I. Chanson de Roland, vers 3734-374I
attaché et étendu sur un chevalet {^\ » Ce que cet érudit avance ici au sujet des Wisigoths peut s'entendre de tous les autres peuples germains : le même supplice se retrouve dans la loi des Bavarois (2), chez les Bourguignons (3), chez les Franks- Saliens (•*), chez les Lombards (5), chez les Frisons (6). Nous ferons seulement remarquer que, dans notre Chanson, Ganelon est châtié, de même qu'il est ç:mf^ù?,onné, préventivement. N'y a-t-il pas encore un travail à faire sur la législation barbare, un travail que l'on pourrait intituler : De la pénalité préventive chez les Germains ?
A peine Ganelon a-t-il été détaché tout sanglant du pilori, de Vestache, que Charlemagne convoque son plait : <^ Il est « écrit dans l'ancienne geste — que Charlemagne mande « ses hommes de plusieurs terres : — Alors commence le < plait (7). » Personne n'aura de peine à reconnaître ici le placitum palatii, qui s'était sensiblement modifié à travers les âges, mais dont les plaits féodaux donnaient encore une certaine idée aux gens des XI^ et XI I^ siècles. Dans le plait de la première et de la seconde race, l'Empereur était assisté par ses optimates : dans notre poème il est assisté par ses comtes et ses ducs au nombre d'environ quarante. Toutes les parties de l'Empire sont, d'ailleurs, représentées au Plait impérial et, parmi les assistants de Charles, on signale des Bretons, des Poitevins, des Saxons, des Normands, des Français, des Allemands et des Auvergnats (8). Il faut encore observer que, dans la Chanson de geste comme dans la véritable procédure de nos deux premières races, l'Empereur n'a que le droit de présider le tribunal, et n'a même pas voix délibérative : « Seigneurs barons, « dit le roi
1. Davoud-Ouglou, Histoire de la législation des anciens Germains, I, 161. Il est bien entendu que nous ne citons de ce livre imparfait que les textes des lois germaines, et non pas les théories. C'est à l'ouvrage de Davoud-Oglou que nos renvois et nos chiffres se rapportent.
2. Liv. VIII, ch. VI, etc. On se servait de fléaux pour administrer ce châtiment.
3. 30 et 33, 2 : 4, 4 ; 5, 6, 38, 63, etc. On se servait du bâton.
4. Constitution de Childebert, Davoud-Oglou, etc., loc, cit., I, 580.