CHAPITRE Vil
LE RADIODIAGNOSTIC DE LA LITHIASE BILIAIRE
Depuis vingt-cinq ans est apparue et s'est développée une méthode nouvelle d'investigation, la radiologie biliaire, qui rend les plus précieux services pour éclairer ou compléter le diagnostic delà cholélithiase. Ses progrès lui ont donné une importance clinique telle que l'on est en droit de dire que V examen d'un cholélithiasique, surtout quand la question d'une intervention chirurgicale se pose, doit toujours comporter une enquête radiologique méthodique et complète.
C'est en 1896 que Chappuis et Chauvel pratiquèrent les premières recherches de laboratoire sur la visibilité des calculs biliaires, et, en 1899, Cari Beck, de New- York, obtenait le premier une radiographie de calcul biliaire sur le vivant. Depuis lors, Infroit, Béclère, Arcelin, Desternes, Henri Béclère obtenaient de très beaux résultats; Béclère précisait le déterminisme technique, Maingot réunissait l'ensemble de ces documents dans sa thèse de 1909. Enfin, plus récemment, les auteurs américains, James Case surtout, ont modifié la technique et montré que les cholé-
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lithes peuvent être visibles dans une proportion de cas que Case estime de 40 à 5o pour 100.
La visibilité des calculs biliaires est en rapport direct avec leur composition chimique, et l'élément qui la favorise est la chaux.
Avec Ronneaux nous avons radiographié toute une série de calculs biliaires, et il est facile de voir sur ces radiographies combien l'aspect des calculs est différent; certains d'entre eux, à prédominance cholestérinique, sont d'une transparence presque parfaite; d'autres, plus anciens, et toujours plus ou moins calcifiés, se montrent striés de zones opaques ou transparentes permettant de voir toute la structure intime du calcul sur le cliché radiologique. (PI. XVI et PL XVII.) Tous ont été radiographiés ici avec des rayons mous, condition nécessaire pour obtenir les détails de leur structure, mais qui aurait rendu leur visibilité à peu près nulle dans l'épaisseur des tissus vivants.
Dans un cas très instructif de Pierre Duval et H. Béclère, on voyait sur le vivant l'ombre vésiculaire, mais pas les calculs; la radiographie de la vésicule enlevée avec son contenu montra que trois calculs contenus dans la vésicule étaient plus transparents que la boue vésiculaire, et l'analyse chimique en donna l'explication : les calculs invisibles étaient formés de cholestérine et de pigments biliaires, avec résidu nul après calcination ; la boue vésiculaire avait même composition, mais laissait, après calcination, un résidu de cendres constitué par du phosphate et du carbonate de chaux. Dans deux autres cas de radiographie positive de calculs du cholédoque, due aux mêmes auteurs, les calculs cholédociens, d'après leur anal}rse faite par
A. CHAUFFARD. — lithiase biliaire.