule. Celle-ci ne se comporte pas autrement que ne le fait la vessie en présence des calculs urinaires.
On comprend dès lors la fréquence, comme cause occasionnelle des crises, des secousses, des cahots provoqués par de longues courses en auto, par les voyages en chemin de fer, etc. Chez un de mes malades, une vieille lithiase, silencieuse depuis 20 ans, s'est réveillée avec une crise violente à l'occasion d'une séance de gymnastique de chambre, avec contraction des muscles de la paroi abdominale, mouvements de flexion et d'extension du tronc.
Mais il est très vrai, et nous le verrons, que la chirurgie biliaire donne bien des surprises, et peut ne nous montrer que des lésions de cholécystite là où nous pensions trouver des calculs, une vésicule déshabitée quand nous nous attendions à l'inverse.
Et d'autre part, des recherches hématologiques récentes dues à Parmentier, à Lutier et Salignat l à Montceaux, ont montré qu'une crise de colique hépatique entraîne toujours une légère réaction d'infection, une leucocytose variant de 12000 à 1 5 000, une polynucléosede 70 pour 100 environ, modifications cytologiques ébauchées seulement, mais qui semblent bien déceler une minime infection vési-
1. Lutier et Salignat. Société de Médecine de Paris, 11 avril igi3.
ioo LA LITHIASE BILIAIRE.
culaire. Dans plusieurs cas de notre service nous avons pu faire mêmes constatations, et Ton voit ainsi quelles transitions insensibles relient le spasme fonctionnel aux réactions inflammatoires de la vésicule.
Cependant, avant d'en arriver à celles-ci, il nous faut dire un mot d'un^état tout mécanique, le cholécyste calculeux, dont le diagnostic est souvent de grande importance. Ici la vésicule, par le fait de l'enclavement fixe d'un calcul dans le cystique, suit une évolution très particulière, elle subit une ectasie avec amincissement et pâleur de sa paroi, et sans que celle-ci présente de lésions inflammatoires ou d'adhérences péritonéales. Le liquide perd ses caractères spécifiques, se dépouille de ses pigments et de ses sels biliaires, n'est plus qu'un mucus banal et plus ou moins louche. Une de nos autopsies de colique hépatique nous montre le début de cette évolution, avant la distension secondaire du sac vésiculaire. Aux vésicules séquestrées correspond ainsi le cholécyste muqueux ou mucocèle vésiculaire.
Que si au contraire la perméabilité du cystique est suffisante, on peut observer d'énormes poches vésiculaires à contenu bilieux, qu'il convient de ne pas confondre avec les péritonites biliaires1 de pathogénie encore douteuse, et dont plusieurs belles observations viennent d'être publiées.
Mais si ces derniers faits sont exceptionnels, les cholécystes sont, au contraire, de rencontre clinique relative-
i. Associés ou non à la lithiase, ces épanchements de bile dans le péritoine paraissent dus à des perforations très minimes, punctiformes, de la vésicule, comme dans le cas de Naùwerck et Lûtke, de Slck et Frankel.
A. CHAUFFARD. — lithiase biliaire.