VIEUX SOLDAT
Lithographie à la plume, par Charlet, exécutée à l'occasion de la mort de l’Empereur.
ordinaire du crayon; mais les artistes ne s’en tenaient point toujours à ces moyens. Pour renforcer les noirs
de certaines étoffes, quelques-uns adjoignaient le pinceau au crayon gras. Pour cela, ils délayaient dans un godet d’eau pure un bâton d’encre dont nous avons eu occasion de parler, et ils l’employaient comme sur le papier en lavant à larges touches. Excellente dans les vigueurs de paysage, pour les soies ou les velours, l’encre ne s’employait guère dans les contours des figures; on se contentait d’en souligner la prunelle des yeux, le col des habits, le soyeux des chapeaux ou l’éclat des chaussures. Ce noir permettait d'ailleurs les reprises au grattoir employées par Daumier, Gavarni ou Célestin Nanteuil. Le grattoir donnait de jolis effets de lumière dans les paysages de soir, les levers de lune ou les couchers de soleil. Devéria en jouait excellemment en ses vignettes romantiques.
Le dessin à la plume obligeait à diverses préparations. D’abord la confection des becs que les artistes taillaient eux-mêmes dans une lamelle d’acier préalablement détrempée aux acides. D'autres prenaient tout bonnement un pinceau de martre très fin et en traçaient à la mode chinoise les traits de leur esquisse. Le pinceau avait une supériorité : il n'était point force alors de faire subir un lavage spécial à la pierre pour éviter l’élargissement du tracé. Les artistes s’en servaient de préférence à la plume.
En général, les dessinateurs d’art, ceux que l’idée amuse plus que le procédé, tous les maîtres adonnés à la lithographie répugnent aux manipulations savantes et compliquées. Ceci explique pourquoi tous les procédés au tampon, au lavis, à l’estompe, obligeantl’artiste à des opérations délicates, lassèrent très vite la plupart
LA TECHNIQUE
d’entre eux. Engelmann avait trouvé un emploi du