‹ La littérature catholique et nationaleChapitre 30 sur 161 · I. Chanson de Roland, \trs · texte numérisé non relu

I. Chanson de Roland, \trs

rien faire sans ceux de France (•) î^- Quant aux évoques et aux abbés, il suffit de se rappeler le début â' A sprevwni et les paroles du bon abbé Fromer, pour se convaincre que, sans être pairs du Roi comme Turpin, ils avaient néanmoins, aux j'cux de nos poètes, le droit d'assister au grand Conseil.

En ce qui concerne la périodicité de ces Assemblées il faut avouer qu'elle n'est pas tout à fait la même dans la poésie épique et dans l'histoire. Néanmoins, presque tous les Conseils importants se tiennent, dans nos Chansons, soit à Pâques, qui peut tomber à la fin d'avril, soit à la Pentecôte, qui tombe souvent en mai. Il n'y a pas très loin, comme on le voit, de ces deux dates à celle des véritables Champs de mai ; mais il faut ajouter que les rois de nos Epopées tiennent plus fréquemment leur Conseil privé. Il ne faudrait pas, d'ailleurs, s'étonner à l'excès de ces séances ainsi multipliées. Les trouvères écrivaient, après tout, dans un temps où le Conseil du roi était véritablement organisé. Nos derniers poètes virent même les anciennes Commissions provisoires du Conseil devenir un jour le Parlement et la Chambre des comptes. Il n'est donc pas étonnant que le souvenir des anciennes Assemblées nationales se soit un peu mêlé et confondu dans leur esprit avec la notion du Conseil du roi, tel qu'il fonctionnait dès les XI le et XII I^ siècles.

C'est dans nos plus vieilles Chansons que l'on trouve la plus exacte ressemblance entre les Conseils tenus par Charlemagne et les Champs de mai carolingiens. Dans les uns comme dans les autres, les conseillers n'ont qu'une autorité toute consultative : non seulement le pouvoir exécutif, mais la décision elle-même appartient à l'Empereur. Par gracieuseté, il peut charger ses barons de prendre sur tel ou tel point une détermination plus ou moins importante (2) ; mais, en définitive, il n'agit qu'à sa tête, tout en feignant parfois de faire honneur de sa résolution à l'initiative de ses conseillers (3). Il en était de même aux xA-Ssemblées de la seconde race.

II est temps de faire assister notre lecteur à l'un de ces Conseils qui occupent tant de place dans nos Chansons

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