‹ La lithiase biliaireChapitre 60 sur 62 · TRAITEMENT DIÉTÉTIQUE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DIÉTÉTIQUE

crétions pseudo-calculeuses, sphéroïdales ou olivaires, à aspect et consistance de cire verte, que l'on peut trouver en grand nombre dans les fèces, et qui ne sont formées que d'acides gras, comme l'ont prouvé les analyses de Villejean.

On peut, avec avantage, substituer à l'huile le corps qui paraît sa principale condition d'activité, V acide oléique chimiquement pur, préconisé par le Dr Arthault de Vevey, et donné une heure avant chacun des deux grands repas à la dose de deux capsules de o gr. 5o. Cette médication prolongée pendant deux à trois semaines de suite, puis reprise par intervalles, est en général bien supportée et m'a donné souvent d'excellents résultats. Au contraire, l'efficacité de la glycérine, conseillée par Ferrand, me paraît très douteuse.

On a beaucoup préconisé, dans ces dernières années, l'emploi des sels biliaires, ou des poudres ou extraits de fiel de bœuf, et de nombreuses spécialités de ce genre sont très employées. J'engage à ne les prescrire que prudemment et à des doses très modérées. Toutes ces préparations ont une action excito-motrice très prononcée sur les fibres lisses de la vésicule et de l'intestin, et provoquent souvent des contractions douloureuses ou de la diarrhée. Je ne les emploie guère que chez les lithiasiques torpides, constipés, qui, sans grandes crises, ont de temps en temps les fèces pâles ou décolorées. L'existence du prurit ictérique me paraît une contre-indication pour l'emploi des sels biliaires.

Dans les formes tolérantes, non infectées, et surtout quand il y a double lithiase, hépatique et rénale, les capsules d'huile de Harlem, à la dose de une à deux par jour par

périodes de dix à quinze jours, peuvent rendre service. J'en dirai autant des préparations de Boldo et de Combretum.

Mais les médications fondamentales restent, à mon avis, la médication salicylique et Yacide olgique pour les formes douloureuses de la lithiase, Yurotropine dans les cas compliqués d'infection biliaire.

Si, malgré le régime, l'hygiène générale, le traitement médicamenteux, la crise de colique hépatique éclate, d'autres indications se posent. Elles sont classiques aussi bien que les moyens de les remplir, et on peut ne les signaler que très brièvement.

Dès le début de la crise douloureuse, on fera sur tout l'h}rpocondre droit une large application de compresses imbibées d'eau bien chaude, exprimées, et recouvertes d'un taffetas chiffon. C'est le premier moyen à employer et le plus simple; il soulage toujours les malades et peut être complété par la prise d'un bain chaud un peu prolongé.

Veut-on une action sédative plus décisive, on fera des onctions locales avec une pommade gaïacolée ou chloroformée, ou additionnée d'une des nombreuses préparations analgésiques récentes, spirosal, salic}''late d'amyle, ulmarène, etc..

Enfin, s'il le faut, on recourra aux médications internes, lavement au choral, gouttes morphinées, et, comme dernière ressource, et la seule qui calme vraiment les grandes

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crises, l'injection de morphine. Mais celle-ci ne sera emploj^ée que très prudemment, aux doses suffisantes minima, nous ne les répéterons que le moins possible, de façon à éviter soit la sidération nerveuse dans les formes longues et cachectisantes, soit l'accoutumance et la création du besoin de morphine, si rapide parfois, surtout chez les névropathes.

Si le malade paraît affaibli, si nous craignons qu'il supporte mal la morphine, associons celle-ci à Yéther, comme l'a conseillé Ferrand, en injectant à la fois un centigramme de morphine et un demi-centimètre cube d'éther.

Voilà les principales indications à remplir, et ces moyens très simples, joints à la diète hydrique, permettent le plus souvent d'enrayer les accidents.

Si cependant la crise se prolonge, si la vésicule reste douloureuse d'une façon continue, nous remplacerons les applications chaudes par la vessie de glace. Nous devrons ainsi, suivant le cas, ou à tour de rôle, manier le chaud et le froid, les applications chaudes convenant aux crises de moyenne intensité et apyrétiques, la glace trouvant ses indications dans les crises plus graves, de longue durée, et auxquelles s'ajoute une réaction inflammatoire plus nette de la vésicule.

Une fois la crise terminée, nous retrouvons les indications du traitement intercalaire tel que nous l'avons formulé, avec ce double objectif, que nous ne devons jamais perdre de vue dans le traitement de la cholélithiase, calmer l'excitabilité vésiculaire, rendre ou maintenir tolérée la maladie calculeuse, et assurer ou rétablir l'asepsie biliaire.

Le vieil aphorisme de quieta non movere ne s'applique nulle part mieux qu'en matière de lithiase biliaire, et nous

verrons bientôt que c'est là une des conditions qui rendent souvent si délicates la prescription et la direction des cures hydro-minérales.

Ayons donc la main légère avec nos lithiasiques à réactions douloureuses, évitons de les remuer, de les masser, n'oublions jamais que le but de notre effort médical est de rendre tolérante cette vésicule qui se défend et lutte, la plupart du temps sans succès, contre le corps étranger qu'elle contient. Essayons d'obtenir une guérison apparente, c'est-à-dire la sédation des accidents. Nous le pouvons souvent, mais sans certitude de durée. Ne promettons jamais à nos malades de les guérir, au sens absolu du mot ; disons-leur seulement, ce qui est la vérité, que nous les mettons dans les meilleures conditions possibles pour atténuer ou supprimer leurs crises douloureuses.

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