‹ La lithiase biliaireChapitre 54 sur 62 · DIÉTÉTIQUE ET MÉDICAMENTEUX · texte numérisé non relu

DIÉTÉTIQUE ET MÉDICAMENTEUX

Au cours de la série de nos études précédentes, nous avons vu combien la lithiase biliaire était une maladie complexe, que Ton envisage sa pathogénie ou la multiplicité de ses formes et évolutions cliniques. De toutes ces données la thérapeutique doit tenir compte. Nous pouvons beaucoup pour le traitement de la cholélithiase, mais à condition de suivre des idées directrices bien nettes, de raisonner nos règles de conduite, de les adapter aux indications spéciales que chaque cas nous présente.

Il est évident que dans une maladie aussi chronique que la cholélithiase, dont les accidents se réitèrent souvent pendant de longues années, nous pouvons avoir à intervenir à des moments très différents: accidents paroxystiques aigus, périodes intercalaires qui séparent ces accidents, infection biliaire surajoutée, migrations calculeuses, voilà quat?~e moments possibles de la maladie, dont chacun comporte ses indications. Nous avons déjà essayé de préciser quelle devait être notre conduite médicale en présence des

ig-2 LA LITHIASE BILIAIRE.

accidents de migration intestinale; il nous reste à voir de quelles ressources thérapeutiques nous disposons pour traiter nos lithiasiques à l'état de repos, à l'état de crise, à l'état d'infection biliaire.

Nous nous adresserons pour cela au régime alimentaire et au traitement médicamenteux ', réservant pour plus tard l'étude du traitement hydrominéral et des indications d'ordre chirurgical.

La question du régime alimentaire est capitale pour le traitement de nos cholélithiasiques, elle est de celles que nous ne devons jamais négliger.

Nos prescriptions diététiques se proposent un triple but, et nous devons demander au régime : d'être bien toléré, de ne provoquer aucun trouble digestif; — de ne pas aggraver et d'atténuer, dans les limites du possible, les conditions chimiques productrices de la maladie : — de prévenir les fermentations intestinales toxigènes et l'infection biliaire.

En pratique l'expérience clinique a depuis longtemps répondu et nous a appris, par tâtonnement, à faire la part des aliments qui doivent être permis ou défendus à nos malades. Et ce que nous faisions ainsi par observation et tradition, se trouve à peu près conforme aux données chimiques nouvelles de la pathogénie telle que nous les avons exposées, apportant à celles-ci la plus utile confirmation, s'il est vrai, comme l'a dit M. Bouchard et comme je le

TRAITEMENT DIÉTÉTIQUE. iq3

crois, que « toute doctrine médicale se juge par ses conséquences thérapeutiques ».

Pour toutes ces raisons, le régime alimentaire est au premier plan du traitement des cholélithiasiques, à tous les moments et dans toutes les formes de la maladie, et même chez les opérés, qui, trop souvent, se croient affranchis des sujétions diététiques.

Prenons d'abord le cas le plus fréquent, celui des lithiasiques reconnus et à crises relativement rares. Que faiton chez eux, le plus souvent, sinon de soigner leurs crises de colique hépatique, et de leur prescrire quelques cures hydro-minérales? Cela est tout à fait insuffisant, et je crois nécessaire, comme je l'enseigne depuis bien des années, de toujours prescrire un traitement intercalaire, médicamenteux (et nous en verrons bientôt les ressources) et diététique1.

Nous savons depuis longtemps que les graisses et les œufs sont souvent mal digérés par les cholélithiasiques, et cela seul suffirait à nous faire écarter ces aliments de leur régime.

Mais de plus, nous avons vu que nos malades sont dans la règle atteints d'hypercholestérinémie, et que le 'taux de la cholestérine sérique et biliaire peut subir des variations d'origine alimentaire, ainsi que l'ont montré les expériences et dosages de Klein, de Kusumoto, de Gardner, de Goodmann, de Grigaut et Lhuillier, de Bacmeister et Henes. La courbe suivante, due à Grigaut et Lhuillier, en donne la démonstration :

Il est vrai que, d'après Grigaut, si dans la règle un

i. A. Chauffard. Du traitement médical préventif des coliques hépatiques à répétition. Semaine médicale, 2 janvier 1901.

CHAUFFARD. l3

ig4 LA LITHIASE BILIAIRE.

régime riche en cholestérine augmente ou produit Thypercholestérinémie, le fait ne paraît pas absolument constant.

Cette hypercholestérinémie d'origine alimentaire, exo-

Cholest.

du sérum

4gr.

3gr.5

3gn 2gn5

2gr.

Igr.5

Ig,

Page 1