LE BOUDDHA, DE (( SALAMMBO
Lithographie de O. Redon, extraite de Y Estampe originale (Marty, ^diteur).
diable au corps. Chéret demeure le premier du genre. Son influence n’aurait-elle eu que le résultat de
transformer l’affichage ancien, suranné et misérable, en de pimpantes et cavalières productions, nous lui devrions une reconnaissance. L’effort décoratif qu’il a provoqué s’étend aux moindres travaux dans cet ordre. Nous voici pour le moment un peu débarrassés des pancartes américaines, des hideuses chromolithographies vantant en lettres rouge le café des Gourmets.
Même cette chromolithographie, un peu dédaignée aujourd’hui, reléguée aux besognes infimes, tente de s’affranchir des moyens médiocres qui l’ont perdue et annihilée. Elle a, de nos jours, produit au moins un chef-d’œuvre, chef-d’œuvre d’art, chef-d’œuvre de tirage, c’est le portrait de Sarah Bernhardt d’après Bastien Lepage, mis en train par M. Memet, imprimé par Testu, et qui nécessita dix-huit passages successifs de la planche sous la presse. Au point de vue du résultat obtenu, cette estampe restera le triomphe de la lithographie en couleur; elle est supérieure à toutes les aquatintes coloriées du xvme siècle, de Janinet ou de Debucourt, à cause du prodigieux fondu des nuances, de la franche allure des moindres demi-teintes. Nous voici bien loin des entreprises de Curmer, oü les glacis manquaient, oü les mariages de coloration n’existaient guère.
En regard de ces travaux, nous assistons, depuis deux ou trois années en ça, à la plus joyeuse, la plus imprévue résurrection romantique dont on ait l’idée. La conviction de certains tout jeunes est galante : ils reprennent la lithographie, comme ils reviennent aux modes de Louis-Philippe, en jugeant qu’un moyen très inédit vient de leur être révélé. Alors ils trans-
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cisme, de naïveté et d’intransigeance impubère, leurs
chez elle leurs esthétiques pleines de mysti-