‹ La littérature catholique et nationaleChapitre 138 sur 161 · XIX. — Personnages · texte numérisé non relu

XIX. — Personnages

DURANT les premières phases de nos Mystères, ce sont des Frères dans les couvents, ce sont des Clercs dans les églises séculières, ce sont à tout le moins des enfants qui jouent TOUS les rôles. Pour représenter les femmes, les clercs entourent leurs têtes d'un amict, et cela suffit. Les rôles d'anges (touchant symbole) sont presque uniquement réservés aux enfants. Dans cette belle antiquité, Jésus-Christ ne peut être représenté, que par un prêtre, et l'Église de Rouen, dont en vérité j'admire le profond respect pour toutes les choses saintes, confiait le rôle des Apôtres à à&s presbyteri de majore sede.

Dans les Voyageurs de Rouen, ce sont des clercs de secunda sede, inscrits d'avance au tableau, qui représentent les pèlerins d'Emmaùs ; c'est un prêtre de majore sede qui joue le personnage auguste de Jésus-Christ. Dans le Sepiilchre de la même Église, ce sont trois diacres qui sont les trois Maries, et c'est un petit enfant qui est l'Ange. A Sens, nous trouvons également un « puer in vestifu angelico ». Dans les Pasteurs dn manuscrit 904, septem pueri stantes in alto loco diciint : « Gloria in excelsis Deo. » Et il n'est pas rare de rencontrer dans les Bréviaires monastiques des didascalies pareilles aux suivantes: « Frater qui erit Deus... Très f rat res qui enint mulieres... Frater qui erit angélus... Duo fratres qui erunt duo angeli, » etc., etc.

Il est presque inutile d'ajouter qu'un tel état de choses n'a

pas persisté dans les ludi. Les personnages, d'ailleurs, y sont trop nombreux pour être uniquement représentés par des Clercs.

C'est l'invasion du laïcisme.

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