‹ La lithographieChapitre 11 sur 55 · TETE DE JEUNE FEMME · texte numérisé non relu

TETE DE JEUNE FEMME

Lithographie au crayon gras par Weber d’après Mansion. Tiré des Caprice des peintres de Sèvres.

Il avait un peu moins de trente ans, étant

3o juin 1789, lorsqu’il s’ingénia à donner une forme plus artistique à l’invention de Senefelder. Son intelligence était vive et sa main rapide; l’art nouveau convenait à merveille à son tempérament. Néanmoins, ses débuts furent timides; il se renfermait dans une phrase très simple, un peu molle, sans grand effet. Toutes ses œuvres, de 1816 à 1819, se ressentent de cette réserve et paraissent de pâles esquisses au crayon, ou des contreépreuves maigres et ternies. Ses Croquis lithographiques, publiés chez Delpech, renferment une série de planches grisâtres où évoluent des soldats, des chasseurs, des bourgeois parisiens. Plus dessinateur que coloriste, il ne semble pas avoir soupçonné d’autres accentuations que ces nacres sempiternelles, pareilles à celles de Guérin dans le Paresseux et le Vigilant . Longtemps avant qu’Ingres eût formulé son axiome célèbre : Le dessin est la probité de l’art, Horace Vernet était un probe dans toute l’acception du terme, préoccupé seulement et exclusivement de la ligne, faute de sentir plus. Notre ami Gigoux dit de lui, dans ses Causeries : « Toujours bien, jamais mieux! » Ce qui détermine excellemment la tenue de ses premières lithographies.

Peut-être cependant n’eut-il pas toute la virtuosité souhaitable dans son procédé, par la crainte où il était de dépasser la mesure, faute de posséder encore les ressources du métier. Il faudrait joindre à ceci la réserve instinctive d’un peintre habitué à d’autres travaux et qui ne se sentait ni les audaces d’un Géricault, ni les scepticismes d’un Delacroix. Vernet ne s’aventure pas, il va sagement. Malgré tout, son œuvre lithographique

restera au premier rang, tant par la poussée qu’il sut donner à un procédé naissant que par l’extraordinaire

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