‹ La littérature catholique et nationaleChapitre 75 sur 161 · Roland, v · texte numérisé non relu

Roland, v

DANS l'épopée FRANÇAISE. l6l

complètement. Mais nous ne voulions pas tarder davantage à exprimer notre très sincère et très profonde indignation.

Le mariage est toujours célébré dans l'église (i), avant et pendant la messe (2): il n'est jamais considéré que comme un sacrement. C'est presque toujours quelque évêque qui bénit les épou.K. Combien Turpin a consacré de ces mariages héroïques ! La cérémonie du couronnement se mêle souvent à celle des noces (3).

La principale dévotion des héros carlovingiens,c'est l'assistance journalière à une messe qui est ordinairement précédée des matines (4). Nos poètes ne manquent pas d'indiquer que le héros de leur Chanson fait son offrande à l'église, c'est-àdire au moûtier où il entend les divins offices. On précise souvent la quotité de cette offrande qui, suivant l'usage liturgique, doit se faire après l'Évangile. Avant le duel judiciaire, les deux Champions entendent aussi une messe, et communient. C'est ce qui a lieu pour Thierry et Pinabel à la fin de la C/ianson de Roland {s) ; c'est que nous avons eu lieu de commenter plus haut.

Quant aux fêtes catholiques, elles sont célébrées avec de véritables transports d'allégresse. Les chevaliers ne redoutent pas la joie chrétienne, et ne la croient point contraire à leur dignité militaire. C'est à Pâques ou à la Pentecôte que le grand Empereur tient sa cour à Aix, à Paris ou à Laon. C'est durant l'octave de ces fêtes que les veuves, les orphelins et les pauvres chevaliers reçoivent du roi de France tout ce dont ils ont besoin. Le duc Naime, qui représente près de Charles la sagesse et l'expérience (6), veut que personne ne sorte

1. Tôt maintenant sont au mostier aie, Et l'Arcevesques a la messe chanté :

.\ la loi Dieu se sont entr'espousé.

(Otinel, édition F. Guessard et -Michelant, 2091-2094.) Etc. , etc.

2. L'ala li cuens Guiliaumes espouser, — Messe lor chante li evesques Guimer. (Prise d'Orange, éd. Jonckbloet, v. 1875, 1876).

3. V., dans Fariie la duchesse, le mariage d'Hugues et de Sorplante. Hugues est en même temps couronné roi de Hongrie, etc., etc., (éd. F. Guessard et L. Larchey, V. 3087 et ss. ).

4. Nostre empereres s'est vestuz et chauciez. Messe et matines vout oïrau moustier.

11 fist s'offrande ; puis, s'en est repairi-^z. Ces vers d'y-î/«/if/.-i//i<7«i, (éd. Conrad Hoffmann, v. 233-235). peuvent servir de type.

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