‹ La littérature catholique et nationaleChapitre 36 sur 161 · Chanson de Roland, vers · texte numérisé non relu

Chanson de Roland, vers

4. Loi des Bavarois, 17, 1, Decr. 7'ass. ch. 11. — Loi des Alamans, 44, i ; 84. — Loi des Bourguignons, lit. 80, 1-3. — L.oi des Lombards. Roth., 164, 165, 166, 198, 203. — Loi des Thuringiens, 15. — Loi des Frisons, 14, 7 ; 5, I. — Loi des Saxons, 16. — Loi des Anglo-Normands, Guill,; II, 1-3; III, 12, etc.

preuve du duel ou campus. Quand ils n'étaient pas les parents de l'une ou de l'autre des deux parties, les champions étaient l'objet d'un mépris universel. Ils s'en étaient montrés bien dignes. C'étaient de misérables hercules qui se mettaient platement aux gages du plus enchérissant. Chez les Bavarois {}) et les Frisons (2), le wergheld du champion est inférieur à celui de l'esclave : or, chez les Germains c'est là le grand critérium de l'estime publique. Dans notre poème rien de semblable : Pinabel lui-même ne manque pas d'une certaine grandeur, et Thierry nous apparaît moins comme le champion de Roland que comme celui de la Justice et de la Vérité. Le cinquième tableau de notre drame épique s'ouvre d'une façon imposante. Sur le point d'engager la lutte, les deux champions se confessent, reçoivent l'absolution, sont bénis par le prêtre, entendent la messe et y reçoivent la communion (3). Puis, ceux qui tout à l'heure étaient humblement prosternés devant Dieu et qui avaient ouvert doucement leurs lèvres pour le recevoir, se relèvent tout à coup, le regard allumé et terrible. Ils chaussent les éperons d'or et les blancs hauberts, couvrent leurs têtes de heaumes étincelants, suspendent leurs écus à leurs cous et placent à leurs ceintures leurs épées à garde d'or. Les voilà enfin qui se lancent sur leurs chevaux rapides, et cent mille chevaliers se mettent à pleurer « qui pour Roland de Thierry ont pitié ('*) ». Comme pour les quatre tableaux qui précèdent, rien n'est plus facile que de découvrir ici l'origine germanique. L'Eglise, qui a le regard clairvoyant, qui comprend les hommes, qui lit si bien dans leurs âmes, l'Église condamnait ces combats judiciaires dans l'intime de son âme maternelle, et c'est grâce à son influence, n'en doutons pas, que dans la loi des Lombards furent écrites ces remarquables paroles : « Si, par respect pour les usages de la nation lombarde, nous ne pouvons défendre le jugement de Dieu, il ne nous en paraît pas moins incertain,

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