‹ La lithiase biliaireChapitre 58 sur 62 · DE SUBSTANCE FRAICHE · texte numérisé non relu

DE SUBSTANCE FRAICHE

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olestérine.

Teneur pour iooo en cholestérine des principaux aliments (A. Grigaut).

Nous défendrons donc à nos malades de faire usage de cervelles, à" œufs, de beurre, de caisses, ragoûts, fritures, oie, canard, rognons, ris de veau, foie de veau, Les cervelles et les œufs, surtout ceux-ci à cause de leur usage souventjournalier, seront particulièrement interdits.

L'interdiction des œufs aux cholélithiasiques doit porter surtout sur les plats d'œafs, œufs à la coque, brouillés, sur le plat, en omelettes. Ce sont eux surtout qui sont mal supportés par les malades, ainsi que l'a montré Linossier \ Par contre, les œufs durs et surtout les œufs pris sous forme d'entremets, sont en général bien tolérés. On pourra donc les autoriser, à condition que leur ingestion soit à doses modérées et non quotidiennes.

On permet souvent aux hépatiques et lithiasiques le beurre cru, alors que le beurre cuit leur est interdit. La raison de cette distinction se trouve dans ce fait que le beurre cru est certainement plus facile à digérer que le beurre cuit, et qu'il est en outre plus possible d'en mesurer et restreindre la quantité.

Le lait, souvent très riche en beurre sera donné écrémé. Quant aux aliments végétaux, leur teneur en « stérines » est faible, un peu plus élevée dans les semences et surtout les semences en germination, mais sans dépasser l'ordre de o gr. o5 pour iooo. Leur teneur exacte ne peut être déterminée à l'heure actuelle, car il s'agit non de choîestérine mais de stérines, dont nous connaissons encore très mal les caractères physiques et chimiques. Les céréales, blé, seigle, avoine, sont très pauvres en cholestérine ; les légumineuses en contiennent davantage, surtout à l'état de maturité, haricots, lentilles, petits pois, surtout ceux-ci, semble-t-il, bien que toute cette question soit à reprendre avec des méthodes chimiques plus précises. Les salades et légumes herbacés contiennent également très peu de cholestérine et, en somme, le régime hypocholestér inique

i. G. Linossier. Sur la toxicité des œufs. Bulletin de V Académie de Médecine, 19 mars 1918, p. 23-.

TRAITEMENT DIÉTÉTIQUE. igg

typique serait formé de viande dégraissée grillée ou rôtie, de céréales, de verdure, de quelques légumineuses, de lait écrémé, de fruits.

Les bons effets de ce régime me paraissent indiscutables chez les cholélithiasiques et chez les xanthélasmiques.

D'autre part, n'oublions pas qu'une solidarité pathologique intime unit la glande hépatique et l'intestin, et que

toutes les fermentations intestinales toxigènes ont leur

* retentissement direct sur le foie, soit par voie canaliculaire

ascendante suivant l'ancienne doctrine, soit surtout, d'après les recherches modernes, par voie septicémique.

Avant tout, nous éviterons donc toutes occasions d'infection pour les voies biliaires d'un lithiasique, et ainsi nous serons conduits à interdire l'usage de la charcuterie, du boudin, du gibier et des aliments faisandés ou épicés, des fromages forts.

Une imprudence de régime peut coûter très cher, et je n'aurais qu'à rappeler l'histoire d'un de mes malades atteint de coliques hépatiques à répétition, et qui, par le fait du régime et du traitement médicamenteux, n'avait plus de crises depuis plus d'un an. Il se crut guéri et se permit un jour, dans un déjeuner d'amis, de faire beaucoup trop largement honneur à un excellent cassoulet, mets à la fois très gras et très épicé. Dans la nuit même éclatait une grande crise de colique hépatique, des accès fébriles se répétaient, sa lithiase passait de l'état toléré et latent à une phase grave d'intolérance vésiculaire et d'infection, et il dut être opéré quelques semaines plus tard.

Comme dernière prescription diététique, nous éviterons de surmener le foie, et de provoquer les réactions vésiculaires par des repas trop copieux. Le cholélithiasique doit

manger peu à la fois, et souvent, et, suivant le conseil très sage de M. Gilbert, fractionner ses repas, en faire quatre à cinq, très modérés chacun, dans les 24 heures.

Cette hygiène alimentaire des cholélithiasiques à crises relativement espacées, sera complétée par des conseils d'un autre ordre, mais non moins importants. La marche sera toujours permise, mais on évitera toutes les causes de secousse abdominale, d' 'ébranlement vésiculaire, telles que voyages prolongés en chemin de fer, courses en autobus, en taxi-autos, en voitures mal suspendues, sports violents et efforts brusques, etc.

Le bas-ventre, surtout chez les sujets adipeux ou ptosiques, sera soutenu le jour par une sangle appropriée, prescription très importante et qui apporte souvent un soulagement notable aux malades. Le corset, chez la femme, devra laisser son libre jeu au diaphragme et ne causer aucune compression sous-hépatique.

Enfin, le fonctionnement de la peau sera activé par des bains alcalins, des frictions alcooliques, mais en évitant toutes excitations trop fortes, et, à cet égard, je signale les mauvais effets du climat marin, des bains de mer. Il n'y a pas d'année que je ne voie une série de cas de reviviscence des coliques hépatiques après un séjour au bord de la mer, en particulier quand il s'agit des séjours prolongés que l'on fait l'hiver sur les bords de la Méditerranée.

20 Chez les lithiasiques à crises répétées, et abstraction faite pour le moment des indications d'ordre chirurgical, la direction hygiénique et diététique devient très délicate et doit évidemment être plus rigoureuse.

Ici le repos à peu près complet s'impose, au lit ou sur chaise longue, et le régime sera très sévère. Le lait sera

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