Bibl. nat. lat. 15058, f» 71, etc
5 « Quod quam a veritate deflectat (Guillelmus de Sancto Laudo),annalium séries et Veritas ipsa demonstrat : mortuo siquidem pâtre Hugone, mense februario anni ii39etAdamo tantum his temporibus (1192) e.xcesso. nemo dixerit eum Hugonis fuisse ffuY/pôvov, cum tenellae adolescentiae discipulum di.\isse nec audearaus. » (Bibl. nat. fat. 14679, loc. cit.)
6. Les .Annales en conviennent ailleurs : « Magistri Hugonis tenerioris adolescentiae discipulus. »(Bibl. nat. lat. 14375, p. 277 et ss.
UN rOÈTE AU Xlie SIÈCLE. 203
Autre motif de penser qu'Adam était déjà quelque peu avancé en âge quand mourut Hugues. Il nous est resté de ce dernier une centaine de sermons qui font, par leurs sujets, le tour de l'année liturgique. Dans son sermon IV, sur la nativité de la Vierge (0, Hugues termine en disant: « More quoque nautarum fundamus semper preces ad beatam Mariam et ad ejus filium. Multa sunt enim impedimenta nostra, sicut egregius versificator testatus est dicens :
Saevit mare, fremunt venti.
Fluctus surgunt turbulenti, etc. »
Et il cite trois strophes de cette belle prose Ave virgo sitigtdaris que tous les manuscrits s'accordent à nous indiquer comme l'œuvre de notre Adam (2). Il ne reste plus, après cette citation, qu'à frapper de suspicion l'authenticité de ce sermon ou à convenir qu'en 1 140 Adam était assez âgé pour avoir déjà composé une partie de ses proses et assez célèbre pour mériter d'Hugues le titre glorieux à! egregms versificator. Bref, alors même qu'on adopterait l'opinion qui le fait mourir en 1192, il avait pu être le contemporain de l'illustre auteur de De arrha aniviœ et de V Instittitio^i des novices.
LAISSONS ces discussions et revenons à l'histoire même de notre Adam. A peine arrivé dans l'abbaye, il s'y fit une réputation singulière de sainteté, et c'était chose difficile que de mériter un tel renom dans un monastère qui venait de se fonder, qui était animé de ce beau zèle qui signale tous les commencements ; où les austérités de la règle étaient dépassées avec amour plutôt que subies avec peine ; où depuis l'abbé jusqu'au dernier des novices, tous les religieux pouvaient passer pour saints. La sainteté d'Adam sut modestement briller en un tel milieu et frapper les regards qu'elle voulait éviter : il fut couronné par tous ses frères du plus beau titre qu'un chrétien puisse ambitionner : on l'appela le très pieux Adam de Saint-Victor (3).