‹ La littérature au Canada en 1890 [microforme]Chapitre 15 sur 34 · ÉLUS) PU · texte numérisé non relu

ÉLUS) PU

l'extension des études universitaires. Messieurs les avocats, réformez-vous. Messieurs les instituteurs prenez plus que jamais soin de notre belle langue. Position oblige.

21 août. La Minerve.

M. Lusigran, dans une lettre publiée par Za Minerve du 22 août, après avoir dit que le journalisme au Canada ne fait que commencer à devenir une profession, ajoute:

qu'il constate la disposition de plusieurs journaux à s’'amender.. ‘“ Le journalisme montre une tendance sérieuse à se dégager des liens de la routine.” Il croit, comme M. Sulte et comme la inerve, que de grands progrês ont été faits si on compare l'ère actuelle avec la période de 1830 à 1840, que beaucoup d’anglicismes et de barbarismes usités alors ont disparu et qu:

lépuration de la langue est visible.

La Minerve du 11 août, dit avec raison :

SUR pen

‘ Si la presse enseigne mal c’est moins pour n'avoir pas été reprise assez souvent que parce que les journalistes ne font que perpétuer invinciblement, dans leurs écrits, les fautes de langage qu'on leur a laissé commettre journellement dans leurs thèmes, versions et amplifications de collège.

Cela peut sembler un reproche à nos maisons d'éducation. Nous sommes heureux d'en diminuer l’amertume en constatant que là aussi le mouvement de réforme est sérieusement cofnmencé. Nous pourrions mentionner, particulièrement deux

- grandes institutions où /a correction du lan-

gage est enseignée depuis quelques années, dans toutes les classes, comme cours spécial, avec des résultats vraiment admirables.(”

Les Bourgeois de la Compagnie du Nord- Ouest. Comme le premier volume celui-ci

est rempli de documents inédits de la plus haute valeur.

Cette série comprend les notes autographes de John McDonald — 1791-1816 :

(1) La correction du langage attire aujourd’hui l’at latten- ‘ tion dans {ous nos collèges. F. À. B.

ss QE

les lettres de Georges Keith à l'honorable R. McKenzie — 1807-1817 ; des iégendes se rapportant au département de la rivière McKenzie et du ‘* Lac d'Ours ” ; un récit -de John Johnson, traiteur — 1792-1807 ; la description par Samuel H. Wilcoke des circonstances qui ont accompagné la mort de Benjamir Frobiser ; une esquisse des mœurs des habitants des bords du Nepigon, par Duncan Cameron — 1804-05.

Aussi l’histoire des Sauteux par Peter Grant — 1804 ; des extraits du journal de M. james McKenzie, sur le département d’Athabaska — 1799 ; Des recits de voyages en 1808, par le même.

Enfin, les actes contitutifs de la compagnie du Nord-Ouest, de 1792 à 1804.

18 août. La Minerve.

Notes de voyage en France, Italie, Espagne, Irlande, Angleter , Belgique et Hollande, par J. F. Tardiv.:, rédacteur de la Vérité. In-8° de 460 pages — 1890.

Ce livre est un de ceux qui font le plus

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d'honneur à la bibliothèque canadieïnefrançaise ; il est dédié à la jeunesse du Canada et cette jeunesse y trouvera un äliment tout à la fois substantiel et varié.

M. Tardivel a vouiu faire un voyage utile et il s’est donné la peine pour y arriver. Il a voulu voir les choses mais il a voulu voir aussi les Æommes qui sont plus que les choses.

Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es.

Le rédacteur de la Vérité a voulu s’éclairer, se réchauffer au contact des âmes qui font aujourd’hui le bon combat. En le lisant, on fait connaissance avec un grand nombre d'illustrations contemporaines. Il est à propos d’en citer quelques-unes :

Mgr Croke, archevêque de Cashel.

Le K. P. Berthe, auteur de la vie de Garcia Moreno.

Le K. P. Régnon, auteur de plusieurs ouvrages philosophiques.

Eugène Veuillot, de L'Univers.

Frère Eugène-Marie, directeur de l’Institut agronomique de Beauvais.

Mgr Fèvre, curé de Touze, vicaire général d'Amiens, l’un des écrivains les plus féconds de notre époque,

Le Dr Théodore Van Doren, directeur

de la Correspondance catholique, a Bruxelles.

M. Guillaume Verspeyen, directeur du Bien public, de Gand.

M. l'abbé Brouwers, écrivain et journaliste hollandais.

Charles Perrin, économiste belge, “ catholique sans épithète.”

Le R. P. Félix, célèbre conférencier, à Lille.

Mgr Maupied, théologien et savant, curé de St-Martin de Lamballe, en Bretagne.

Don Chamard, savant bénédictin, des environs de Poitiers.

Les abbés Lyman, et M. Lucien Brun, à Lyor

Le R. P. Hilaire, savant capuciñ, à Mey- Jan.

KR. P. Regnault, direc'eur du Messager du S.-C , à Toulouse.

Don Sarda, à Sabadell en Espagne. Qui n’a lu ses ouvrages sur les erreurs contemporaines, sur le libéralisme en particulier.

Le Révd P. At., à N,-D. d’Alet,

M. le chanoine Maynard, ‘‘ défeuseur intrépide de l'intégrité doctrinale,” à Poitiers,

Mgr Freppel, à Angers,

M. de Mun, et le KR. P. Railly, directeur de la Croëx, à Paris.

Le KR. P. Anderledy, général des Jésuites, à Rome,

Don Albertario, directeur de l’'Osservatore Catholico, à Milan,

Don Tinetti, rédacteur de l'Unita Catholica, à Turin,

&tc., &c.

M. Tardivel donne sur tous ces personnages des détails d’un intérêt tout particulier.

Le lutteur de la Vérité suit avec soin les grandes questions du jour ; ces questions

sont pour lui—-comme pour tout homme qui s'intéresse à la marche de l'humanité vers son éternité — la grande préoccupation, le grand et continuel sujet d’étude. Dans une telle disposition d’esprit et avec de tels personnages, les questions du jour devaient donc faire le sujet de bien des conversations, c’est à ce point surtout que les ÆVofes de voyage feront du bien à la jeunesse en la prémunissant à l'avance contre des doctrines ou des systèmes qui ne peuvent engendrer que des ruines.

Bien qu’on ne puisse comparer sous le rapport du style les Voies de voyage de M. Tardivel, avec celles de M. le Juge Routhier (1), il y a cependant chez les deux écrivains le même syrswm corda.

Il ya chez M. Routhier, si l’on veut, la poésie charmeuse, un peu mélancolique, et chez M. Tardivel, la prose, mais il y a chez les deux l’expression vivace du sentiment religieux, sentiment qui arrache au

(1) À travers l'Europe, À travers l'Espagne.

terre à terre, qui donne de l'élan, de la chaleur, du zèle, et qui nous porte, règle générale, à voir les choses sous le vrai point de vue.

On 2 écrit que M.Tardivel s'était vu fermer les portes du Vatican. Nous avons appris le contraire, au Vatican même, dans notre dernier voyage.

Les 24 gravures qui accompagnent les Votes de voyage sont très bien réussies.

L’impression fait honneur à la maison Sénécal.

Donnons les ÆVofes de Voyage comme récompense. Une communauté, à notre connaissance, en a acheté 400 exemplaires, dans ce but. Puisse cet exemple être suivi.

| F, A. EB

P. S. — Mgr Fèvre a fait, des Votes de Voyage de M. Tardivel, dans une lettre publiée par la Vérité et l’'Etendard, une critique élogieuse, sagace et gracieuse.

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