I. Ce manuscrit porte la cote T. VL
Sacerdos. Quœf
Peregrini. De Jesu Nazareno qui fuit vir propheta^ potens m opère coram Deo et omtii populo. (Ibid., 19).
Sacerdos. O stulti et tardi corde ad credenduni in omnibus quœ locuti sunt prophetœ ! (Ibid., 25).
Peregrini. Mane nobiscum quoniam advesperascit et inclinata est jam dies. (Ibid., 29).
... Alléluia. Nonne cor nostrum ardens erat, dum loqueretur in via et aperiret nobis Scripturas. (Ibid., 32).
...Dicnobis, Maria, quid vidisti in via, (et le reste de la prose Victimœ Paschali laudes).
Et c'est tout. Le liturgiste, modeste et timide, n'a voulu rien ajouter de plus ; il n'a rien voulu mettre du sien ; il a même eu plus de réserve que l'auteur des tropes de Saint-Martial.
D'autres fois, au contraire, il se permet quelques audaces, il ajoute quelques mots de son crû, et utilise un trope de \ Introït tout entier, comme celui de Pâques précédemment cité. Et tel le cas de l'Office du Sépulchre qui est conservé à Einsiedlen :
Angélus. Quem quœritis in sepulchro, 0 christicolce ?
Mulieres respondent. y^j«w Nazarenum crucifi.rum^o cœlicola.
Angélus. Non est hic, .surrexit sicut prœdixerat. Ite, fiuntiate quia surrexit de sepulchro.
MULIER. Quis revolvet nobis ab ostio lapident queni tegere sanctum cernimus sepulchrum ?
Angelus. Quem quœritis, 0 tremulœ mulieres, in hoc tumuloptorantes?
MULIERES.yiîJttw Nazarenum crucifixtim qucerimus,
Angelus Non est hic, surrexit. Sed cito euntes, dicite discipulis ejus et Petro quia surrexit Jésus.
Mulieres. Dicant nunc Judœi : Quomodo milites custodientes sepulchrum perdiderunt regem ad Idpidis positionem ? (luare non servabant petramjtistitiœ ? Aut sepultum reddant, aut resurgentem adorent nobiscum, dicentes : Alléluia. — Ad inonumentufn venimus plorantes, angelum Domini sedentem vidimus ac dicentem quia surrexit Doininus.
Voilà, certes, un type différent et qui sent beaucoup plus sa littérature. L'épithète y fleurit : Tremulœ mulieres, etc. Peu de ces paroles se trouvent textuellement dans la sainte Écriture. Mais, après tout, c'est encore d'une simplicité merveilleuse ; c'est intimement liturgique et ne déparerait pas nos missels ou nos bréviaires.
Tel est notre premier degré.
On voudra bien observer que nous ne nous occupons ici que du texte en lui-même : c'est plus tard que nous nous réservons d'étudier la mise en scène, le matériel, les costumes, les personnages.
vm. — Mystères du second degré.
NOTRE second degré a pour types \ Office des Pasteurs de Rouen et celui du ms. 904, \ Office dit. Sépulcre de Narbonne, celui de Sens et, enfin, X A nnonciation que M. de Coussemaker a publiée d'après un manuscrit de Cividale qui est du XV*^ siècle.
Le principal caractère de ces Drames encore assez anciens (ils ne peuvent pas être antérieurs à 1080, à cause de certaines particularités de leur versification), c'est que dans le texte des premiers mystères ON A INTERCALÉ DEUX OU TROIS PIÈCES DE VERS que l'on se borne quelquefois à emprunter à des Recueils antérieurs de tropes ou de proses.
C'est ainsi que dans les Pasteurs de Rouen et du ms. 904 on a introduit, au milieu d'un texte fort vénérable, les petits cantiques suivants, qui sont chantés par les bergers :
Pax in terris nuntiatur,
In excelsis gloria; Cœlis terra fœderatur
Mediante gratia Eia, eïa !
Et plus loin :
Salve, virgo singularis 1
Virgo manens, Deum paris, etc.
Quant à tout le reste, c'est un texte profondément liturgique: c'est le trope de Noël, tel qu'il se trouve dans le manuscrit de Saint-Martial de Limoges, avec quelques légers développements, et le Mystère tout entier se chante, comme le Trope, avant X Introït. Mais cet élément qu'on vient d'introduire dans les Mystères, si peu considérable que soit d'abord son importance, si petite que soit sa place, cet élément ne disparaîtra plus. La versification va de plus en plus empiéter sur la prose de nos drames liturgiques.Laissezla prendre un pied chez vous: elle en aura bientôt pris quatre.
Et elle finira, vous le verrez, par jeter à la porte de nos Mystères non seulement la prose, mais la liturgie elle-même.