Ms. 1038, f° 145 yo
Mazarine, on Ht les dix vers seulement de notre Adam sous ce titre : Versus magistri Adam de Sancto Victore de miseria hominis. Ils se trouvent placés entre l'épitaphe de Louis le Gros et celles d'Etienne, évoque de Paris, et de Gilduin.
Autre remarque qui n'a pas encore été faite. Les six premiers vers de cette épitaphe se trouvent dans VHortus deltciariim d'Herrade de Landsberg, au nombre des inscriptions pour le jeu des marionnettes : Ltidus monstrorunt. On les peut lire à la suite de ce distique :
Spernere mundum, spernere nullum, spernere sese, Spernere sperni se, quattuor hîec bona sunt (').
Or, on sait qu'Herrade travaillait à son Encyclopédie en 1 1 59 et qu'elle dut la terminer en 1 175 (2).
Et maintenant, est-ce Adam qui a fait un emprunt à l'abbesse du monastère de Hohenburg? Est-ce Herrade qui a orné son livre des vers d'Adam ? Grainmaticicertant.
Quoi qu'il en soit, lors de la destruction de l'abbaye de Saint- Victor, les cendres d'Adam furent dispersées. Un chaudronnier s'empara de la plaque de cuivre qui était scellée dans le mur du cloître, à droite de la porte du chœur, et sur laquelle était gravée l'épitaphe ; il allait la fondre quand l'abbé Petit Radel l'acheta et la déposa à la bibliothèque Mazarine, oîi on la voit encore à l'entrée de la galerie Colbert. C'est le frère de l'abbé Petit Radel qui rapporte lui-même cette circonstance. Mais, d'ailleurs, nous ne pouvions plus perdre cette belle épitaphe, puisque D.Martène l'avait publiée après Pasquier (3), puisqu'un grand nombre de manuscrits nous la conservaient.
Puis, si belle qu'elle soit, elle ne fait pas connaître notre Adam, et je lui préférerais ces paroles de Jean de Thoulouse : Adam, sanctimonia darus, scriptis clarior^ miraculis clarissinius.
1. Manuscrit de la bibliothèque de Strasbourg (qui a si malheureusement été brûlée en 1870).