‹ La littérature au Canada en 1890 [microforme]Chapitre 21 sur 34 · PROSPECTUS · texte numérisé non relu

PROSPECTUS

‘ Les fêtes célébrés à Québec en juin dernier, sous les auspices de la Société St-Jean- Baptiste de cette ville, ont laissé dans la mé-

moire de ceux qui en ont été les témoins des souvenirs qui ne S’effaceront jamais. Quand on songe à l’enthousiasme indescriptible qui a

marqué chacune des heures de ces magnifiques

journées, quand on se rappelle le caractère 1imposant, la splendeur inusitée des fêtes, et par dessus tout, la valenr incontestable de ce que nous pouvons appeler la patrie intellectuelle de la démonstration‘ l’on se prend à souhaiter que des mains pieuses aient recueilli, pour les transmettre à la postérité, toutes ies œuvres écloses dans notre grande manifestation nationale de 1880.” |

Ainsi commençait la préface du compte-rendu publié en 1881, et que noue aurions pu à

bon droit intituler : ‘ Annales de la Société:

St-Jean-Baptiste de Québec.— Première partie—1842,1880.”

En reprenant aujoud’hui notre travail d’analyste au point où nous l’avions laissé, nous sommes tentés de redire avec autant de vérité, que “‘ les fêtes célébrées à Québec en juin ‘ 1889, sous les auspices de la Société St-Jean- ‘ Baptiste de cette ville ont, elles aussi, laissé ‘ dans la mémoire de ceux qui en ont été les ‘ témoins des souvenirs qui ne s’offaceront jamais.”

Et cette mémoire sera d’autant plus vivace

que l’année 1889 restera attachée an souvenir d’un de ces actes de reconnaissance et d’admiration qui honorent toujours un peuple, Je veux parler de l'érection d’un monument à Jacques Cartier, le découvreur de la Nouvelle- France, et à Brébeuf, le plus illustre des martyrs de l’Eglise canadienne.

Ce livre ne traite pas seulement des démonstrations faites à Québec, il reproduit les œuvres les plus importantes des conventions des Canadiens et Acadiens tenues au Canada et aux Etats-Unis, de 1881 à 1889.

On y trouve réunis les discours les plus remarquab'es de toutes nos célébrités canadiennes, prononcés dans nos fêtes nationales durant cette période, ainsi que des statistiques et des documents de nature à aider ceux qui étudient le a£veloppement de notre race en Amérique.

L'ouvrage forme un voiume de 560 pages qui sera le pendant de celui publié en 1881, par le même auteur. Prix : une piastre.

Ceux qui désirent acheter cet ouvrage sont priés d’adresser la somme d’une piastre à

M. À. L. PELLETIER, Boîte 338, Bureau de Poste, Québec.

Nos archives canadiennes.

Nous sommes heureux d'accuser réception du rapport de 1889 ( édition française ), publié par M. Douglas Brymner, sur les archives canadiennes à Ottawa. C’est un volume de près de cinq cents pages, composé de documents du plus haut intérêt pour ceux qui ont le goût des études historiques.

La liste des ouvrages présentés (page 65) indique que les publications du bureau des archives publiques de Londres nous sont régulièrement transmises, ainsi que les rapports du sous-garde des archives et de la coramission des manuscrits historiques, rapports dont on ne saurait guère exagérer la valeur. Les pubiications officielles de nos gouvernements provinciaux sont aussi régulièrement reçues et classées pour être consuliées.

En examinant cette liste on constate de plus que l'intérêt du public dans le travail de notre bureau d’archives est considérable. Les demandes de renseignemenis sur divers objets angmeutent en nombre de jour en jour, là.plupart concernant d’importants intérêts publics ou privés. Dans ce nombre se trouvent des demandes de renseignements adressées par différents départements quand ils ont à établir des titres ; d’autres viennent de particuliers au su-

jet de successions ou de questions semblables. Telle est son utilité, au point de vue de l’histoire que dans ces derniers temps il n’a guère été publié d’ouvrage sur l’histoire du Canada ou celle des Etats-Unis qui ne contienne des expressions de reconnaissance pour les renseignements ou les secours fournis par noire buireau d’archives. Ainsi dans l’ Atlantic Monthly ( Bostou, Massachusetts ) de novembre dernier, est une revue du livre de M. Théodore Roosevelt, Conquête de l'Ouest (Winning of the West), où il est dit que l’auteur, dans la préparation de son ouvrage, ‘ a consulté les documents originaux au département d'Etat à Washington, les archives canadiennes d'Ottawa — sans rivales sur ce continent en fait de matériaux pour l’histoire de l'Ouest.”

Dans l’Histoire narrative et critique de l’Amérique, publiée par M. Justin Windsor, le dernier ouvrage considérable sur ce sujet, il est dit, au sujet des sources de renseignements sur le Canada de 1763 à 1867 : “ Le plus remarquable service rendu à l’histoire de cette période { de 1763 à 1791 }, ainsi qu’à celle de plusieurs années subséquentes, l’a été par le départementi des archives canadiennes d’Ottawa, dont la collection commencée en 1872 sous l’infatigable direction de M. Dougias Brymner, a

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grossi avec une merveilleuse rapidité depuis les quelques années qu’elle existe.” Vol. VIII,

page 171.

Le Canadien.

Le Gouvernement canadien, par l’honorable J.-A. Chapleau.

C’est avec plaisir que nous signalons à l’attention de nos lecteurs un excellent rapport de M. Chapleau sur le gouvernement canadien.

Nous n'avons lu de ce travail qu’un résumé très succinct ; mais cela nous suffit pour reconnaître que c’est là un travail qui fait honneur au Secrétaire d'Etat fédéral et qui mérite de trouver grand nombre de lecteurs parmi nous.

Ce travail a été entrepris à la demande même des Communes.

M. Francis Stevenson, membre de la chambre impériale, proposa, il y a quelque temps, ‘aue le gouvernement se procure des rapports détaillés sur la constitution et l'exécutif de chaque colonie britannique dotée d’un gouvernement responsable, ainsi que sur les qualités exigées des élus et des électeurs des assemblées délibérantes de ces :olonies. Cette proposition ayant été acceptée par les Communes, le se-

crétaire des colonies s’adressa aux gouvernements des diverses possessions de Sa Majesté pour obtenir les rapports demandés.

Les réponses reçues par ce ministre font un volume des plus intéressants; mais celni de M, Chapleau a été imprimé à part, sous forme de supplément.

Ces brochures sont en vente à Londres, à la

maison Eyre & Spettiswood.

La Patrie.

The tourists note book — Quebec and its environs.

M. J. M. Lemoine vient de publier une cinquième édition de son livre : The tourists note bock — Quebec and its environs.”

C’est une heureuse idée, car l’affluence des touristes qui viennent de loin à Québec est plus qu'ordinaire cette année.

Le livre de M. LeMoine à la main, chacun de ces étrangers peut se reconnaître et se guider à travers nos monuments historiques. Le cicerone le promène à travers le dédale de nos vieilles rues, à la chute Montmorency, à la réserve huronne de Lorette, le long des ombreuses routes de Ste-Foye et St-Louis, au Château

Bigot, dans le hâvre, etc. Il s’arrête avec Ini devant chaque vestige uu temps passé, lui déchiffre les légendes et les traditions qui y sont attachées, enfin lui donne des leçons de choses qui ne s’oublient pas.

L'ouvrage, imprimé chez Darveau, est très bien fait et d’an format portatif.

L’ Electeur.

Nouvel appel en faveur du Manitoba,

par l'abbé C. Dugas, missionnaire au Nord- Ouest pendant 22 ans.

Faisons disparaître le mot pamphlet qui se lit sur la couverture.

Le Vord, de St-Jérôme et le Progrès, de Chicoutimi, apprécient ce travail, mais le premier opte pour la vallée de l’Outaoua*s, et le second pour le lac St-Jean et le Saguenay. Le Progrès espère que la Providence nous donnera bientôt un prêtre pour développer dans la province de Québec l'œuvre de la colonisation.

Quoiqu'il en soit la brochure de M. l'abbé Dugast est claire, précise et méthodique ; elle annonce ‘1 homme bien convaincu.

Canada Britannique et Canada français, par M de Coubertin.

Ce sont les notes de voyage d'un Français, pédagogue, chargé de faire rapport au gou vernement de la République Française. Cet onvrage mérite des éloges quant à la partie qui ne traite point de la province de Québec.

Quant à ce qu’il dit de notre province il est presque toujours dans les patates. Nous avons des défauts, mais il ne faut pas les exagérer et 1l ne faut pas non plus nous calomnier.

M. de Coubertin est parti de son pays avec Pidée, qu’au Canada, tout se faisait à la sauce répubiicaine française. C’est ce qui fait qu’il ne vous à pas compris. La preuve c’est qu'il à laissé le Canada avec cette idée :

‘* Les Canadiens ne sont ni Français, ni Angluis. Ils sont dans une période d’incubation américaine. ”

S'il y à poule couveuse quelque part, g'est dans l’imagination de M. de Coubertin Nous conseillons à ce Monsieur de mettre cette poule à la sauce blanche, c’est ainsi qu’elle lui rendra le plus de services.

Les journaux canadiens ont relevé les inexactitudes de monsieur Coubertin; M.

Bouthillier-Chevigny en a méme fait le sujet d’une brochure.

M. de Coubertin se dit maltraité par la presse du Carada. À qui la faute ?

M. de Coubertin se dit catholique. Mais, est-ce en vertu des principes du catholicisme qu’il écrit de Montréal :

‘“ D’inombrables clochers surgissent de ‘tous côtés, églises, couvents, séminaires, ‘ qui vont s’enrichissant toujours, et cons- ‘“ tituent un des dangers de l’avenir. Cette “ formidable puissance financière corres- “ pond, cela va sans le dire, à un despotis- “ me moral plus grand-encore.”

M. de Coubertin, vous êtes sans doute un honnête homme et un écrivain qui n’est pas sans valeur, mais il y a chez vous de la précipitation, des préjugés, et un catholicisme très neu éclairé.

mms mu

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