Vers
6. « Rolant s'en rit, le chevalier gaillard. ^ (Entrée de Spagne.J
gaillard et cette même contenance fière. Leur entrée au champ de bataille est la morne à Ronccvaux et à Waterloo. Les Sarrasins eux-mêmes, comme plus tard les Anglais, ne peuvent s'empêcher de les admirer: « Certes, qui pourrait être fait comme ces Français, leur ressembler et avoir leur contenance, il en devrait vivre plus longuement ('). ^ La parole est énergique, et le poète la met sur les lèvres d'un païen.
Si les Français soulèvent un tel enthousiasme, leur pays n'excite pas moins vivement les regrets de tous ceux qui le quittent. Les adieux de Marie-Stuart ne sont pas plus touchants que ceux de nos héros. Avec quelle joie on va en France ! avec quelles larmes on en revient ! € Douce mère, dit Berte à Blanchefleur au moment de son départ, il semble que j'aie au cœur comme un coup de couteau. — Fille, répond sa mère, soyez joyeuse et gaie. Vous allez en France. » Et elle ajoute: « C'est là ce qui me console: car en aucun pays il n'y a gent si douce ni si vraie (2). »
Mais il faut en venir à ceux qui s'éloignent de la terre de France ou qui en sont éloignés depuis longtemps. Aye d'Avignon, prisonnière des Sarrasins, demande à Garnier, son mari, qu'elle ne reconnaît pas ; « Parlez un poi à moi, car de France sui née. — Si me dites nouvelles de la do2ice contrée (3). » Les étrangers, les païens, éprouvent le même regret. L'ambassadeur des Sarrasins, Balan, quittant la cour de Charles « se retourne plusieurs fois, afin d'apercevoir encore les Français. Il regrette Charles, et son riche barné, et les Français qui tant ont de beauté ('*). » Rien n'est plus émouvant que les adieux de Guillaume-au-Court-Nez : « Vers douce France il s'est retourné. Un vent de France le frappe au visage. Il ouvre son sein pour le laisser entrer plus à plein. Placé contre le vent, il se met à genoux : « O doux souffle qui vient de France! c'est là que sont tous ceux que j'aime. Je te remets entre les mains du Seigneur Dieu; car, pour moi, je ne pense plus te revoir. » Du cœur du ventre, il