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ques fondées par les municipalités scolaires sont, de droit, soumises à l’inspection et au règlement du comité catholique de l’instruction publique.
Par la nouvelle loi, les bibliothèques publiques ne sont elles pas soustraites à l’inspection du comité catholique ?
Progresser, c'est beau, mais le progrès ne consiste pas nécessairement à faire du nouveau ; on opère le progrès en rendant meilleur ce qui est bon déjà. Cette dernière méthode est la plus sure, autrement on est toujours à faire des expériences, ce qui est une perte de temps et souvent une perte d'argent, sans compter les brèches que l’on faits parfois aux principes.
Nous trouvons dans le Monde de Montréai un article que nous n’avions pas lu avant de faire le nôtre.
M. Euvène Rouillarl, de l’Evénément, vient de publier une étude remarquable sur la question de l’œuvre des bibliothèques libres.
L'auteur est favorable à une législation qui permettrait le prélèvement d’une taxe pour la création et le maintien de bibliothèques pabliques dans”tous les principaux centres de Ja province
Sr on
Cette question est des plus difficiles et des plus importantes.
Ce n’est pas tant le montant de la taxe qu’il faudrait payer qu’il importe de déterminer, mais c’est la bonne et sure direction de l’œuvre elle-même qu’il faut trouver, donner et assurer. Ce n’est pas tont de monter des rayons de bil'iothèque, il faut surtout les remplir de bons livres. Car si la lecture des bons livres fait du bien, les mauvaises lectures sont la cause de maux incalculables dans la société,
Comment en arriverons-nous à exercer le contrôle nécessaire sur l’achat, la moralité des livres, et leur mise en circulation, dans ces bibliothèques publiques, M. Rouillard ne nous le dit pas. Ce point est important
Ici à Montréal, nous avons eu autrefois la bibliothèque libre de l’Institut Canadien. Pendant quelques années, on a pu assez aisement contrôler la distribution des livres, mais cette direction a été de courte durée. Voltaire et tous les écrivains de son école ont vite obte pu une place dans cette bibliothèque ; une place aussi pour Eugène Sue ; un rayon pour les folies indécentes de Paul de Kock, les blasphèmes de Renan, les immoralités de Dumas —et un beau Jour, notre jeunesse de Montréal
se vit au milieu de tous ces livres immoraux.
Les bibliothèques publiques, pour être utiles demandent nn contrôle absolu de la part de ceux qui ont reçu la mission de veiller sur Îles âmes, d’enseigner les âmes et de les conduire au bonheur céleste. Autrement elles joueront dans la société le rôle des écoles libres.
Le Monde.
Six moix dans les montagnes rocheuses :
Colorado — Utah — Nouveau-Mexique. par H. Beaugrand, ouvrage accompagné de nombreuses illustrations hors texte, avec préface de Louis Fréchette. In 80 de 324 pages. — Granger, 1699, rue Notre-Dame, Montréal — 1890.
Cet ouvrage vaut la peine d’être lu. Il est le fruit d’un voyage de santé fait dans le Colorado, l’Utah et le Nouveau-Mexique pendant l’automne et l’hiver de 1889-90.
I] s’agit d’un pays peu connu. L'auteur fait une description, non brodée, semble-t-il, de tout ce qu’il a vu.
Course de Montréal à Chicago. Il compare la manière ancienne de voyager à la nouvelle. Aperçu général du Colorado, de }’Utah et du Nouveau-Mexique.
Historique de Denver: c’est le centre de ses opérations. Il appuie assez longuement sur les écoles publiques de cette capitale du Colorado. L’instruction y est gratuite et obligatoire; cela peut être beau de prime abord, mais en thèse générale, c’est un malheur : ce n’est pas le temps de le démontrer. Qant à l'installation dans chaque classe des pots de fleurs naturelles qui servent à orner les chambres et à donner des leçons graduées de botanique pratique à tous les élèves, ainsi qu'a l’installation de salles de bain, nous admirons comme M. Beaugrand.
Colorado Springs : l’auteur le recommande aux personnes qui souffrent de la poitrine et des voies respiratoires, pourvu qu’on n’y aille pas trop tard.
Détails intéressants sur Manitou ses grottes, le jardin des dieux—sur les chiens de prairie—sur Pueblo et Trinitad.
M. Beaugrand constate de visu que les montagnes rocheuses sont, nor pas une chaîne de montagnes, mais un océan de montagnes.
Durango, Silverton, Ouray, passent sous les yeux. C’est un pays d’or et d'argent.
La découverte du Nouveau-Mexique nous
met en présence de Vaca, des missionnaires et de Coronado, compagnon de Cortez.
Santa-Fé, capitale du Nouveau-Mexique.
A Santa-Fé, on voit un prêtre au nombre des cicerone de M. Beaugrand. Il nous dit ici : “ Le saint père Pie IX a érigé Santa-Fé en diocèse comprenant le territoire du Nouveau-Mexique avec les évéchés du Colorado et de l’Arizona comme suffragants ; et le premier archevêque Mgr. Lamy reçut le pallium, le 16 juin 1875.
Nombreux détails sur les 10,000 Indiens du pays et sur leurs pueblos (communes).
Ils sont en grande partie cathoëiques. Il y a chez eux la confrérie des pénitentes dont les membres se livrent durant la semaine sainte à des pénitences dont l'autorité religieuse à réprouvé l’attrocité. Il y à là des pages surprenantes.
De Santa-Fé a Espanola, antiques et curieuses habitations des cliff dwellers, “ suspendues comme d'aigles, aux flancs des montagnes escarpées ” aujourd’hui désertes.
L'auteur retourne à Pueblo et prétend que la distance de six cent quinze milles qui sépare Pueblo de Salt Lake City offre peut-être au voyageur les panoramas les plus pittoresques et les plus accidentés
qu’il y ait au monde. Le chemin de fer poursuit sa course à travers le massis des montagnes rocheuses, escaladant des défilés de plus de 10,000 pieds d’élévation, et traversant des gorges et des déserts d’un
aspect aussi sauvage que merveilleux.
Nous voilà donc dans l’Utah. Le chapitre Chez les Mormons renferme beaucoup de renseignements inédits, on y voit entre autres choses que la polygamie est bien moins en usage qu'on le pense, chez les Mormons.
En revenant à Denver l’auteur s’arrête aux sources minérales de Gienwood 1 trois cent soixante et sept milles de Denver.
“ Les médecins recommandent ces eaux pour le rhumatisme, la goutte, le diabète, les scrofules, les maladies des reins, du sang et de la peau”.
L'histoire de Leadville, la ville de l'or, rappelle à l’auteur les récits des mille et une nuits : ce n’est pas sans fondement.
M. Beaugrand termine en disant qu’il a été témoin au Colorado de guérisons nombreuses dues sans aucun doute à un climat sec et tempéré, à une atmosphère pure et à la légèreté de l’air. Les personnes atteintes de maladies des poumons et des voies res
piratoires feront bien de faire une course au Colorado.
Le livre de M. Beaugrand renferme une foule de renseignements.
Le travail M. Beaugrand, est précieux à cause de son érudition. Il mérite à ce point de vie d’être encouragé. On n'arrive pas un ensemble aussi nourri sans un labeur considérable.
Pourquoi le sentiment religieux n’animet-il pas daväntage ces pages? Les grands spectacles qu’a vus l’auteur n’èlevaient-ils pas en haut son âme, et ne méritaient-ils pas un mot d'hommage pour le créateur de toutes ces merveilles ! Le juge Routhier devant ces tableaux nous eut fait des réflexions plus hautes que toutes les cîmes du Colorado, et cela par ce que les grandes idées viennent du ciel et que le ciel est au-dessus de tous les sommets.
M. Beaugrand ne manque pourtant pas d’élan. Comment expliquer cette anomalie ?
Quoiqu'il en soit, ce livre n’annonce pas un homme hostile ; lorsque l’éducation première est bonne, il est difficile de ne pas s’en ressentir toujours. Il n’y a pas longtemps encore nous voyions le nom de M.
Beaugrand sur un exemplaire de l’Imäitation
de Jésus-Christ, c’est un livre qu'il a lu à l’âge de dix-sept ou dix-huit ans. Il n’a pu lire ce livre sans qu’une semence de bonté et de vérité n’arrète dans une mesure la naissance et la croissance de l’ivraie.
Aussi, quoique Six mois dans les montagnes rocheuses soit un livre froid, on n’y trouve pas d’acrimonie contre la religion, tout au contraire. Tant et si bien que nous n’avons pas objection à voir ce livre entre toutes les mains. Sor bel extérieur typographique, permet du reste d’en faire un livre de prix.
Nous n’avons rien dit du style. Il est bon.
L'auteur ne cherche pas la phrase, c’est la phrase qui vient au devant de lui; elle vient sans pompe, si l’on veut, et cependant dans un costume bourgeois et avec une allure de bon goût.
La préface de M. Fréchette est une appréciation favorable de l’ouvrage. C’est raisonnable dans l’ensemble, nous voulons dire qu’il n’y a pas de coup d’encensoir donné mal à propos ; c’est de plus très soigné.
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M. Alphonse Lusignan a donné de celivre, dans la Patrie du 13 décembre 1890, une appréciation très favorable.
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me 90
Le National, du 11 ncvembre 1890, y trouve une grande précision dans le détail et un
puissant intérêt dans le récit.
Lookiug forward, par Mme U.-R. Smith, Montréal — 1390.
M. Napoléon Legendre à fait une analyse de cet ouvrage, dans la Presse (hebd.) du 9 octobre. C'est du roman très accidenté. Ce livre contient incidemment, dit-il, un beau plaidoyer en faveur de la religion catholique, et toute une thèse en faveur de l’annexion.
La scène se passe dans un milieu protestant.
M. Legendre conclut en disant : “ C’est une œuvre curieuse et frappante, mais nous croyons que le pays ne sera pas de longtemps encore disposé À accepter un grand nombre des idées émises dans ce livre.”
Renaissance Acadienne, par L. U. Fontaine, ancien mazistrat de district.— In 12 de 64 pages —Berthiaume —Montréal —1890.
En vente chez l’anteur, à L’Assomption, 50 centins l’exemplaire, relié.
L'ouvrage s'ouvre par une série suivie de
notes historiques : Les Scandinaves; Corte Real ; Vasco de Gama ; Christophe Colomb ; Les Cabot ; Jean Verrezzani ; Jacques Cartier ; Roberval ; Thévet ; Rabelais ; de Monts ; Pontrincourt ; Champlain ; Lescarbot ; Biard ; Denys ; Louis XIV.
Il se dit au sujet de ce dernier : ‘“ On a souvent reproché aux rois de France de n’avoir pas transporté assez de colons dans la Nouvelle-France. Mais ce reproche ne me parait guère mérité. L’immense majorité des Français sans être hostile à l’immigration, entend bien rester en France pour y vivre et y mourir. On conseille bien à son voisin d’immigrer, mais on ne lui en donne jamais l’exemple. Il ne vient guère de Français nous viaiter sans faire une sortie contre Louis XII, Luuis XIV, Louis XV et la marquise de Pompalour, parce qu’ils n’ont pas établi ici 100,000 Français. Mais où les auraient-ils pris, ces Français ? Il aurait fallu les enibarquer de force sur des bâtiments, et la plupart d’entr’eux seraient retournés dons leur pays, en maudissant la tyrannie royale et ministérielle qui déporte d’honnêtes citoyens et veut dépeupler la France. ”
Il parle ensuite de la Passion acadienne. M.
Gérald E Hart, qui a faussé l’histoire, reçoit une verte ieçon.
L’anteur consacre quelques pages aux amis des Acadiens : La reine Anne ; Michael Franklin ; Louis XV ; Raynal ; etc,
La brochure se termine par le discours que M. Fontaine prononce à la fête nationale des Acadiens, à Digby, N. E., le 15 Août 1890.
Cette brochure fait preuve d’une grande érudition.
On peut reprocher à l’auteur, quelque fois au moins, une certaine surahondance qui nuit à la clarté du discours.
Certaines statistiques sur les Acadiens du jour auraient trouvé leur place dans ces pages, ce qui aurait justifié d’avantage le titre de la brochure.
L'auteur a de l'originalité, et son travail se lit avec intérêt.
Guide illustré du Sylviculteur canadien, par J. C. Chapais, 126 gravures — Sénécal—Montréal—2ième édition.
Comme ouv: ze spécial et pratique il est difficile de trouver mieux. La question du dé-
boisement et du rebcisement est très im portante au point de vre économique. M. Fau cher de Saint-Maurice qui a fait une longue étude de cet ouvrage — Presse, 25 décembre 1890— le recommande fortement à ses compstriotes.
Répertoire alphabétique des Ingénieurs et Surintendant et des Principanx Travaux Publics du Canada dont ils ont fait l’étude, le tracé ou dirigé les travaux depuis leur commencement en 1779 jusqu’à nos jours — par G.-F. Baillairgé, À. M.T. P.— In 8o de 100 pages—Ottawa —1890.
Cette brochure contient une foule de renseignements judicieux au sujet de l’historique de nos grands travaux publics, d’autant plus exacts que l’auteur a été employé sur la plupart de ces travaux en qualité d’ingénieur on en a dirigé l’exécution en aualité de députéministre, de 1844 à 1891, époque à laquelle il s’est retiré du service du gouvernement.
Ce travail commencé en 1888, n’a été terminé qu’en 1890, à cause du grand nombre de documents qu’il a fallu consalter.
L’auteur indique aussi pour chaque ingénieur l’ordre de ses promotions. Ce répertoire
permet de constater la proportion d’ingénieurs canadiens-français employés au département des travaux publics.
Nous noterons ici que M. G. F. Baillairgé est ie premier canadien français qui ait été employés au ministère des travaux publics au Canada. Il est resté 46 ans au service de ce ministère--1814 à 1891.—
Au Canada et chez les Peaux Rouges, par M. George Demauche.-—-[890.
‘“ Ce livre nous à paru remarquablement exact ; on devine que l’auteur s’est renseigné à bonne source. L’objet qu’il poursuit se partage en quatre points : 10 Quelle est la situation politique, économique et sociale faite par l’Angleterre aux Canadiens-français ; 20 Quelle est la force de résistance de ceux-ei contre l’absorption anglo saxoune : 30 Quel rôle jouent les Canadiens-français et de quelle influence dispensent-ils dans la confédération ; 40 Quel avenir est réservé à la race française dans Amérique du Nord ?
- Cë sont là des sujets d’étude fort intéressants et que M. Demanche traite avec clarté ! Il
ee
parle de tonte ce qni a passé sous fe: yeux durant son séjour ici. Les réceptions faites aux visiteurs français ne sont pas oubliées non plus. C’est nn livre rempli de souvenirs et des plus aimables. La partie qui concerne le nordouest est très utile à consulter, car elle renferme des dates précises et une narration 1les évènements de 1885 qui paraît aussi correcte que possible.
Le Canada.
Memoranda : Le Canada de l’Atlantique au Pacifique et à la mer polaire, par George Frédéric Baillairgé, assistant ministre des travaux publics — grand in 80 de 272 pages —Ottawa— 1890.
M.G.F. Baillairgé n’a pas la prétention d’être un littérateur. Il est correct et méthodique, mais sec et froid ; 1} procède par tableau.
Ce livre contient le précis historique et topographique du Canada, relativement à son climat et à ses ressonrces,— le progrès des découvertes du pays jusqu’à 830-24 de latitde nord, atteint par Greely pendant la dernière expédition arctique de 1881-84, les dates de fondation de nos principales villes, ete, et un tableau chrorologique des divers voyages
de découverte depuis l’année 340 avant l’ère chrétienne, jusqu’à présent.
L'auteur donne la description des régions et des postes les moins connus qui ont été parcourus ou habités par les découvreurs, les missionvaires et les traiteurs, dans les territoires du nord et de l’ouest, et aussi des tableaux indiquant la limite nord de la production des céréales dans le Canada comparativement à celle des diverses parties de l’Europe.
Ces renseignements seront excessivement utiles aux géographes, aux historiens, aux voyageurs, aux missionnaires et à ceux qui désireront de connaître le climat et les ressources du pays, avant de <’y établir.
Le tout a été rédigé avec le plus grand soin. C’est l’œuvre la plus complète de ce genre, qui ait été publiée jusqu’à ce jour.
Nous croyons devoir donner ici la table «les matières de cette vaste compilation :
PAGE
Lettre de Son Honneur John Schultz, Lieutenant- Gouverneur du Manitoba, à l’auteur, au sujet
de la carte historique du Canada............ 3 Ie Partie.—Superficie et population du Canada, de
1605 à 1899. Population de l'univers, etc ...., 5 à 24 Ile Partie.— Nombre de milles marins et statutaires, correspondants à un degré de longitude à chaque degré de latitu-
de, et leur définition....,......,...... 210
Ile Partie. —Haussement et baissement des petites et Grandes mers, à divers endroits du DNNRR. la regretusunss ART TN 5 Li.
Ouverture et fermeture de la navigation, etc., a divers Ports du Canada. 230 à 231
à Divers Ports ouverts à la navigation, en Canada, pendant toute l’année... 234
” Routes Océaniques et Canaux Interochaniques .....: :.......: dance 244 à 248
% Chemins de fer projetés jusqu’à la Baie d'Hudson.......... “eos: 249
- Dépenses sur les Taies Publics dû RL D TE NE . 252 à 253
. Administrateurs, etc., Ministère des Travaux Publics, 1841 à 1891........256 à 257
” Eaux navigables, canaux, chemins de
fer, lignes télégraphiques, route de Liverpool à Yokohama ........,... 2 à 61
IIIe Partie.—Chronologie des découvertes et de la fondation des divers cités, postes de traites, etc., dans l'Amérique du Nord, colonisée par la Frauce et la Grande-Bretagne.,.,,......., 64 à 80 IVe Partie. —Latitudes, longitudes, climat, etc., suivant les observations de divers explorateurs, et les Stations Circumpolaires Interna-
PA Re CSS ..... 81 à 104 Ve Partie. — Ressources naturelles, produits et
commerce, etc ........., CRE sense des 105 à 112 VIe Partie.—Statistiques aus, 1605 à 1888 in-
clusivement ........... nn nait tie Loue: 113 à 132
VIle Partie.—Forts, etc., compris dans les divers diocèses des Territoires du Nord...236 à 239 Las Bassin de la rivière Mackenzie, principaux forts, Baie d'Hudson, Territoires du Nord-Ouest, Territoire de la Rivière Yukon... ........,.....133 à 180
VIlie Partie. — Frontières du Canada et des Etatsunis, et des Provinces de la Nouvelle-Ecosse, du Cap-Breton, de l'Ile du Prince Edouard, du Nouveau-Brunswick et de Québec, des côtes du Labrador sous la juridiction du Gouvernement de Terreneuve, des Provinces Ontario, Manitoba et Colombie-Britannique,et des Districts Provisoires Keewatin, Assiniboïa, Saskatchewan, Alber-
ta et Athabasca.......... FE ,181 à 194 . Statuts Impériaux, relativement au 77 RADEON. ce ra nee 242
IXe Partie.—Tableau chronologique par Scoresby, des voyages des découvreurs, continué depuis jusqu’au temps de l’Expédition récente du Lieut. A. W. Greely et de ceux qui ont été envoyés à sa recherche,,,,..................195à 206
Cette œuvre est la plus complète de ce genre qui ait été publiée jusqu’à?ce jour. Le tout a été rédigé avec le plus grand soin. Novs souhaitons au gouvernement d’avoir beaucoup d'employés aussi. laborieux que M. G. F.
Baillairgé.
Nous ajouterons que M. Baillairgé prépare en ce moment une carte historique et topographique du Canada quitiendra compte des renseignements donnés dans le susdit ouvrage et sera sans Contredit la plns parfaite et la plus complète des cartes du Canada. On peut sous-
crire dès maintenant ($4,00) aux bureaux de L’Ertupiaxr, à Joliette. F. A. BB.
Description of the princess Louise docks, containing harbour commissonners’ tarif and
regulation, also chart of the harbour and dock
plan — by harbour-commissioners — Québec—
Feuilles Volantes, recueil d’études et d’articles de journaux, par Charles Savary — In 12 de 50 pages — Mason — Ottawa, 1890.
Nous devons cette publication aux soins du colonel Audet, d'Ottawa :
Portrait de Charles Savary..............,,...... ... Sa biographie. ...,,....,..... EN oi ous eetissreie 1 De la critique littéraire au Canada.,.,,,............... 10 M. Paul Bourget......... fade eres PS OT ee 105 De l’utilité d’une chrestomathie...,..,..... Five 129 M. Georges Ohnet... ......,..,..,... Est Ein 146 RP nat nice ne: méertren ess ii 166 La biche et la représentation de la ‘‘poudre aux yeux’? 180 Victorien Sardou et Théodora....,............... cd. 190 M. Taine et la philosophie de l’histoire... ..,...,,....,. 246 Lettres de la vieille France...,......,.,............... 292 Lettres sur l'Angleterre :
I L’Angieterre qui s’en va 418
II La caractéristique du gouvernement anglais 433
III L’aristocratie politique 443 IV La loi éiectorale et ses transformations 453 Y La loi électorale (suite) les réformes de 1832 et de 1867. 463 VI La loi électorale (suite) la réforme de 1884 473 VII La loi électorale (suite et fin) la nouvelle répartition des sièges. 413
L'élection présidentielle aux Etats-Unis.
T Les conventions libres et le choix des candidats 494
TI do do do (suite) 499 III La réunion des électeurs primaires et la nomina-
tion des délégués 504
IV La campagne électorale 510
La biographie de M. Savary est propre à y rendre moins sévère le jugement que ses adrersaires peuvent porter de lui.
Son livre s’ouvre par une très jongue étude sur la critique littéraire an Canada. Ce sont les Questions d'Histoire littéraire de M. l’abbé V. Charland et l'Histoire de la Littérature de M. Lareau qui sont l’occasion de ce travail. M. Savary fait incidemment une longue excursion dans le morde littéraire. Ses réflexions sont frappantes, instructives et profondes. Elles méritent considération. La page qui suit.ne sera pas inutile à ceux qui ont pour mission de perfectionner le programme des Collèges affiliés :
M. l’abhé Charland a volontairement laissé dans sou livre une lacune qui nous paraît fàchense à plusieurs titres. Il s'arrête au seuil du
XIXe siècle, à cette Révolution qui a mis fin à la période de la Renaissance s1ecqne et latine Révolusion dont il reecunaît les bienfaits, mais dont il ne fait connaître au lecteur ni le caractère particulier, ni les phases brillantes et diverses. M. l’abbé Charland nous dira, sans doute, que le XIXe siècle n’est pas compris dans le programme de l’Université Laval. En ce cas, c'est le programme qui a tort. Supprimer le XIXe siècle dans la littérature française c’est rayer de cette littérature l’histoire, la critique et la poésie lyrique. Mais il y a plus :. cette omission qui, chez les partisans fanatiques de la Renaissance ciass'que, peut être considérée comme la conséquence logique d’un principe, produit, dans les œuvres inspirées par un esprit différent, l’effet d’une véritable solution de continuité. Il était jadis tont naturel que des classiques à outrance, auxquels le Romantisme faisait l’effet d’une nouvelle invasion des barbares, s’attachassent à détourner de ce spectacle les yeux de la jeunesse. Mais, ei le culte exclusif des lettres antiques a été, comme laffirme M. l'abbé Charland, un retard pour le développement des littératures nationales et une décadence pour la langue,” s’il faut regretter que deux grandsgénies comme Corneille et Racine ‘soient allés chercher presque toutes leurs inspirations dans l'antiquité païenne, au lieu de les demarder à leur patrie; s’il faut louer Châteaubriand d’avoir ‘“ clos ” cette période et d’avoir écrit ‘la justification et la poétique de l’art nouveau”, comment ne pas demander à l’auteur de nous expliquer, au moins par un aper-
Si
çu général, quel est cet ‘art nouveau ? ” Une fois sorti du collège, le jeune homme, dira-ton, ne le saura que trop vite ! — C'est-à-dire qu’il se plongera à peu près exclusivement dans la lectures de ces œuvres dont on ne lui a pas parlé ; mais, est-on sûr qu’en réalité il en pénètrera l'esprit complexe, et n’est-ce pas s’exposer à laisser naître beaucoup d'idées fausses et incomplètes, que de ne donner par avance aucune règle de jugement sur des sujets qui occuperont nécessairement une place - si importante dans la vie intellectuelle ?
L’école romantique n’a-t-elle pas secoué le joug des Grecs et des Romains, mis fin à la domination de la mythologie païenne, ramené parmi nous l'intelligence du moyen âge, fouillé les antiquités nationales, ressuscité la poésie lyrique , enrichi la veine nationale par de judicieux emprunts aux chefs-d’œuvre étrangers ? Les principaux représentants de cette école n’ont pas tous été chrétiens ; mais n’estil pas vrai que le principe d’art sur lequel ils s’appuyaient est sympathique a l’idée chrétienne, que ceux qui ont rompu avec elle ont cédé à un mouvement politique et social en contradiction avec leurs doctrines littéraires, et que tous ou presque tous avaient commencé par d’autres sentiments ?
Ces arguments sont assez plausibles pour entraîner beaucoup d’esprits. Non seulement ils sont plausibles, mais ils sont vrais en partie ; tellement vrais que, si la littérature romantique ne nous offre pas un corps de doctrines à adopter, nous aurons cependant beaucoup .
d'emprunts à lui faire.
7l analyse les œuvres de Paul Bourget. Il dit à propos de son œuvre : Mme Bressuire :
‘Le récit ne laisse point une impression chaste”... “C’est malheureusement un reproche qu’il faudrait adresser à presque tous les romans français, même à ceux qui sont écrits sous une inspiration hautement morale, et cette différence regrettable entre le roman français et le roman anglais tient, sans doute, à ce que les romans s’adressent, eu France et et en Angleterre, à deux classes très aifféren-
tes de lecteurs e. surtout de lectrices.”
Les professeurs de Belles-Lettres et de Rhétorique profiteront de ce qui est dit de l’utilité d’une bonne chrestomathie(Recueil de morceaux choisis dans divers auteurs ( Chrestos utile, mathein apprendre.)]
Il nous découvre de grandes analogies entre George Ohnet et Octave Feuillet.
Il trouve que les doctrines philosophiques de Taine sont aussi fausses et aussi pernicieuses, et ses doctrines littéraires aussi innôcentes qu’au premier jour,
Dans ses lettres sur la Vieille France, l’auteur chiffre par zéro le bagage de Boulanger ; 1l affirme que la République vivra ; il constate l’instabilité désolante qui règne dans la partie ministérielle et fait à ce sujet, pp. 315- 316, un rapprockement curieux entre la Fran-
ce et le Canada ; en Angleterre le ministère est un comité de la chambre, en France le ministère est le serviteur de ia majorité ; M.
Grévy a fait tout ce qu’il fallait pour perdre la troisième république ; ‘‘dans les dernières années de la vie de Gambetta, l’homme d’Etat avait remplacé le bohême, et le patriote avait tué l’homme de parti.
Les Lettres sur l'Angleterre ne manquent pas d'intérêt.
“L’Angleterre d’antrefois disparait et s’efface peu à peu devant l’Angleterre nouvelle, ec personne ne saurait dire encore, en face des conditions d’existence de la démocratie moderne, ce que sera l’Angleterre de l’A venir.”
L’Angleterre est avant tout et par-dessus tout une nation aristocratique, et son gouvernement est celui d’une aristocratie.
‘ Le peuple anglais est fier de son aristocratie.”
“De 1832 à 1885, le régime électoral de l'Angleterre est passé, en soixante ans, de l’état féodal à l’état démocratique.”
Dans son travail sur l’élection présidentielle aux Etats-Unis, M, Savary dit avec raison :
‘Au Canada même, il est convenu que ce sont le plus souvent les “principaux” du parti qui se mettent d’accord avec les ministres ou avec le chef d’opposition, et qui arrêtent les candidatures. On ne s’en trouve pas plus mal ; et nous ne rappelons cette pratique,
NE es
que poue mieux faire comprendre et ressortir la différence qui distingue les Etats-Unis de tous les autres pays.
Aux Etats-Unis, la démocratie a poussé de si profondes racines et l’organisation des partis a atteint une force si perfectionnée, que rien n’est laissé au hasard n1 à la direction des chefs. C’est véritablement le suffrage uuiversel de chaque parti qu? désigne les candidats aux fonctions politiques, et c’est ensuite le suffrage universel du pays tout entier qui décide lequel des deux partis a la majorité.”
Nous nous sommes un peu étendu sur ce livre qui n’a été tiré qu’à 300 exemplaires, et qu’il ne sera pas toujours facile de se procurer.
M. Savary a laissé beaucoup de manuscrits où les études de haute volée sont nombreuses.
Il y avait du génie dans cet homme. C’est un malheur que des circonstances fâcheuses aient enlevé le soleil à cette belle intelligence.
Il parle avec une grande autorité, parcequ’il parle avec une granile science.
Il*a commis des fautes et il a eu des torts. Dieu l’a frappé sur la terre même. Nous ajouterons cependant que les circonstances atténuantes ne font pas défaut. Cet homme a de plus renié son passé et fait nne mort édifiante.
Il écrivait à sa fille en France. “J’espère
que tu seras moins sévère pour ton père, quand tu apprendras que Dieu lui à pardonné LE
M. Savary, député, vota énergiquement contre l’article 7 de la loi Ferry ; il vota aussi contre l’expulsion des princes.
Les Feuilles Volantes ont une valeur considérable, mais s'adressent surtout aux hommes du métier. La imondanité de certains articiles ne convient pas à la jeunesse.
Qu'il nous soit permis de citer en terminant une partie du testament de M. Savary :
“Je suis né dans la Sainte Eglise Catholique, apostolique et romaine ; j'ai toujours résolu d'y vivre et d’y mourir. Les fautes que j'ai pu commettre envers la loi de Dieu, et auxquelles sa miséricordieuse justice trouvera des atténuations, n’ont rien changé à ma résolution ni à mes croyances. Atteint d’une maladie qui peut m’exposer à une mort subite, je tiens à constater ici d’une façon solennelle ma ferme volonté de mourir dans la foi de mes
ères.”” P F. A. B.
Vie de Mgr de Laval, premier évêque de Québec et apôtre du Canada, 1622-1708, par
l’abbé Auguste Gosselin, curé de St-Féréol — 2 vols, In-80, de plus de 600 pages, chacun —
$3.00 l’exemplaire -— Demers ——- Québec —
M. DeVillars écrit dans le Journal des Campagnes :
Un a pu remarquer avec quel respect la presse, en général, s’est abstenue de lui prodiguer, à son apparition, le vain encens d’une réclame, qui s'accorde si facilement à toute œuvre de bonne volonté, mais destinée à un succès purement éphémère. Le livre de M.
Gosselin n’a pas besoin de cet encens ; il se recommande par lui-mêimne.
Il est vrai, vingt fois vrai, que les journaux canadiens, à partir des plus considérables ne donnent pas assez d’attention aux écrivains canadiens : on ne saurait trop le leur reprocher. C’est précisément leur négligence qui nous à donné l’idée de publier ce volume afin d'encourager un peu les fournisseurs de la vie intellectuelle. Il est cependant à propos de remarquer que les reproches, parfois, ne sont pas mérités. (Certains écrivains, ou certains éditeurs, craignent de faire hommage de leurs œuvres aux journalistes, Or les journalistes, pauvres pour le grand nombre, ne sont pas disposés à faire des dépenses de temps et d’argent, et à faire de ia réclame en faveur d’un livre, lorsqu'ils sont obligés de l’acheter.
La Vie de Mgr Laval at-elle été envoyée aux journalistes ? Pour notre part, nous n’avons pu, même sur demande, en avoir un exemplaire pour compenser une partie de nos dépenses. Est-il bien probable que les autres ont été plus favorisés ?
Cet ouvrage se divise en quatre parties :
lère—Mgr de Laval avant son arrivée au Canada.
2me.—Mer de Laval, vicaire apostolique de la Nouvelle-France : c’est la matière du Ler volume.
3me.—Mygr de Laval, évêque de Québec.
Ame.—Mgr de Laval, depuis sa démission jusqu’à sa mort.
Quant à la préface, l’auteur la consacre à réputer certaines accusations portées par M.
Gareau contre Mgr de Laval. Cette préface est très sensée et très forte. Elle donne une exrellente idée de ce que sera l’ouvrage.
Ce travail n’a pas été fait à la course. Il est le fruit d’un travail ardu, persévérant et difficile. L'auteur n’a rien négligé. Il est à notre connaissance qu’il a passé une année à
l'Ecole normale, de Montréal, seulement, pour y prendre connaissance des documents que possède M. l’abbé Verreau. Cette vie est écrite avec ampleur et entrain. Il y a de l’unité dans le livre. Les citations ne prennent pas une place démesurée et viennent naturellement, Le style convient au sujet. La critique historique est bien pondérée.
Mgr de Laval, évidemment doit être jugé avec les idées de son temps et non avec celles de notre temps On ne peut pas prétendre qne tout ce qu’il a fait était en soi pour le mieux et qu’il n’y a pas üe taches légères par ici par là. Comme le dit très bien M. Gosselin : “Les saints n’arrivent pas du premier coup au plus haut degré de perfeetion. La vertu plus encore que le genie est une œuvre de grande patience.”
Pour juger d’un homme il faut considérer sa vie, et dans son ensemble et dans sa marche ascendante.
M. Gosselin a fait un travail extraordinairement instructif à une foule de points de vue.
Il a des dispositions considérables pour le genre historique et il est à espérer qu’il poursuivra ses travaux sur l’histoire de l’Eglise du Canada.
Nous vous permetteons une observation.
L’anteur faisant dans cette vie de Mer de La-
val un grand nombre d’excursions légitimes, à droite et à gauche, n’aurait-il pas dû intituler son livre de préférence : Mgr de Laval et son temps ? Un homme compétent nous en avait fait cette remarque, nous en avons constaté la vérité.
La Gasette des Campagnes.
“ La Vie de Mgr de Laval fait le plus grand honneur aux lettres canadiennes. C’est nn monument où l’œil du critique trouvera peut-être quelques défauts de décail, mais dont on ne peut s'empêcher d'admirer les vastes proportions, la souplesse et la régularité du dessin, le fini de l’exécution, la convenance frappante surtout avec le héros dont il est destiné à honorer et à faire bénir la mémoire.’
De VirLars.
« Le soin avec lequel vous avez consulté les livres et les manuscrits qu’il vous a été possible de trouver, ainsi que les personnes bien versées dans notre histoire, me donnent lieu de croire aue votre ouvrage fera autorité.»
Sox EMINENCE LE CARDINAL TASCHEREAU.
‘ Vous avez fait une œuvre solide et durable, une œuvre qui restera et dont vons pouvez dire : Monumentum exegi aere perenius.
MGR Paquer.
“Votre Vie de Mgr de Laval est admirable sous tous les rapports. Conscienciensement exact, dans vos recherches historiques, vous présentez les faits d’une manière qu’on voit le saint évêque luttant énergiquement ponr poser solidement les bases de l’église du Canada, veillant au salut des générations successives, et édifiant tout le monde px: son désintéressement et ses vertus.
J’ai eu toujours la plus grande vénération et dévotion pour Mgr de Laval ; et le commencement du procès pour sa canonisation m’a fait réjouir.”
Jon G. SHEA.
N. B.—M. John G. Shea est un savant historien. I! a écrit sur l’histoire de l’église des Etats-Unis. Il a réédité l'Histoire de la Nouvelle-France, par le P. Charlevoix , et l’Etablissement de la Foi au Canada, par le P. Chrétien Leclerc, etc.
x" + “On voit, en lisant votre livre, que vons l’a-
vez écrit avec amour. Vous vous êtes attaché à Mgr de Laval, à mesure que vous avez mieux connu ses grandes qualités, la noblesse de son curactère, ses 6éminentes vertus; et vous faites partager ce sentiment à vos lecteurs.”
MGR BÉGix.
La Semaine Religieuse de Quédec.
Non seulement ce livre fait connaître Mer de Laval, mais, il le fait connaître sous son véritable jour ; et c’est là un mérite et un service dont on ne saurait exagérer l’importance. Ils sont assez rares, en effet, ceux qui connaissent bien Mgr de Laval, et qui ne sont pas un peu sous l'impression que l’absolutisme était le fond de son caractère, et fut la cause principale de ses démêlés avec les autorités civiles en particulier. Pour notre part, nous confessons humblement qne nous appartenions à ce groupe, qui n’est peut être pas le moins nombreux. Bien que ce fait paraisse étrange au premier abord, il n’a rien cependant qui doive étonner.
Le travail de M. l’abbé Auguste Gosselin démontre done, jusqu’à l’évidence, que Mgr de Laval n’était pas un ‘esprit absolu et dominateur qui voulait tont faire plier sous sa volonté” ; une espèce de tyran, qui se regardait comme infaillible , et dont les actes admipistratifs étaient arbitraires, mesquins et jaloux. Il n’a pas été difficile à son biographe de
donner le coup de grâce à ses légendes ; il lui a sufhi d'exposer franchement les‘1 faits, sans en faire un seul, et de ies examiner à la lumière de la foi catholique. La vérité, et rien que la vérité a sufh pour faire apparaître Mgr de Laval ce qu'il est : une âme dévouée et généreuse, un grand citoyen, un évêque tel que le désiraient les fondateurs de l'Eglise universelle”, comine l’a dit S. E,. le Cardinal Taschereau, mais surtout un saint dans toute l’acception du mot. Le premier évêque de Québec a été tout cela à la fois, en revendiquant énergi- ‘ quement la reconnaissance pleine et entière de sa juridiction et de son autorité spirituelle ; en défendant comme la prunelle de ses yeux l'honneur et les privilèges de l’Eglise ; en combattant, dans le conseil supérieur, les mesures iniques de certains hommes politiques ; en juttant contre la traite de l’eau-de-vie, qui menaÇait de ruiner la colonie au moral et au physique ; ea faisant une guerre à mort à tous ces êtres sans cœur, pour qui le pays n’était qu’un comptoir ; en poursuivant sans trêve ni repos, la conquête des âmes ; en s’élevant jusqu’à l’héroïsme dans la pratique de la vertu et en se montrant, du commencement à Îa fin de sa carrière apostolique, étroitement attaché au Saint-Siège. Ce dernier trait en particulier n’est pas un des moins remarquables de cette grande et noble figure, surtout à une époque où le gallicanisme était en pleine floraison. 11 est bien permis, en mentionnant ce fait, de rappeler que les Jésuites ont été ses fducateurs, et qu’il vécut toujours dans une
parfaite intelligence avec les membres de lillustre Compagnie de Jésus, chargés alors de la desserte des missions du Canada. Il est heureux pour l’Eglise du Canada, et non moins heureux pour sa mémoire, que Mgr de Laval ait été tout ce que nous venons de dire dans la mesure que non< Savons ; car, en présence de ce dossier, le rôle de l’avocat du diable sera réduit à sa plus simple expression, lorsqne s’instruira le procès de canonisation,
Il y a bien, sans doute, dans la vie de Myr de Laval, quelques légères taches, certaines imperfections, comme l’admet son historien, : qui nous semble cependant ‘es avoir voilées un peu trop. Ainsi, Mgr de Laval aurait pu dans certaines circonstances ménager davantage des susceptibilités faciles à comprendre ; s’etfacer peut-être encore plus après avoir donné sa démission, et prévenir des froissements qui ont toujours des conséquences regrettables ; mais ces ombres n’ont rien qui doive étonner. La sainteté n’est pas, comme la noblesse, l’apanage de la naissance, et les saints n’arrivent pas d’emblée an premier degré de la perfection:
Abstraction faite du défaut d'ordre chronologique, qui apparaît quelquefois, de quelques longueurs, de certains points qui auraient pu être élucidés davantage, des divisions secondaires qui ne sont pas toujours aussi naturelles que les grandes divisions, et des invitations trop souvent répétées d’adinirer ce que tout lecteur intelligent peut admirer de lui-même, nous pouvons dire de l’historien de Mur de Laval, dans une évale mesure au moins, ce qu’il dit de notre historien national :
“Quelle belle et agréable manière que la sienne. Elle rappelle celle des bons historiens français. Il a des aperçus larges, pleins de Inmière, tonjonrs ouverts sur de vastes horizons. Il sait grouper les faits, les mettre en relief et en tirer tonte la valeur possible.”
Son style est soigné, correct, plein de vie et de mouvement. Il entraine le lecteur, et ne Île laisse jamais s’attiédir..... % Il a de plus, sur M. Garneau, le mérite inappréciable de s’être toujours placé ax point de vue catholique et conservateur dans le vrai sens du mot, pour apprécier les hommes et les faits. Son œuvre durera et ne sera pas ébranlée, même par la critique la plus sévère, parcequ'’elle est assise sur une base large et inattaquable.
L’aABBÉ D, CossELIx.
Les anciens Canadiens, traduit en anglais, par C. D. Roberts.
(€ New-York Canadu )
Le Herald annonce la publication par la librairie Appleton, de New-York, du roman si populaire au Canada de notre illustre écrivain M. de Gaspé. “ Les Anciens Canadiens ” traduit de anglais par Charles C. D. Roberts et en fait un éloge auquel nous applandissens de tout cœur. “Cette émouvante histoire, car l’auteur s’est mis lui-même en scène dans son admirable ouvrage, méritait bien cet honneur et
fournira aux lecteurs un livre d’une liaute moralité et d’un intérêt saisissant. Il fera connaître notre ancienne vie canadienne si touchante dans sa simplicité et si grande dans la manifestation de ses pieuses Croyances,
Nous sommes heureux de signaler cet hommage rendu aux talents distingués de notre sympathique écrivain, dont le nom est si cher aux Canadiens-français.