‹ La lithographieChapitre 39 sur 55 · LITHOGRAPHIE DE GANDARA · texte numérisé non relu

LITHOGRAPHIE DE GANDARA

Extraite de YEs-lampe originale (Marty, éditeur).

pointillismes, leurs « aspirations », leurs adorables étrangetés imaginées pour s’imposer aux multitudes. Les plus extrêmes n’accordent au dessin qu’une place mesurée, d’autres expriment les teintes ou décomposent les prismes; quelques audacieux plaquent des taches où les figures se cherchent ainsi qu’en nos devinettes ou nos rébus. 11 s’y joint parfois un renouveau de la pensée dite mystique, un invincible besoin de faire pieux et distingué en haine des naturalismes de naguère. Burne-Jones a beaucoup bouleversé les têtes chez nous; il a jeté tout un clan de braves enfants dans la mignardise, l’afféterie, prétendue empruntée à Botticelli et aux quattrocentistes italiens. Ceci se révèle jusqu’en des affiches où de jolies personnes longues, anémiées, tirées d’un panneau florentin, offrent à la pratique la luciline des salons ou le bonbon à la mode. La recherche en plaît fort.

Nombre de ces médiévaux tard venus ont tourné à la lithographie ; elle leur était indispensàble pour céler certaines défaillances et combiner de doux et chatoyants effets. On en voit s’exprimer gentiment dans ce pastiche; ils masquent leurs productions d’artifices musqués et rares tout à fait égayants. Les tirages en sont soignés, vérifiés, minutieusement contrôlés; les planches détruites ont leurs certificats de destruction légalisés en bonne et due forme. Voilà qui note une soigneuse culture du moi artiste, une de ces stations d’égophilie prônées en de beaux écrits modernes. Même vous pourriez voir, par les préfaces savantes, que telles ou telles œuvres ont été tirées sur pierre ou sur zinc, ce qui est troublant. S’ensuit-il que les résultats

EN FRANCE

Page 1