MADAME LA COMTESSE MOUIEN
Lithographie par Vivant Denoii.
décrites. L’esprit d’aventures qui l’avait conduit toute sa vie lui fit entreprendre le voyage de Munich; il y
avait en France diverses branches des arts graphiques qui végétaient faute d’un moyen commode de reproduction : la gravure au burin, d’un prix élevé, l’eauforte, ne marchaient plus d’accord avec les besoins. Il partit. La guerre de Russie le força à revenir à Paris sans avoir rien fait; mais, dès l’année 1 8 r 4, il regagnait la Bavière, s’initiait aux procédés de Senefelder, recrutait des ouvriers, achetait des presses, et venait s’installer rue du Bac, en 18 1 5. Un fait montre bien son manque de préoccupations artistiques : ses premiers travaux furent l’impression sur pierre des circulaires émanant de la police.
Chez Gabriel Engelmann, établi à Mulhouse en qualité de directeur des établissements lithographiques, le côté commercial se précisait plus nettement encore. Avant son arrivée à Paris, dans le courant de l’année 1816, il avait reçu de la Société d’encouragement une large médaille dont il décorait, en bon négociant, les lettres de sa maison. Lorsqu’il publiera, en 1816, ses Essais lithographiques , il aura un grand soin de mettre cette médaille en frontispice de son livre, avec une légende : « Décernée à M. G. Engelmann, de Mulhouse (Haut-Rhin). Exécution en grand et perfectionnement de l’art lithographique. Encouragement. 1816. » Engelmann, qui avait connu les entreprises de Lasteyrie, pensa justement que Paris était capable d’abriter deux imprimeries du même genre, et que la réussite de l’une amènerait sûrement le succès de l’autre. Dès le milieu de 1816, il loue un local, rue Cassette, 18, et livre au public des modèles de dessins, des planches populaires sur le Monument expiatoire,
L’INVENTION DE LA LITHOGRAPHIE. jp
des charges même, et des travaux d’écriture. Chez le comte de Lasteyrie, l’orientation se dessine bientôt un peu plus artistique. Vivant Denon, heureux de posséder enfin à sa portée des pierres de choix et des