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qui ne connaît ni grands ni petits. Cela est bon aussi pour les maîtres, qui sont rappelés ainsi à l'égalité chrétienne, et cela accoutume les enfants h penser à ce vrai Père qu'ils ne voient pas ('). »
« Ce soir, en passant devant la cour du collège des Jésuites, j'ai vu, du fond de ma voiture, les enfants qui jouaient, et j'ai entendu leurs cris de joie. Heureusement mon fils ne s'est pas approché : il aurait trop pleuré, et moi aussi. Il vaut mieux ne pas amollir ces pauvres enfants destinés à devenir des hommes. J'ai pleuré toute seule au fond de la voiture, sous mon voile (^). »
« Je viens de m'apercevoir que quelques-uns de mes cheveux devenaient blancs. Quel avertissement de l'éternité ! Le temps s'en va. Qu'ai-jefait de ma jeunesse? Mes jours à présent doivent compter double pour mon salut et pour le bonheur que je puis donner à tout ce qui m'entoure ('). »
« Mon mari vient de subir une nouvelle banqueroute de vingt et un mille francs. Nous allons être bien pauvres cette année. Nous n'avions que cette somme, et elle est perdue: la volonté de Dieu soit faite ! J'admire le calme de mon mari : c'est un homme d'acier pour les choses de la vie (*). »
« J'aime le temps d'automne et les promenades sans autre entretien qu'avec mes impressions : elles sont grandes comme l'horizon et pleines de Dieu. La nature me fait monter au cœur mille réflexions et une espèce de mélancolie qui me plaît. Puis, quand je me retourne et que je vois, du haut de la montagne, la petite lumière qui brille dans la chambre de mes enfants, je bénis la Providence de m'avoir donné ce nid caché et tranquille pour les aimer.
« Je finis toujours par une prière sans beaucoup de paroles, qui est comme un cantique intérieur que personne n'entend. Mais vous,Seigneur, vous l'entendez, puisque vous entendez le bourdonnement d'un insecte dans cette petite forêt de bruyères que je foule sous mes pieds (=). »
Est-ce que ces dernières lignes ne valent pas toute une Méditation ? Est-ce que les autres ne valent pas mieux, et ne rendent pas un son plus chrétien? La vie de M"ie de Lamartine était, d'ailleurs, plus admirable que son Journal. La vie, c'est la lumière ; la page écrite, c'est le reflet.