‹ La littérature catholique et nationaleChapitre 105 sur 161 · Edition de Rouen, t. II, p · texte numérisé non relu

Edition de Rouen, t. II, p

2. V. nos Œ uvres poétiques d'Adam de Saint-Victor, 2™' éd. p. 144.

3. Nous trouvons dans un recueil de miscellanées composé à l'abbaye de Saint- Victor (Bibl. nat. lat. 14923, fo245vo), d'énergiques paroles sur le néant de l'homme, qui sont attribuées à notre Adam. Elles sont d'un « naturalisme » qui ne déplairait pas à M. Zola, et que nous n'osons reproduire.

La tradition des Victorins avait retenu jusqu'au XYII^ siècle qu'aucun religieux n'était plus zélé qu'Adam à suivre les saints offices. Il garda toujours au fond du cœur cet amour et cette admiration pour la liturgie qui sont comme la marque des âmes naturellement catholiques, i Adam de Saint-Victor, dit Simon Gourdan (i), regardait comme le plus grand bonheur des chanoines réguliers d'estre occupez de la divine psalmodie à cause de la présence de Dieu même sur les autels. » Ce qui est digne d'attention, c'est que dans une charte de Gilduin que nous ne connaissions pas quand nous avons publié notre première édition des œuvres d'Adam (2), nous trouvons (après les souscriptions de Gilduin, abbé ; d'Odon prieur et de Garnier, sous-prieur) celle du préchantre, nommé Adam : « Signum Adam precentoris. » C'est sans doute notre Adam. (3)

Il est du reste facile de comprendre qu'un poète aussi pieux ait eu ce vif amour pour la liturgie, lui qui l'embellit des plus riches ornements et qui est resté, dans un genre tout entier de la poésie liturgique, un modèle à jamais inimitable. Quand on lit ces admirables proses et qu'on y trouve cette forte substance théologique qui en est le caractère principal, on comprend encore mieux que notre Victorin ait dû méditer longtemps non seulement les Livres saints et les Pères, mais aussi tous les livres liturgiques de la sainte Église où l'on trouve la vraie philosophie, la vraie théologie, la vraie poésie, et la plus magnifique comme la plus sincère expression de la doctrine catholique.

Ce fut cet amour même pour les offices sacrés qui dut le décider à écrire ses premières proses. En ce moment même, une singulière révolution, dont il sera toujours difficile de signaler les auteurs, venait de s'accomplir à la fois dans la versification latine et dans la poésie liturgique.

Quelque explication est ici nécessaire.

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