H. D. Rolleston. Loc. cit., p
M. Quénu; on trouve dans la vésicule six calculs volumineux et une bile purulente, chargée de bacilles d'Eberth.
Ainsi donc, j'ai trouvé que mes lithiasiques étaient d'anciens typhiques dans la proportion de 20,9 pour 100. Cela paraît un gros chiffre, mais n'oublions pas que la fièvre typhoïde est extrêmement commune, et que si nous voulons apprécier la valeur pathogène de la fièvre typhoïde, il faut qu'à côté nous prenions un lot de malades quelconques et que nous voyions ce qu'il donne. C'est ce que j'ai fait.
J'ai pris 86 malades sans sélection, au fur et à mesure de leur entrée à l'hôpital et j'ai cherché quel était leur pourcentage de fièvre typhoïde antécédente : il était de 17,4 pour 100, si bien qu'entre le pourcentage des cholélithiasiqueset celui des malades quelconques, il y a un écart relativement assez faible de 3,5 pour 100.
Voilà les conclusions auxquelles j'étais arrivé ilya ibans. Aujourd'hui, voici le résultat de ma nouvelle enquête :
Antécédents de fièvre typhoïde : 25 sur 161 cas, c'està-dire 19,25 pour 100. Il est curieux de constater qu'à ] 5 ans de distance je retombe sur un pourcentage aussi peu différent : 20,9 pour 100 — 19,25 pour 100.
Pouvons-nous prendre ces chiffres en bloc et en tirer une conclusion ? A coup sûr, il y a des distinctions à faire quand, on prend les faits en eux-mêmes et quand on constate que la fièvre typhoïde a eu lieu 5, 10, 1 5 ou 20 ans auparavant : la confrontation de la date des deux maladies permet de révoquer en doute l'origine typhique possible.
Cependant, il ne faudrait rien exagérer; il est certain qu'il y a des observations dans lesquelles la fièvre typhoïde semble précéder — je ne dis pas causer — mais précéder
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nosologiquement et cliniquement l'échéance de la cholélithiase. J'en ai cité un, en voici d'autres :
Une femme atteinte de fièvre typhoïde à 40 ans, en janvier, commence en mars une crise de coliques hépatiques.
Un homme de 3o ans eut sa première crise deux, ans après La fièvre typhoïde. Dans mes autres cas les délais sont plus lointains.
Ainsi parfois la fièvre typhoïde précède d'assez peu la première crise lithiasique pour qu'on puisse supposer entre les deux états pathologiques un rapport de cause à effet. Mais, dans d'autres cas, l'action de l'infection éberthienne paraît très différente, et celle-ci vient aggraver et compliquer d'accidents aigus une choie lithiase préexistante.
— Deux faits : i° Une femme de 5 7 ans a sa première crise à 18 ans, au moment de sa première grossesse; une deuxième crise à 20 ans, au moment de sa deuxième arossesse. A 22 ans, elle fait une fièvre typhoïde grave et, pendant la convalescence, elle a cinq grandes crises de colique hépatique. Plus tard elle rend des calculs biliaires par l'intestin, elle infecte son cholédoque, on. doit l'opérer.
Nous ne dirons pas que la fièvre typhoïde lui a donné sa lithiase, c'est la génitalité qui en est la cause, mais la: fièvre typhoïde a eu, semble-t-il, une influence aggravante et elle a provoqué des crises hépatiques qui ne s'étaient produites jusque-là qu'à l'occasion de la grossesse.
20 Une femme atteinte depuis deux: ans de gastralgie, de crampes d'estomacqui correspondent à des accès frustes de lithiase biliaire, est prise à 47 ans d'une fièvre typhoïde
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grave. Un an après, elle présente une grosse crise de coliques hépatiques, la première; des accidents de cholécystite aiguë obligent à l'opérer. On trouve dans sa vésicule un seul calcul, gros comme un œuf de pigeon, très ancien à coup sûr, antérieur à sa fièvre typhoïde, et qui correspond à ce qu'Aschofî appelle le calcul de stase.
Donc l'action pathogène de la fièvre typhoïde ne doit pas être admise en bloc, et nous devrons, en reconstituant l'histoire de chaque malade, séparer les cas où l'infection éberthienne a peut-être été cause de cholélithiase de ceux où elle n'a réalisé qu'un apport de gravité ou une échéance d'accidents aigus.
Pouvons-nous, des données numériques qui précèdent, tirer quelques conclusions générales? Assurément, et en ce qui concerne les conditions d'âge et de sexe, ces conclusions n'ont rien que de conforme à ce qui est généralement admis.
Sur quelques points, par contre, les interprétations que je propose me sont plus personnelles.
Je crois, d'accord en cela avec tous les cliniciens, que la gravidité et l'état puerpéral sont les causes majeures de la cholélithiase féminine, mais pour des raisons biologiques très spéciales, insoupçonnées jusqu'à ces derniers temps, et sur lesquelles avec Guy Laroche et Grigaut j'ai à plusieurs reprises insisté : je veux parler de V hyper cholestérinémie gravidique, dont nous avons démontré l'existence, le taux, et le cycle évolutif. C'est dans ce sens que je me suis cru autorisé à dire que « Y hypercholestérinémie d'orinine génitale (par le fait de la double intervention des capsules surrénales et du corps jaune) est à la base
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de la pathogénie de la cholélithiase chez la femme ».
Il est du reste probable qu'il faut également compter, au cours de la grossesse, avec un excès de pigments dans la bile, imputable, comme l'a montré M. Bar1, à la destruction globulaire intense provoquée par les besoins en fer de l'organisme fœtal.
Cette influence sexuelle est peut-être le plus grand fait de la pathogénie clinique de la cholélithiase; c'est elle qui explique la prédominance si considérable de la maladie chez la femme, elle aussi qui, souvent, en impose pour l'hérédité. Non pas que je veuille nier celle-ci, ce1 serait aller contre la réalité des faits, et les statistiques que j'ai relatées, en particulier sur la lithiase masculine en donnent les preuves. Mais ces cas sont rares en comparaison de ceux, innombrables, où mère et fille sont lithiasiques. Pour ceux-ci, il reste difficile de faire le départ de ce qui revient respectivement à la génitalité féminine et à Y hérédité.
Enfin, le rôle pathogène de la fièvre typhoïde n'apparaît que«beaucoup plus rarement qu'on ne l'a dit; il reste à l'état d'exception, il comporte des distinctions nécessaires suivant que l'infection éberthienne aggrave seulement une cholélithiase préexistante, ou paraît amener la production première des calculs biliaires.
Même dans ce dernier cas, nous verrons qu'il faut tenir compte de causes très complexes, au premier rang desquelles doit, je crois, se placer Y hjpercholestérînémie qui survient chez les typhiques au moment de la défervescence.
Sur tous ces points nous devrons revenir, et nous ver-
i. P. Bar. Leçons de Pathologie obstétricale,, Paris, 1007. Deuxième fascicule, p. 5-07.
CHAUFFARDe 2
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rons que l'orientation nouvelle des recherches n'a rien renversé des données traditionnelles de la médecine d'observation; en faisant une part très large à la lithiase biliaire aseptique et d'origine humorale, une part plus restreinte au rôle pathogène de l'infection, la clinique et le laboratoire se trouveront, une fois de plus, en parfait accord.
C'est ce que nous aurons à démontrer, en tenant compte d'une série de travaux récents, dont les uns sont dus à Aschoffet Bacmeister, tandis que d'autres proviennent des recherches que, avec Guy Laroche et A. Grigaut, nous poursuivons depuis plusieurs années.