DIA G NO S TIC DES ÉTATS DOULO URE UX
craindre une cancérlsation secondaire de la vésicule ? On comprend toute la gravité pronostique d'une pareille possibilité.
En fait, les analogies symptomatiques peuvent être très grandes en tout ce qui concerne le siège de la douleur, l'ictère, les poussées fébriles, même l'apparence cachectique, mais quelques points de repère utiles peuvent cependant être précisés. N'oublions jamais de chercher s'il existe de Yascite ou de Y œdème sus-malléolaire, signes du plus fâcheux augure, et qui permettent de conclure, presque avec certitude, dans le sens du cancer. J'en dirai autant de toute bosselure suspecte, de toute dureté circonscrite de la surface ou du rebord du foie, de la constatation d'une adénite sus-claviculaire à caractère néoplasique.
Mais sans aller si loin, et avant d'arriver à ces signes presque terminaux, il est, entre les deux séries de faits, des différences cliniques qu'il faut connaître. La vésicule cancérisée est tout le temps douloureuse, plus ou moins, avec des paro>ysmes ou des rémissions, mais la douleur spontanée ne s'abolit jamais complètement, et la pression localisée l'exaspère ou la réveille. Par contre, les cholécystites chroniques bien soignées peuvent passer par des phases d'accalmie à peu près complète.
Pendant ces périodes de rémission, les malades remangent, reprennent des forces, et leur poids augmente, signe excellent que l'on peut voir se reproduire à plusieurs reprises au cours de la lente évolution de la maladie.
Rien de pareil dans le cancer de la vésicule lithiasique ; la continuité des douleurs et des troubles digestifs a pour conséquence une progression ininterrompue des accidents; les malades ne cessent de maigrir, à moins que leur perte
réelle de poids ne soit masquée par l'ascite ou par les œdèmes, ils s'affaiblissent de plus en plus, et aucune médication ne peut amener une amélioration, même passagère.
Telles sont, à mon avis, les données qui nous permettront, mais au prix souvent d'une observation un peu prolongée, de résoudre cette dernière et grave question relative aux états douloureux d'origine vésiculaire.