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SOLDATS JOUANT AUX DES

dégraissée par des tranches de pain qu’on y jette durant l’ébullition (4 livres de pain pour i5 d’huile). Dans l’ancienne pratique, il y avait deux sortes de vernis : celui destiné à l’impression des écritures et qui doit être dense (vernis n° 1); pour l’impression des dessins au crayon, on le pousse au feu et on lui communique un peu plus de consistance (vernis n° 2) La température influe beaucoup sur ces manipulations; plus il fait chaud, plus le vernis doit être dense, et il lui faut donner une cuisson supérieure.

Les noirs de fumée sont obtenus parla combustion de résines ; ils ont un avantage sur ceux tirés des os en ce qu’ils se broient plus facilement et sont autrement doux et légers. Ils s’obtiennent en poussant au^rouge la marmite qui contient les résines; quand on ne voit plus ni fumée ni vapeurs, la siccation est à son point. Mais on emploie de préférence le noir d’essence de térébenthine brûlée; il est le meilleur pour la composition des encres destinées au tirage des dessins d’art.

Ce sont là d’étranges cuisines, mais les vieux maîtres du xve siècle ont dû de venir jusqu’à nous, dans leurs œuvres merveilleusement conservées, à la manipulation personnelle de leurs couleurs et de leurs vernis. Nos chimies modernes parant à tous les ennuis ont singulièrement amoindri les chances de durée. Le renouveau de la lithographie ne nous a point montré encore son infériorité matérielle sur les travaux anciens; il convient d’attendre les résultats. D’ores et déjà, un fait reste acquis : c’est combien les ouvriers de la presse ont gagné depuis deux ou trois ans. Les preuves en seraient les œuvres exposées aux Salons dans ces der-

LA TECHNIQUE

niers temps, lesquelles témoignent d’une science et d’une habileté indéniables.

Technique des divers dessins sur pierre ;

crayon, plume, tampon , lavis, estompé, etc., etc.

L’usage des reports a, de notre temps, considérablement diminué les chances mauvaises en lithographie; l’artiste aujourd’hui dessine sur un papier, et son oeuvre transportée sur la planche par un procédé commode est soumise à moins d’aléas. Durant la première période de cet art, la pratique nécessitait une promenade toujours délicate de la pierre à travers divers ateliers; et quelles précautions qu’on sût prendre, les accidents se produisaient assez nombreux dans les manipulations. Le pis était qu’on ne les constatait jamais tout de suite; ils se révélaient au tirage et forçaient à des reprises pénibles, toujours médiocres, dont le dessin souffrait infiniment.

Apportée sur un crochet chez le dessinateur, la pierre était placée en pupitre sur une table résistante. Il s’agissait alors de la garder de mille choses perverses : le tact des doigts, les pellicules tombant des cheveux, les bullettes de salive échappées aux bouches mal closes. Voilà qui paraît en vérité bien terre à terre et peu glorieux eu égard aux résultats à atteindre ! Force était donc, aussitôt l’installation faite, de recouvrir la surface d’un papier immaculé, qu’on enlevait seulement au moment opportun et qu’on remettait à

chaque interruption. Puis il fallait reconnaître le grain de la pierre, savoir s’il convenait à l’œuvre projetée, si le format laissait dans le pourtour une marge d’au moins trois ou quatre centimètres. Avant que de rien entreprendre, le dessinateur promenait à la surface de la pierre un blaireau très sec pour enlever les poussières ou les portioncules graisseuses qui s’y collaient. Ceci fait, et suivant leur tempérament, les artistes commençaient la besogne; certains, plus sûrs d’eux-mêmes, y allaient de bon cœur, sans calque, jetant leur idée sur la pierre comme autrefois Callot sur le cuivre; d’autres avaient étudié leur sujet par avance et le transportaient par un décalque à la sanguine extrêmement léger, afin de ne pas gêner par un trait puissant les tracés ultérieurs au crayon gras.

Que l’on ne soit pas myope surtout! La myopie contraint l’artiste à rapprocher le visage de la pierre, son haleine faisant office de dissolvant, amollit le savon que contient le crayon et graisse la surface. Il s’ensuit au tirage des taches imprévues, des auréoles cernées de l’effet le plus désagréable. Un des imprimeurs lithographes d’Engelmann se piquait de déterminer à la première inspection d’un dessin si l’auteur avait une vue normale ou non. Autre ennui! si l’on dessine près d’un poêle trop chauffé, dans une atmosphère lourde et humide, si la main porte directement et communique sa température à la pierre, il y a des chances pour être forcé de tout recommencer. L’artiste avisé garde sa pierre par le moyen d’un sous-main en bois portant sur des tasseaux et laissant au crayon la place libre.

LA TECHNIQUE. 26s

Telle fut à l’origine et telle est encore la tactique

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