PL XVI
Figure i
Figure i. — Cancérisatiun s e c o n d a i r e d'une vésicule scléroatroplïiqu'e. a) Bourgeon cancéreux; b) Calculs logés dans ce qui reste de la car i lé vésiculaire.
Figure
Figure 2. — Ùancérisation secondaire du col et du canal cystique, au contact d'un calcul enchatonné. Vésicule épaissie, distendue et aréolaire.
LES LESIONS VESICULAIRE S. ni
ne me paraît pas douteux que la cholélithiase est le fait initial, et qu'elle précède de longtemps la cancérisation vésiculaire, comme le démontre le plus souvent l'histoire des malades. Combien d'autres exemples nous mettent en évidence les rapports de succession dans le temps qui associent les irritations locales aux inflammations chroniques et aux néoplasies terminales î L'évolution de l'ulcéro-cancer gastrique n'est-elle pas très analogue à celle de ces vieilles cholécystites calculeuses cancérisées ?
Il n'y a donc là qu'un cas particulier d'une loi très générale, un de ces états précancéreux qui ont été si bien étudiés par Ménétrier, mais nous verrons quelles difficultés cliniques soulève cette transformation possible, et combien cette question des rapports de la lithiase et du cancer sort du domaine de la pathogénie théorique pour aboutir aux plus graves conséquences d'ordre pratique. Dès maintenant, je tiens à dire qu'il faut tenir grand compte de ces cancérisations secondaires, et que, parle fait de leur fréquence, elles doivent entrer dans le pronostic des cholécystites chroniques, aussi bien que dans la discussion des indications opératoires. Ainsi, nous venons de voir que la lithiase biliaire commande une longue suite de lésions, les unes d'ordre surtout mécanique et à peine inflammatoires, d'autres présentant tous les degrés des inflammations subaiguës, aiguës ou chroniques, d'autres enfin pouvant aboutir à la dégénérescence néoplasique.
Toutes ces formes évolutives différentes, mais qui s'ordonnent en une série presque continue, dépendent de facteurs multiples : état aseptique ou infecté de la lithiase, siège, nombre, morphologie, nature des calculs, troubles mécaniques ou irritatifs de la canalisation biliaire, et enfin
ii2 LA LITHIASE BILIAIRE.
cause intime, encore inconnue, des proliférations néoplasiques qu'il faut peut-être chercher ici dans l'état radioactif des cholélithes.
Cette multiplicité des évolutions possibles nous fera comprendre les aspects cliniques si différents que peut revêtir la cholélithiase. Mais, dans tous les cas, qu'il y ait infection ou rétention des calculs, retentissement inflammatoire plus ou moins profond, la vésicule reste le centre, le foyer des réactions provoquées. L'expérimentation confirme sur ce point la clinique, et les expériences d'Arloing et Morel, de Simanowsky, de François-Franck, ont montré à quel point les excitations vésiculaires suscitent la réaction douloureuse et les troubles cardio-pulmonaires.
C'est presque là un caractère général des viscéralgies, de provoquer, parleurs irradiations, l'entrée en jeu du plexus solaire, les actions réflexes sur le pneumogastrique ou le sympathique.
Fort de ces notions d'ordre pathogénique et anatomopathologique, nous allons maintenant pouvoir aborder l'étude des questions très complexes qui se posent à propos du diagnostic et de certaines complications de la lithiase biliaire.