‹ La littérature catholique et nationaleChapitre 136 sur 161 · XVII. — Déclamation mimique · texte numérisé non relu

XVII. — Déclamation mimique

QUANT à la mimique, elle était d'abord très simple. L'Église ne gesticule pas, elle agit. Une grande noblesse de mouvements est recommandée au prêtre dans toutes les fonctions liturgiques. Nos premiers Mystères, n'étant que des chapitres du Rituel ou des fragments de l'Antiphonaire, sont soumis à la loi de cette majesté ; mais une telle gravité ne pouvait pas durer toujours. En Italie et chez les peuples méridionaux, on ne tarda point à tomber dans tous les excès du débit théâtral. Ces peuples sont essentiellement gesticulateurs. Lisez la Cojuplainte des Trois Maries de Cividale. Sous chaque mot, il y a une indication de mimique:

Mater Jesu Crucifixi... {Hic salutei Mafia m cutn manibus tantuin.)

Tecuin plangam mor/em Clifisti... (Hic iergat suas lacriiiias.)

Et mortetn 7itei magistri... (Hic se ipsam ostendat.)

Et dolorc cruciata... (Hic se percntiat ad pectics.)

Sum iti corde vulnerata... (Hic }nanibus se percntiat.) Etc., etc..

Voilà qui nous rappelle involontairement le P. Ventura, ce grand orateur, exprimant avec le geste, dans un de ses plus beaux sermons, l'action de Zachée qui grimpe au sommet d'un arbre pour mieux voir Notre-Seigneur ; et aussi cet autre prédicateur de Rome imitant avec sa voix le son des trompettes romaines qui précédaient le cortège de la Passion. « Le Geste, diraient volontiers les Italiens, est le saint Jean- Baptiste de la parole. »

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