‹ La littérature au Canada en 1890 [microforme]Chapitre 17 sur 34 · CHARLES GAUVREAU · texte numérisé non relu

CHARLES GAUVREAU

N.B.—Ce discours et ceux qui suivent ne sont pas d'application seulement pour nous les canadiens-français ; nos compatriotes d’Acadie peuvent en faire leurs profits. Qu'ils n’oublient pas, au cours de ieur carrière, que deux grandes vérités s’imposent plus que jamais de nos jours : l’amour de la religion et amour de la patrie. Ce ne sont pas des principes de commande qu’il nous faut, ce sont des idées nettes, solides, une foi robuste que rien ne fait broncher. C. G.

The Cartography of the Gulf of St.

Lawrence, from (Cartier to Champlain.

By W.-F. Ganong, A. M. — In-4. 42 np. — 1890. ( Reproduction des Mémoires de la Soc. Roy. du Canada.)

( Le Canada-Français.) Nous avons déjà rendu compte, dans le

Canada-Français d'un précédent travail de M. Ganong, et nous nous sommes même permis de différer d'opinion avec lui sur certains points de l'itinéraire du premier voyage de Jacques-Cartier. M Ganong n’a évidemment aucun parti pris, car il tient compte de toutes les observations, et il a bien voulu faire attention même à notre petit article. Mais cette fois M. Ganong revient à la charge avec une telle abondance de probabilités que nous rendons volontiers les armes.

Le but de l’étude actuelle que M. Ganong a présentée à la section anglaise de littérature de la Société Royale du Canada, a été de constater l’influence de Jacques Cartier sur la détermination de la carte du Golfe St- Laurent. Aussi l’auteur a-t-il enrichi son travail de la reproduction des meilleures cartes publiées sur le golfe depuis le temps de Cartier jusqu’à celui de Champlain, et il les discute avec beaucoup de tact et d’impartialité.

Le résultat de cette savante étude est que Jacques Cartier est le seul qui ait donné des idées vraiment originales sur les positions relatives des places qu’il a visitées dans le golfe. Ceux qui ont dessiné et publié des cartes du golfe après Cartier jusqu’à Cham-

plain exclusivement n’ont fait que copier ou traduire Cartier plus ou moins exactement, dessinant de fantaisie ce que celui-ci avait laissé indécis parce qu’il ne l’avait pas vu, ou ajoutant sur ouï-dire, sans avoir vu euxmêmes.

C’est donc un nouveau titre de gloire non traité jusqu'ici pour le grand découvreur du Canada. Ce qui fait voir que, malgré les nombreux travaux fäits sur Jacques Cartier, la matière n’est pas épuisée.

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